Les sociétés assurant la sécurité privée prolifèrent dans la ville de Bujumbura. Cependant , ces dernières peinent à se conformer au code du travail pour améliorer les conditions des employés. Les agents de sécurité travaillent parfois sans contrat, sans salaires fixes et sans protection sociale. Le ministre en charge de la sécurité publique accorde un délai de trois mois à ces sociétés pour régler toutes ces irrégularités. Les syndicats et les employés saluent l’implication pour plaider leur cause

L’absence des contrats de travail,le non-paiement ou paiement irrégulier des salaires ,l’absence d’assurance maladie et/ou de cotisations pour la sécurité sociale n’arrangent les employés des sociétés de gardiennage.
« A chaque descente sur terrain, nous recevons des messages d’alerte provenant de vos employés, ils se plaignent toujours », a insisté le ministre Martin Niteretse devant les propriétaires des sociétés de gardiennage dans une réunion à leur intention qui s’est tenue mardi le 4 avril 2023. Le ministre a fustigé sur le non-respect des lois et du Code du travail dans presque toutes les sociétés de gardiennage.
Un secteur teinté d’irrégularités
Le ministre Niteretse revient sur les plaintes les plus fréquentes des emplois au niveau de l’organisation de ces sociétés. Il s’agit entre autres des licenciements abusifs et des mutations de service régulières. « Vous vous levez le matin et vous pensez á la réduction de votre personnel, vous le faites comme vous voulez sans consulter les textes de lois, notamment le Code du travail», se désole-t-il. Pour lui, il est injuste de muter un agent à trois reprises en un seul mois sans que celui-ci ne finisse même pas de s’installer.
La situation s’empire au niveau des contrats de travail et du paiement de salaires. Le ministre tranche. Il s’agit de l’exploitation de l’homme faite par les sociétés de gardiennage. L’absence des contrats de travail, le non-paiement ou le paiement irrégulier des salaires, l’absence d’assurance maladie et/ou de cotisations pour la sécurité sociale n’arrangent pas les employés. Ces derniers ne jouissent pas pleinement de leurs droits en ce qui concerne la durée légale du travail et des congés payés.
Il faut respecter le code du travail
En vue d’apporter des solutions à toutes ces plaintes, le ministre a accordé un délai de trois mois à toutes les sociétés de gardiennage pour prendre les mesures qui s’imposent afin de régler toutes ces anomalies.
Le ministre Niteretse menace de suspendre les récalcitrants. « La loi veut que celui qui n’est pas en ordre soit rayé de la liste des sociétés agréées. Par grâce, je vous accorde un délai de trois pour vous organiser en vue de rétablir les employés dans leurs droits », a martelé le ministre Niteretse.
Joindre la parole à l’acte
Les employés de ces sociétés contactés par notre rédaction saluent l’implication personnelle du ministre en charge de la sécurité publique dans ce dossier. Ils attendent impatiemment la mise en application des recommandations émises lors de ladite réunion. Désiré Ndayishimiye, représentant du syndicat des employés de P.S.G, a remercié le ministre d’avoir pris la question en main. Toutefois, il plaide pour que les mesures prises soient concrétisées. « De telles décisions avaient déjà été prises par les autorités et les cadres de la direction générale du travail, mais elles n’ont pas été suivies par d’effets» dit-il. Pour lui, il faudrait joindre la parole à l’acte.
E.K, un agent d ‘Alpha Security Company (ASEC) estime que le paiement irrégulier des salaires dans cette sociétés va peut-être bientôt s’arrêter. Il fait savoir qu’ils sont payés une fois dans les deux mois.
Il faut nous appuyer
De leur coté, les propriétaires des sociétés de gardiennage confessent qu’ils vont essayer de laver le linge sale. Mais ils demandent au ministère d’intervenir en cas de non opunement des créances par leurs clients. Le cas emblématique est celui d’une propriétaire d’une société de gardiennage présente dans la réunion qui réclame des créanciers cumulatifs d’environ 200 millions de Fbu de la part de l’opérateur des télécoms Smart Burundi. Il s’agit du non-paiement des prestations pendant 8 mois.
La patronne de ladite société réclame l’intervention de l’Etat car, selon elle, le non- paiement des clients occasionne la chute de recettes et par conséquent déstabilise le paiement des employés.
Les sociétés de gardiennage sont des sociétés de service. Elles regroupent une forte densité de main d’œuvre. Jusqu’à l’heure actuelle plus de 40 sociétés sont enregistrées sur le territoire national. Il s’agit de la nième mise en garde des sociétés de gardiennage. Cette fois-ci vont-elles obtempérer et se prier aux directives du ministère de tutelle ? Wait and see !




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