Le Bureau Burundais de Normalisation et Contrôle de la Qualité (BBN) a lancé lundi sa semaine portes ouvertes prévue du 27 au 31 octobre 2025. A cette occasion, son directeur général, Dr Samuel Ndayiragije, a animé une conférence de presse à Bujumbura pour présenter les principales réalisations de l’institution ainsi que les défis auxquels elle fait face.

Le Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) est confronté à plusieurs défis. Dans le secteur de la normalisation, l’insuffisance des ressources financières et matérielles freine l’élaboration d’un nombre suffisant de normes nationales.
Le Bureau Burundais de Normalisation et Contrôle de la Qualité (BBN) joue un rôle central dans la certification et la promotion de la qualité des produits burundais. Selon Dr Ndayiragije, plusieurs entreprises nationales, notamment BRARUDI, BUCECO, IRON and Steel, SAVONOR, RUDI PAINTS, etc. bénéficient déjà de certificats et licences d’exploitation de la marque BBN. Ces documents permettent aux produits certifiés d’accéder plus facilement aux marchés régionaux tels que la Tanzanie, l’Ouganda et la République Démocratique du Congo.
Chaque produit certifié rapporte 250 000 FBu au trésor public, contribuant ainsi aux recettes nationales. « La certification rend les produits burundais plus compétitifs au niveau régional et international et favorise l’entrée des devises dans le pays », a souligné le directeur général du BBN. Il a également rappelé que dans d’autres pays de la région, les bureaux de normalisation génèrent des recettes comparables à celles des administrations fiscales, car ils s’occupent de la qualité tandis que les régies des recettes, comme l’Office Burundais des Recettes (OBR), se concentrent sur la valeur.
Des services techniques au service de la qualité
Le BBN mène plusieurs activités techniques visant à garantir la conformité des produits et des équipements utilisés dans le pays. Ses services d’étalonnage, de calibration et de vérification des instruments de mesure assurent la fiabilité des équipements de pesage et de mesurage. Toutefois, Dr Ndayiragije a reconnu que ces interventions ne couvrent encore qu’une petite partie du territoire national.
Les laboratoires du BBN constituent un autre pilier de l’institution. Ils réalisent des analyses pour des entreprises industrielles, des chercheurs, des exportateurs et des importateurs. Le laboratoire de chimie ainsi que les services de certification et d’inspection ont déjà obtenu leur accréditation internationale, tandis que ceux de microbiologie et des matériaux de construction sont en attente. Ces laboratoires participent également à la surveillance du marché, en analysant les produits disponibles sur le territoire.
Le BBN est aussi chargé du programme de vérification des produits importés avant embarquement, initié en 2014 à travers un partenariat avec la Société Générale de Surveillance (SGS). Ce contrat, arrivé à terme en 2019, devrait être renégocié. En attendant, l’institution poursuit les inspections à travers son programme annuel d’activités, dans les marchés, magasins, points d’entrée et postes frontaliers tels que Kobero, Kayanza, Mabanda, le Port de Bujumbura, l’aéroport international Melchior Ndadaye et Rumonge. De nouveaux points d’entrée sont également prévus à Gisuru, Gahumo, Gatumba, Mparambo et Buganda.
Participation régionale et internationale
Le BBN est activement impliqué dans l’harmonisation des normes au sein de l’East African Community (EAC) et dans les travaux des comités techniques de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et de l’Organisation africaine régionale de normalisation (ARSO). Ces collaborations permettent au Burundi de s’aligner sur les standards internationaux et de faciliter les échanges commerciaux.
« L’élaboration et l’harmonisation des normes contribuent non seulement à la promotion des exportations, mais aussi à la protection des consommateurs, de l’économie nationale et de l’environnement », a indiqué Dr Ndayiragije.
Des défis persistent
Malgré ces avancées, le directeur général du BBN a reconnu que son institution fait face à de nombreuses contraintes. Dans le domaine de la normalisation, le manque de moyens financiers et matériels limite le nombre de normes nationales élaborées et empêche la participation régulière du Burundi aux réunions régionales d’harmonisation. Le BBN n’est pas encore membre de certains organismes régionaux et internationaux de normalisation faute de pouvoir s’acquitter des cotisations exigées.
En matière de métrologie, le pays souffre encore d’une insuffisance de laboratoires d’essais. Ce qui fait que plusieurs produits commercialisés ne sont pas analysés avant leur mise en vente, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l’électricité ou du textile.
Enfin, le volet assurance qualité et essais est confronté à un manque d’équipements spécialisés, rendant coûteuse et lente la délivrance des licences et des certificats. Le BBN dispose également de peu d’outils pour la surveillance du marché et l’inspection. Ce qui complique la lutte contre la commercialisation des produits non conformes.




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