L’Office du Thé du Burundi à Ijenda déplore le fait que la filière thé est menacée. Elle enregistre plus de 22 hectares de plantations de thé extirpées cette année. Cette situation fait que la production diminue. Des sanctions ne cessent d’être prises à l’endroit des auteurs. Les théiculteurs font savoir que cela est liée à la rémunération du producteur par l’Etat qui reste dérisoire malgré les efforts fournis. Les détails dans ce numéro.

Plus de 16 hectares de plants de thé ont été extirpés cette année par la population dans les zones Mugongo Manga, Mukike et Nyabiraba situées dans la commune de Rwibaga en province de Bujumbura.
La filière thé est menacée, alerte Gilbert Nderagakura, gérant de l’Office du Thé du Burundi à Ijenda (OTB Ijenda). Plus de 16 hectares de plants de thé ont été extirpés cette année par la population dans les zones Mugongo Manga, Mukike et Nyabiraba situées dans la commune de Rwibaga en province de Bujumbura.
Plus de 5 hectares ont subi le même sort dans la circonscription théicole située dans la commune Mwaro contrôlée par l’OTB Ijenda.
Selon Nderagakura, cette situation est très déplorable, car le thé est une culture industrielle destinée à l’exportation qui génère beaucoup de devises pour le pays.
Il fait savoir que des sanctions ne cessent d’être prises à l’endroit des auteurs de ces forfaits. Les administratifs leur ont infligé une amende qui varie entre 150 000 FBu et 200 000 FBu. De plus, ceux qui sont appréhendés sont sommés de repiquer d’autres plants.
La production diminue progressivement
Selon lui, cette situation fait que la production diminue. L’OTB Ijenda a enregistré une production de plus de 2100 tonnes de thé sec en 2021, plus de 2000 tonnes en 2022, plus de 1800 tonnes en 2023 et plus de 1700 tonnes de thé sec en 2024. Elle enregistre aussi pour le moment une superficie plantée estimée à plus de 1900 hectares.
Nderagakura demande à la population de changer de comportement. Il fait remarquer que les théiculteurs devraient savoir que le thé contribue beaucoup au PIB du pays. Ce qui permet à l ’Etat de payer les fonctionnaires, de construire des hôpitaux, des écoles et des routes dont la population à toujours besoin. Pour cela, il argue que les théiculteurs ne devraient pas mettre en avant leurs intérêts.
Isaac Ntibampamate, secrétaire exécutif permanent de la commune Rwibaga ne nie pas les faits. Il affirme que certains théiculteurs s’arrogent le droit d’extirper les plants de thé. Selon lui, des séances de sensibilisation ne cessent d’être organisées pour inviter la population à booster la production du thé, car c’est une culture importante pour le pays.
Les théiculteurs démotivés
Les théiculteurs de la commune Rwibaga qui se sont entretenus avec le reporter de Burundi Eco font savoir la culture du thé n’est pas actuellement chouchoutée comme auparavant. « Ce n’est pas par amour que je cultive le thé. Je le fais par contrainte, car il ne présente aucun avantage pour moi et ma famille » explique un théiculteur rencontré à Ijenda.
Selon lui, les théiculteurs dépensent beaucoup par rapport à ce qu’ils gagnent en termes de rémunération.
Un autre théiculteur rencontré à Rwibaga abonde dans le même sens. « Imaginez, nous payons entre 7000 FBu et 8000 FBu celui qui vient cueillir les feuilles vertes de thé par jour. Et, au maximum, il ne dépasse pas 10 kg par jour », argue-t-il.
Le théiculteur travaille à perte
Sachant qu’un kg de feuilles vertes de thé coûte pour le moment 500 FBu, ce dernier précise que le théiculteur travaille à perte. C’est pour cela que les théiculteurs sont actuellement démotivés. Ils préfèrent s’orienter vers le développement d’autres cultures telles que la pomme de terre, le maïs, le haricot, le blé, les oignons, etc car elles génèrent beaucoup d’argent.
Les théiculteurs considèrent alors le fait de sanctionner ceux qui extirpent les plants de thé comme une sorte de violence. Ce qui montre réellement que la culture du thé n’est pas motivante est que même les hauts cadres de l’Etat n’ont pas la passion de se lancer dans le développement de ladite culture. Ils s’orientent en grande partie vers d’autres cultures telles que la pomme de terre, le maïs, le haricot, etc.
Ils demandent alors à l’Etat de repenser à la production de cette culture d’exportation. Et la stratégie la plus efficace est d’augmenter le prix au producteur.
Notons que le prix au producteur est passé de 350 FBu le kg à 500 FBU le kg ces derniers jours.




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