Le Burundi regorge de potentialités favorables à une croissance économique de grande envergure. La mise en place d’une zone Economique Spéciale du Burundi (ZESB) vient exploiter ces atouts et générer des profits au niveau local, régional, continental et international. Rencontre avec Erastus Mwencha, Directeur Général de la ZESB
B-NP : Quel est l’avantage le plus stratégique qu’offre le Burundi pour que la zone économique spéciale y soit compétitive, étant donné que certains pays voisins ont mis en place des zones similaires ? En d’autres termes, qu’est-ce qui attirerait un investisseur au Burundi et non ailleurs ?
D.G ZESB : Tout d’abord, permettez-moi de rendre hommage à Son Excellence Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi, pour les étapes franchies afin de mettre en place la Zone Economique Spéciale (ZESB) ici au Burundi afin de renforcer la croissance et le développement. La ZESB conférerait de la compétitivité aux commerçants, aux producteurs, aux fournisseurs de services. Ce qui, en fin de compte, profiterait aux consommateurs.
La compétitivité est la « raison d’être » d’une Zone Economique Spéciale. Elle crée un environnement agréable qui réduit le coût des affaires de sorte que les commerçants, les producteurs et les prestataires de services puissent, de manière concurrentielle, fournir des services de biens sur les marchés locaux et extérieurs, tandis qu’ils créent des emplois en déployant des technologies de pointe.
Il est vrai que d’autres Zones Economiques Spéciales existent à proximité : au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et ailleurs. C’est précisément la raison pour laquelle le Burundi devrait en créer une afin d’attribuer les mêmes avantages aux investisseurs locaux et étrangers, au profit du peuple burundais. Vous devriez savoir que le Kenya et l’Ethiopie ont plus d’une Zone Economique Spéciale et que l’Inde en compte plus de 29. Le nombre de zones est influencé par la taille de l’économie, le caractère et la conception de la zone. A cet égard, la ZESB ne sera pas limitée au seul site de Warubondo dans Mutimbuzi. Elle sera étendue à l’ensemble du Burundi. En d’autres mots, il y aura de nombreux sites désignés ZESB, gérés sous un même parapluie.
B-NP : Que diriez-vous à un investisseur afin qu’il choisisse le Burundi comme destination ?
D.G ZESB : Plusieurs facteurs : le travail acharné et la main d’œuvre concurrentielle en termes de salaires ; d’excellents endroits offrant un bon accès au marché en RDC, en Zambie et en Tanzanie, et une dotation en ressources inégalée – minerais, agriculture, eau, foresterie et bien d’autres à découvrir encore.
En tant que membre de l’EAC et de la CEMAC, le Burundi constitue un lien entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Centrale – deux régions toujours vertes, au climat équatorial, avec des températures oscillant autour de 28 degrés tout au long de l’année. Plus important encore, le Burundi a 1140 km (710 miles) de frontière terrestre dont 236 km (147 miles) sont partagés avec la RDC, qui compte 88 millions d’habitants, la Tanzanie (55 millions d’habitants) et la Zambie (15 millions) ainsi que le COMESA, au sens large, avec une population combinée de plus de 530 millions de personnes. Il y a un trafic énorme sur la frontière entre le Burundi et la RDC, où Gatumba est un lieu populaire de loisirs et d’affaires.
L’emplacement « Bujumbura », centre principal de la ZESB, est une ville propre, paisible avec la meilleure cuisine et aliments biologiques que l’on ne trouve nulle part qu’au Burundi. Bien que le français soit une langue de préférence, le swahili et l’anglais sont aussi parlées en plus du Kirundi.
B-NP : Economiquement et à base d’un exemple, quel pourrait être l’impact de la ZESB pour les Burundais, l’EAC et l’Afrique ?
D.G ZESB : Le Burundi se classe au 178ème rang des économies les plus exportatrices du monde. En 2017, il a exporté des marchandises d’une valeur de 163 millions de dollars et importé 773 millions de dollars. C’est là que réside le défi et le potentiel. Défi, car ce niveau de déficit du compte courant n’est pas soutenable. Et une opportunité, parce que la substitution des produits importés est possible et facile, assurant ainsi une valeur ajoutée pour les marchés locaux et extérieurs.
Notons que les principaux partenaires en termes d’exportations sont les Emirats arabes unis, la Suisse et la Belgique, tandis que la plupart des importations proviennent de Chine, Inde et Arabie Saoudite.
Le Burundi en tant que membre de l’EAC, du COMESA, de la CEMAC et maintenant de l’AfCFTA peut apporter une contribution importante compte tenu de son emplacement stratégique et de ses facteurs de dotation en ressources. Il devrait tirer parti de la zone de libre-échange continentale africaine récemment mise en place. Cette zone créera un marché de 1,2 milliard de personnes avec un PIB supérieur à 2,5 milliards et un pouvoir d’achat de 4 milliards de dollars américains.
La ZESB permettra au Burundi d’exploiter son potentiel en termes d’énergie, d’eau, d’agriculture et de minerais [nickel, uranium, oxydes de terres rares, terres rares (grand exportateur), tourbe, cobalt, cuivre, niobium, tantale, or, étain, tungstène, kaolin, calcaire, pêche, sylviculture et main-d’œuvre abondante,.. De plus, le Burundi a de bonnes terres arables avec 214,3 kilomètres carrés (82,7 milles carrés) de terre irriguées.
Alors, bienvenue au Burundi !




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