Société

Les personnes vivant avec un handicap dans une extrême pauvreté

5 ans après la mise en œuvre des ODDs au Burundi, les personnes vivant avec un handicap sont confrontées à pas mal de défis. Elles vivent encore dans une pauvreté criante. Elles sont quelquefois taxées de maudites et ont un niveau d’instruction très bas. Cela ressort  d’une conférence-atelier sur l’inclusion des personnes vivant avec un  handicap dans la mise en œuvre des ODDs

L’Union des Personnes Handicapées du Burundi (UPHB) en collaboration avec ses partenaires a organisé du 18 au 19 février 2021 une conférence-atelier sur l’inclusion des personnes vivant avec un handicap dans la mise en œuvre des ODDs. 5 ans après leur mise en œuvre, Siméon Barumwete, professeur à l’Université du Burundi  s’inquiète du fait que la plupart des  personnes vivant avec un  handicap au Burundi vivent encore dans la pauvreté sans nom. Elles manquent de confiance en elles-mêmes et leur niveau d’instruction reste encore bas. Ce qui fait qu’elles manquent d’informations clés sur les ODDs, les projets communaux et les ministères sectoriels.  Selon toujours lui, les associations des personnes vivant avec un handicap ne sont pas bien organisées dans les communautés pour susciter des partenariats avec les administratifs communaux.

La plupart des infrastructures publiques sont inaccessibles aux personnes vivant avec un handicap.

Les personnes vivant avec handicap ne sont  pas bien considérées dans les communautés. «Quelquefois, on les taxe de maudits. Elles ne se sentent pas libres et fières de ce qu’elles sont et de ce qu’elles sont capables. D’où leur sentiment d’auto discrimination», s’inquiète Barumwete. Elles sont généralement pauvres, manquent de tout et sont sans voix.  Elles ne maîtrisent pas leurs dossiers, car elles ont un niveau très faible d’instruction. La plupart des personnes vivant avec un handicap sensoriel fréquentent  encore timidement l’école suite au manque d’outils pédagogiques adaptés à leur handicap. Ce sont entre autres les papiers brailles, les tablettes, les infrastructures adaptées à leur handicap, l’insuffisance des enseignants formés en langue des signes et en écriture braille pour que toutes les écoles puissent accueillir les enfants vivant avec un handicap. La plupart des infrastructures publiques sont inaccessibles aux personnes vivant avec un handicap. Dans les écoles, les toilettes ne sont pas accessibles aux personnes vivant avec un handicap.

La mobilité des personnes vivant avec un handicap pose problème

De plus,  elles sont confrontées à beaucoup de difficultés au niveau de leur mobilité. Les parkings et les bus disponibles aujourd’hui ne leur facilitent pas le déplacement. Selon toujours lui, les béquilles, les chaises roulantes, etc. dont elles ont toujours besoin coûtent cher.  Avec tous ces défis, Barumwete fait savoir que le chemin est encore long pour qu’elles accèdent au développement. Il demande à l’Etat et aux partenaires techniques et financiers de redoubler d’efforts pour ne pas les laisser de côté dans le développement.

Quelques avancées s’observent

Malgré tous ces défis, quelques avancées s’observent dans la promotion du développement des personnes vivant avec handicap. Selon Barumwete, quelques écoles pilotes destinées aux enfants vivant avec un  handicap ont été mises en place. On promet aussi d’intégrer les personnes vivant avec un handicap dans les projets communaux de développement. Selon lui, les portes  leur sont grandement ouvertes dans les projets de développement.

Au regard des résultats de l’étude sur  l’état des lieux de l’inclusion des personnes vivant avec un handicap dans la mise en œuvre des ODDs, Adelaïde Nyigina, représentante légale de l’UPHB fait savoir que le chemin est encore long pour que les personnes vivant avec un handicap ne soient pas laissées de côté dans le développement. Elle demande à l’Etat de redoubler d’efforts pour inverser la tendance.

Salvator Nizigiyimana du ministère  de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique a précisé que le pays a le souci d’améliorer le cadre des droits humains en faveur des personnes vivant avec un handicap. Il affirme que dans un passe récent, cette catégorie de gens a été discriminée et exclue socialement. Pour inverser la tendance, il fait savoir que le Burundi a ratifié la convention des Nations Unies relatives aux droits des personnes vivant avec un handicap  en 2014. On a aussi promulgué la loi qui protège leurs droits. Un plan d’action et sa stratégie de mise en œuvre ont été aussi mis en place. 

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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