Economie

Pandémie de coronavirus : Entre 71 et 100 millions personnes entrainées dans l’extrême pauvreté

Suite à la Covid-19, la Banque Mondiale (BM) fonde les prévisions sur deux scénarios, un scénario de base et un scenario pessimiste. Le premier scénario estime que la pandémie de COVID-19 fera basculer 71 millions de personnes dans l’extrême pauvreté (sous le seuil international de 1,90 USD par jour) tandis que le second scénario estime que ce chiffre s’élèverait à 100 millions de personnes. Un habitant d’Afrique subsaharienne serait considéré comme un nouveau pauvre si on tient compte du seuil de 1,90 USD

« En avril 2020, nous estimions que la pandémie de COVID-19 entraînerait entre 40 et 60 millions de personnes dans l’extrême pauvreté », stipule le billet de la BM du 8 juin 2020 sur l’actualisation des estimations de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la pauvreté.

Selon le billet, depuis que l’épicentre de la Covid-19 s’est déplacé de l’Europe et l’Amérique du Nord vers l’hémisphère Sud, le nombre de décès a augmenté dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les mesures de confinement ont été prolongées et le coût économique de la crise sanitaire s’est alourdi.

Les nouvelles projections de la BM se fondent sur les dernières prévisions de croissance publiées dans l’édition de juin des perspectives économiques mondiales. Celles-ci proposent deux scénarios : un scénario de base et un scénario pessimiste. Deux hypothèses ont été également appliquées à l’impact possible de la pandémie sur la pauvreté.

Si un habitant d’Afrique subsaharienne voit son revenu quotidien passer de 2 à 1,50 USD à la suite de la pandémie de COVID-19, il sera considéré comme un nouveau pauvre au seuil de 1,90 USD, mais pas au seuil de 3,20 USD, où il était comptabilisé comme pauvre avant et après la pandémie.

Le scénario de base suppose que l’épidémie se maintiendra aux niveaux envisagés aujourd’hui et que l’activité économique reprendra plus tard dans l’année. Selon le scénario pessimiste au contraire, la crise sanitaire persistera plus longtemps qu’anticipé, obligeant les pays à maintenir ou à réintroduire les mesures de confinement.

« Si l’hypothèse pessimiste se concrétisait, les entreprises fragiles disparaîtraient du marché, les ménages vulnérables réduiraient fortement leur consommation et plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire connaîtraient de graves tensions financières », lit-on dans le billet avant d’ajouter que le scénario de base prévoit une contraction de la croissance mondiale d’environ 5% en 2020, un recul qui atteindrait 8% dans l’hypothèse pessimiste.

Des prévisions incertaines en 2021

En appliquant la même méthode que pour le dernier billet, le scénario de base estime que la pandémie de COVID-19 fera basculer 71 millions de personnes dans l’extrême pauvreté (sous le seuil international de 1,90 USD par jour). Avec le scénario pessimiste, ce chiffre s’élèverait à 100 millions de personnes.

En ce qui concerne la situation en 2021 et au-delà, les prévisions sont encore plus incertaines.

D’après les données du rapport, la production économique mondiale progressera d’environ 4% en 2021. Les projections suggèrent que le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté restera globalement inchangé entre 2020 et 2021.

« Cela tient en grande partie au taux de croissance des pays qui comptent le plus grand nombre de pauvres. Le Nigéria, l’Inde et la République Démocratique du Congo (RDC) qui concentrent plus d’un tiers des pauvres du monde entier devraient enregistrer des taux de croissance du PIB réel par habitant de -0,8%, 2,1% et 0,3%, respectivement. Avec des taux de croissance démographique de 2,6%, 1,0% et 3,1%, cela sera à peine suffisant pour réduire durablement le nombre de personnes pauvres », signale le billet.

Quand un habitant d’Afrique subsaharienne est considéré comme un nouveau pauvre

Sachant que la situation est à peu près la même pour l’Afrique subsaharienne, les nouvelles prévisions économiques mondiales indiquent que c’est l’Asie du Sud qui devrait enregistrer la plus forte hausse de l’effectif des pauvres à la suite de la pandémie.

Par ailleurs, si on se base sur des seuils de pauvreté plus élevés, la répartition régionale des nouveaux pauvres change considérablement. Sur les 176 millions de personnes qui, selon le scénario de base, devraient sombrer dans la pauvreté au seuil de 3,20 USD, les deux tiers vivent en Asie du Sud. Et sur les 177 millions de nouveaux pauvres au seuil de 5,50 USD, beaucoup d’entre eux se trouvent dans la région Asie de l’Est et Pacifique, mais bien moins en Afrique subsaharienne tout simplement parce que peu d’habitants de cette région ont un niveau de vie aussi élevé.

En effet, si un habitant d’Afrique subsaharienne voit son revenu quotidien passer de 2 à 1,50 USD à la suite de la pandémie de Covid-19, il sera considéré comme un nouveau pauvre au seuil de 1,90 USD, mais pas au seuil de 3,20 USD, où il était comptabilisé comme pauvre avant et après la pandémie.

Les projections relatives à la pauvreté comportent beaucoup d’incertitudes et sont susceptibles d’être encore modifiées à mesure que de nouvelles informations seront disponibles et que la pandémie évoluera.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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