Développement

PDLE, le pavage des routes au secours des familles vulnérables

En plus du privilège du recrutement des vulnérables par Le programme de pavage du Projet de Développement Local de l’Emploi (PDLE), celui-ci priorise également les femmes et les jeunes mariés au niveau de son exécution. A plus de deux ans et demi, il a déjà créé plus de 440 mille emplois. Les bénéficiaires affirment que cela contribue à l’amélioration des conditions de vie des ménages suite au revenu et facilite aussi l’exercice des activités quotidiennes

« Les travaux de ménage vont durer 8 mois. Au cours de cette période, j’aurais contribué à pas mal de choses dans mon ménage. Cela via le salaire que je touche», indique Chantal Ndayiragije, chef de chantier dans les travaux de pavage du linéaire de la zone Kanyosha, commune Muha en mairie de Bujumbura.

La trentaine et mère de trois enfants, elle affirme que la vie est devenue trop chère. Ce qui fait que le mari et sa femme doivent tous fournir des efforts pour améliorer les conditions de vie du ménage.

La chef de chantier précise qu’actuellement, les employés sont des tous travaux. « Ils sont au nombre de 53 dont 35 hommes et 18 femmes », fait-elle remarquer avant de signaler qu’on aura besoin d’une main d’œuvre de 100 personnes avec au moins 40 maçons.

Avec l’argent que je touche ici, je parviens à nourrir mes enfants et à les envoyer à l’école, explique Innocent Nzeyimana, adjoint du chef de chantier à Kanyosha, originaire de la province Muramvya à l’intérieur du pays.

Syldie Minani, jeune de 20 ans se réjouit du fait qu’il a trouvé de l’emploi au niveau des travaux de pavage des routes à Kanyosha. Célibataire et originaire de Kirundo, il témoigne qu’avec ce qu’il gagne, il envoie au moins du savon et du sel à sa famille. « De plus, je suis en train de pratiquer ce que j’ai étudié. C’est en 2019 que j’ai terminé mes études secondaires. Je suis détenteur d’un diplôme de conducteur des travaux, technicien A2 », martèle-t-il.

Charlotte Nihozeko, agent de payway à la 7ème avenue de la zone Kanyonsha, une des avenues entrain d’être pavées à Kanyosha se dit satisfaite, car le pavage de cette route facilitera son activité. « Tout d’abord, je me déplace à moto pour rentrer chez moi au quartier Kajiji, pas si près de la route. Je me déplace à moto. Comme la route sera en bon état, je gagnerai non seulement du temps, mais aussi le prix du ticket sera abordable », explique-t-elle.

Joseph Bipfubusa, coordinateur du PDLE : « Les travaux de pavage des routes ont commencé à partir du 31 mars 2020. Ils sont envisagés pendant la période qui va du 31 mars à fin novembre 2020 »

Claude Nizigama, un taxi-vélo, lui, estime que les routes pavées détériorent les amortisseurs de son outil. Satisfait quand même que la route soit en bon état qu’auparavant, il préfèrerait que celle-ci soit goudronnée.

Création des opportunités

Selon Joseph Bipfubusa, coordinateur du projet PDLE, le gouvernement de la République du Burundi a bénéficié d’un don de la Banque Mondiale (BM) de 50 millions USD pour financer le Projet de Développement Local de l’Emploi (PDLE). Celui-ci est constitué de quatre composantes, à savoir : les infrastructures et le développement local, l’appui aux Petites et Moyennes Entreprises (PME), la gestion du projet et l’intervention en cas d’urgence ou de catastrophe.

« Il vise à renforcer la résilience de la population et du secteur privé touchés par la fragilité du contexte national à travers la création des opportunités génératrices de revenus pour les particuliers et les entreprises et à améliorer l’accès aux infrastructures de base dans certaines régions, en ciblant les populations vulnérables et les MPME dans certaines chaînes de valeur, les secteurs de l’agrobusiness et de la construction », déclare-t-il.

Pour M.Bipfubusa, 29, 5 millions USD sont affectés dans la composante une du projet chargée des infrastructures tandis que 3 millions USD ont été retenus pour le renforcement des capacités.

La route pavée trop chère

Le coordinateur du PDLE fait remarquer que dans la première composante qui s’occupe des infrastructures, il y a un grand lot de pavage et assainissement qui doit s’effectuer dans la ville de Bujumbura et dans les centres urbains de Gitega, Kayanza et Bubanza.

Pour lui, le travail de pavage des routes est un travail qui s’étend dans le temps. Ce qui compte beaucoup plus c’est le temps que dure la préparation de ces travaux. Celle-ci dure la moitié d’une année parce qu’on commence par la préparation des termes de référence, le recrutement des bureaux d’études, la préparation des termes de référence pour le recrutement des bureaux de surveillance, la préparation des dossiers d’appel d’offre…

Une fois toute la documentation disponible, on procède au recrutement des entreprises pour le commencement des travaux.

« Les travaux de pavage ont commencé le 31 mars 2020. Ils sont envisagés dans cette période qui va du 31 mars à fin novembre 2020 », certifie-t-il.

Le coût des travaux, d’après toujours M. Bipfubusa est de 14. 306. 106 408 FBu. Cela rien que pour la première tranche des travaux qui sera exécuté pendant la période de début avril à fin novembre 2020.

« Les emplois créés jusqu’à fin mars sont estimés à 443 275 dont 114 728 femmes. Cela pour le pavage et 19,277 km de long sont prévus d’être pavés dans la deuxième année du projet », annonce-t-il.

Le coût au kilomètre linéaire de la route pavée est de 985 millions de FBu, annonce M.Bipfubusa. Il est très élevé et mérité d’être sauvegardé. Et de poursuivre : « La population est appelée à sécuriser ces routes pavées parce que ce sont les siennes. L’utilisation de ces routes pavées n’est pas une question, mais plutôt la gestion des canalisations d’évacuation des eaux de pluie qui est problématique lorsque la population ne fait pas attention surtout quand elle jette les immondices. Il faut qu’elle évite de jeter les déchets dans les canalisations », insiste-t-il.

Le coordinateur du projet PDLE rappelle que tout ce qui est route pavée ou macadamisée a pour ennemi numéro 1 l’eau.

« Une fois les canalisations bouchées, automatiquement, les écoulements des eaux pluviales sont bloqués et si ces eaux se déversent dans la route pavée automatiquement les couches de base de ces pavées seront inondées et seront détruites », déplore-t-il.

C’est pour cette raison, recommande M.Bipfubusa, qu’il faut préserver les canalisations aménagées sur toutes les routes pavées et si possible  nettoyer  ces canalisations régulièrement car cela garde en bonne santé les routes ».

Il signale qu’il y a des poids exigés pour les véhicules de transport non seulement sur les routes pavées, mais aussi sur les routes macadamisées. Les camions lourds devraient éviter d’emprunter les routes pavées parce que si ces camions sont chargés, ils endommagent la couche superficielle de roulement et éventuellement ils démolissent la couche de base compte tenu du tonnage qui n’est pas indiqué.

Le tonnage limité ne dépasse pas une vingtaine de tonnes tandis que les camions que nous avons l’habitude de voir sont souvent chargés de 40 tonnes.

Le projet PDLE a commencé ses activités depuis 2 ans et 6 mois. Le temps qui lui reste est de 2 ans et 4 mois. Il envisage d’ici quelques jours une revue à mi-parcours. Il est déjà exécuté à 50%.

Il est vrai que toutes les activités ne sont pas exécutées à 50% même si le délai d’exécution est consommé jusqu’à 50%.

Le coût au kilomètre linéaire de la route pavée est de 985 millions de FBu. Il est très élevé et mérite d’être sauvegardé.

Il y a eu de petits problèmes qui ont fait que certaines activités n’aient pas commencé dans le temps imparti.

Aujourd’hui il y a une accélération qui va faire en sorte que pendant l’année 2020-2021, le projet pourra avoir une barre très haute de décaissement qui tend à ce on va rattraper le temps perdu, tranquillise le coordinateur du projet.

La revue à mi-parcours qui s’effectuera cette année va  aider à évaluer ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Ce qui aidera à ajuster le plan de travail et le budget annuel pour voir ce qui pourra être fait l’année prochaine avec la possibilité d’être surchargée. Toute la documentation du projet est prête. Ce qui ne prendra pas beaucoup de temps en ce qui est de l’exécution.

La composante II cause problème

« Les défis relevés sont liés au fait qu’au niveau de la composante II, les activités prévues n’étaient pas bien précisées. Il a fallu prendre suffisamment de temps, contacter différents partenaires, et discuter pour pouvoir ajuster ses activités, discuter avec le bailleur pour pouvoir s’entendre sur ces activités. Voilà le défi majeur qui ne cause pas de difficulté aujourd’hui. Cela, car toutes les solutions ont été trouvées », rassure-t-il.

Il certifie que les bénéficiaires du projet devraient se focaliser sur la résilience, sur les personnes vulnérables, mais aussi sur les PME en souffrance pendant une certaine période que le Burundi a connu. C’est pour cette raison que les activités effectuées dans la composante I, notamment la construction des infrastructures sont automatiquement orientées vers la base et la sélection de la main d’œuvre privilégie parmi les personnes les plus vulnérables au niveau local.

Ces personnes sont ciblées par une ONG qui a été retenue dans le cadre du projet qui a une expérience dans la gestion des projets de Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) et aussi l’expérience de la Banque Mondiale avec au ciblage des personnes vulnérables. La méthode HIMO a existé depuis longtemps, mais elle ne s’applique pas sur les personnes vulnérables. La différence est que la méthodologie du PDLE se focalise sur la base pour la recherche des plus vulnérables qui doivent participer à l’exécution de ses sous-projets.

Quant au genre, il y a eu des fiches d’identification des personnes vulnérables qui ont été préparées et validées. Dans ces fiches, il est bien clarifié et précisé que parmi les personnes vulnérables, on doit privilégier le ciblage du sexe féminin et des jeunes mariés ainsi que le ciblage du peuple autochtone (les Batwa).

Cependant, il regrette que pendant la période des travaux, la population n’ait pas été suffisamment sensibilisée pour répondre à l’appel de recrutement de la main d’œuvre. Au niveau local, on n’a pas besoin à recourir à la main d’œuvre d’ailleurs. On privilégie la main d’œuvre locale.

Cet article a été produit dans le cadre du concours « Tuyage » du projet dénommé TUYAGE initié par l’Agence des Etats-Unis d’Amérique pour l’Aide au Développement (USAID) mise en œuvre par l’ONG Search for Common Ground et les médias partenaires.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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