Développement

Nyanza plongée dans le noir : Les habitants s’adaptent tant bien que mal

Depuis près d’une semaine, le chef-lieu de la commune Nyanza (province Burunga) et ses environs vivent sans électricité. Une coupure prolongée qui paralyse la plupart des activités nécessitant le courant électrique. Ateliers de soudure à l’arrêt, cafétérias quasiment fermés, secrétariats publics inactifs : les activités économique tourne au ralenti. Seuls quelques privilégiés parviennent à continuer leurs activités grâce à des groupes électrogènes ou des panneaux solaires, devenus des alternatives indispensables pour ne pas sombrer totalement dans l’immobilisme.

Avec les coupures prolongées de l’électricité, les groupes électrogènes deviennent indispensables pour alimenter les appareils électriques.

 

Dans les rues de Nyanza, l’inquiétude grandit. La population, habituée à des coupures ponctuelles de courant électrique, ne cache pas son exaspération face à cette situation inhabituelle. Pour beaucoup, les pertes sont déjà considérables. Une jeune femme gérante d’une petite cafétéria raconte son calvaire. « Au début de ces problèmes de coupure de l’électricité, j’ai perdu environ 10 litres de lait, car les frigos ne fonctionnaient pas. A raison de 5 000 BIF le litre, j’ai perdu directement 50 000 BIF. Après cela, je n’ai plus osé acheter d’autres quantités de lait, de peur d’aggraver la situation », confie-t-elle, visiblement découragée.

Le quotidien est devenu un véritable casse-tête pour les habitants de cette entité. Même des besoins élémentaires comme charger un téléphone, se transforment en parcours de combattant. Un habitant raconte une scène qui en dit long sur l’ampleur des désagréments causés par ces coupures. « Ce mercredi 13 août, j’avais besoin d’effectuer des communications importantes avec mon smartphone, mais la batterie était complètement à plat. J’ai parcouru plus de cinq boutiques pour essayer de le charger, mais en vain. Finalement, j’ai trouvé une boutique alimentée par un groupe électrogène. J’ai réussi à y charger mon téléphone, mais j’ai dû payer 2 000 BIF. C’est la première fois que je dépense autant pour recharger mon téléphone », explique-t-il avec amertume.

Des problèmes communiqués à l’avance par la REGIDESO

Cette coupure n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une perturbation plus large qui touche plusieurs régions du pays, y compris la capitale économique Bujumbura. La société nationale de distribution de l’eau et de l’électricité, REGIDESO, avait pourtant annoncé ces désagréments. Dans un communiqué publié début août, elle a informé les Burundais que des perturbations étaient prévues entre le 4 et le 14 août 2025 en raison de travaux de raccordement. Des explications qui peinent à calmer les frustrations car, pour beaucoup, ces travaux arrivent au pire moment, dans un contexte économique déjà difficile.

En attendant le rétablissement du courant, chacun s’organise comme il peut. Certains misent sur les générateurs malgré la pénurie du carburant. D’autres investissent dans les panneaux solaires, une solution durable mais encore inaccessible pour la majorité des ménages à faible revenu. Pour la plupart de ces infortunés, il ne reste qu’à subir, ces désagréments tout en espérant des lendemains meilleurs.

Cette panne prolongée soulève une question de fond : la dépendance quasi-totale de la population au réseau électrique national. En l’absence d’alternatives abordables, chaque coupure devient une calamite. A Nyanza comme ailleurs, l’ombre des difficultés continue à  s’étendre en attendant que la REGIDESO tienne sa promesse de rétablir la situation après le 14 août.

A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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