Depuis que le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité au Burundi » PIPARV-B » est à l’œuvre dans la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la résilience au changement climatique des populations rurales, les bénéficiaires s’en réjouissent. Jusqu’aujourd’hui, 15 tonnes de semences de maïs hybride ont été semées sur plus de 500 ha.4.550.000 plants agro forestiers et forestiers sont disponibles dans les pépinières

Elie Buzoya, responsable de la composante structuration communautaire inclusive, amélioration de la productivité, valorisation et diversification de la production par le développement des coopératives au sein du PIPARV-B: « Si on essaie de comparer la production du maïs hybride à celle du maïs composite, on arrive à la conclusion que le maïs hybride est plus productif ».
Depuis mercredi le 11 novembre 2020 au vendredi 13 novembre, les responsables du Projet d’intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité au Burundi « PIPARV-B » ont effectué une descente dans les provinces de Gitega, Ngozi et Kayanza. L’objectif était de se rendre compte de l’état des lieux des réalisations de ce projet depuis qu’il a été lancé au mois de décembre 2019.Les bénéficiaires se réjouissent de l’appui de ce projet du gouvernement financé par le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). Selon Brigitte Nahimana, c’est grâce à ce projet qu’elle cultive le maïs hybride dans le marais de Ndaro situé sur la colline Bihororo de la commune de Giheta, province Gitega. Ce marais s’étend sur une superficie de 12,8 ha. Mme Nahimana fait savoir que le PIPARV-B offre à la population des semences de maïs hybride pour leur permettre de le cultiver. Selon elle, cette variété donne un bon rendement par rapport aux autres variétés.Avec cette production à tendance croissante, elle fait savoir qu’une partie de la récolte sera consommée par sa famille et que l’autre partie sera conservée pour être écoulée sur le marché afin de bénéficier des revenus.
Maïs hybride, une variété qui donne un bon rendement
Boniface Hakizimana, âgé de 49 ans et père de 7 enfants abonde dans le même sens. Elle s’est lancée dans la culture de cette variété (maïs hybride) grâce au PIPARV-B qui lui a donné des semences. Par conséquent, il a un champ de maïs hybride dans le marais de Gifunzo situé sur les collines Korane et Bihororo de la commune Giheta, province Gitega. L’emblavement de cette variété ne se fait pas en solo. Ce marais s’étale sur 12 ha et 843 agriculteurs y cultivent le maïs hybride. M. Hakizimana se réjouit du fait que cette variété donne un bon rendement. Les exploitants indiquent que cultiver ensemble a beaucoup d’avantages. Selon M.Hakizimana, la sécurisation des champs devient facile, car le semis se fait dans une même période. De même pour la récolte.De plus, les relations sociales se tissent. Grâce au PIPARV-B, les agriculteurs affirment qu’ils ont appris les bonnes pratiques agricoles. Le semis ne se fait plus pêle-mêle. Il se fait en ligne. Dans le poquet, on y met seulement deux grains de maïs hybride après y avoir mis de la fumure organique et minérale.
L’administration et les bénéficiaires expriment leur satisfaction
Dans la province Ngozi, en commune de Marangara, les bénéficiaires du PIPARV-B sont aussi ravis de l’appui qu’il leur apporte. « N’eût été le PIPARV-B, je n’allais pas cultiver le maïs hybride. » indique Evelyne Niyonzima, membre de la coopérative GIRUBUZIMA qui dispose d’un champ modèle de maïs hybride de 5 ha sur la colline Kigufi de la commune Marangara, province Ngozi. Eraste Ndikumwenayo, agronome communal de la commune Marangara apprécie cette nouvelle variété. Selon lui, elle est très productive par rapport au maïs composite. « Grâce à ce projet, nous avons mis en place un champ modèle qu’on appelle « centre de rayonnement communal ». Tous les agriculteurs de cette localité sont priés de s’y référer pour augmenter la production ». Selon lui, l’objectif est de passer de l‘agriculture de subsistance à celle de commercialisation. Il affirme qu’il est facile de récolter 8 tonnes sur un ha une fois que toutes les conditions ont été réunies alors qu’on ne dépasse pas 3 tonnes pour le maïs composite. Cependant, des défis s’observent malgré les efforts énormes déployés par les responsables du PIPARV-B en collaboration avec le gouvernement via le Bureau Provincial de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage. Selon Ndikumwenayo, la chenille légionnaire pose problème. Cet insecte s’attaque aux plantules du maïs.

Dans le cadre de la promotion du maïs hybride par le biais de la culture en bloc continue, 15 tonnes de semences ont été semées dans les marais et sur les collines sur plus de 500 ha.
Victor Rurakengereza, directeur du bureau provincial de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage dans la province de Gitega affirme que le maïs hybride est très productif par rapport aux autres variétés de maïs. Raison pour laquelle le gouvernement en partenariat avec le FIDA a jugé bon de vulgariser cette variété pour répondre au programme «d’intensification agricole» du gouvernement qui consiste à cultiver sur une très grande étendue.puisque la population travaille ensemble à l’image de nos ancêtres (GUHINDA IKIBIRI). Selon lui, la production augmente, car il n’y a pas de compétition de cultures dans un même champ. De plus, on peut atteindre une production qui varie entre 5 et 8 tonnes de maïs par hectare lorsque tous les facteurs de production sont réunis.Sur un hectare de maïs hybride, on sème une quantité variante entre 25 kg et 30 kg. C’est une variété hautement productive, renchérit-il. Cela pousse la population à la préférer.
15 tonnes de semences ont été semées dans les marais et sur les collines sur plus de 500 ha
Selon Elie Buzoya, responsable de la composante structuration communautaire inclusive, amélioration de la productivité, valorisation et diversification de la production par le développement des coopératives au sein du PIPARV-B, si on essaie de comparer la production du maïs hybride à celle du maïs composite, on arrive à la conclusion que le maïs hybride est plus productif. Pour le maïs composite, on peut atteindre un rendement de 2 tonnes par hectare si toutes les conditions sont réunies. Néanmoins, pour le maïs hybride, on peut enregistrer une production variant entre 6 et 8 tonnes par ha. Par conséquent, M. Buzoya fait remarquer que la population en profite. Elle trouve de quoi mettre sous la dent. Nonobstant, la période de récolte est un peu écourté pour le maïs composite par rapport au maïs hybride. Elle est de 4 mois pour le maïs composite et de 5 mois pour les maïs hybrides.Dans le cadre de la promotion du maïs hybride par le biais de la culture en bloc continue, 15 tonnes de semences ont été semées dans les marais et sur les collines sur plus de 500 ha.
La lutte mécanique recommandée pour maîtriser la chenille légionnaire
Concernant la chenille légionnaire qui s’attaque aux plantules de maïs, 200 kg de produits phytosanitaires ont été disponibilisés pour combattre cet insecte ravageur. A part l’utilisation des produits phytosanitaires, M. Buzoya encourage la population à faire recours à la lutte mécanique.

Le PIPARV-B a distribué 815 kg de semences d’essences agro-forestières et forestières à la population. Jusqu’aujourd’hui, plus de 4.550.000 plants d’essences agro forestiers et forestiers sont disponibles dans les pépinières.
La population se met ensemble et essaie de mettre hors état de nuire les chenilles qui se présentent sur les plantules. Selon M.Buzoya, cette stratégie est la plus adéquate, car les produits phytosanitaires dont on a besoin pour mener une lutte efficace contre la chenille légionnaire sont insuffisants.
Autres activités prévues
Pour réaliser les objectifs que le PIPARV-B s’est assignés, M.Buzoya indique que d’autres activités sont prévues. D’ici peu de jours, on compte distribuer plus de 4.000 caprins et 3.800 porcins aux agriculteurs pour leur permettre de trouver facilement de la fumure organique. 109 agents communautaires de santé animale ont été recrutés pour suivre et soigner ces animaux. On compte aussi faire la promotion de la culture des haricots. Et d’ajouter la distribution de 60 tonnes de semences de haricots biofortifiés, 240 kg de semences maraîchères, 15.000 plants d’avocatiers, 270.000 boutures de patates douces, 65 tonnes de semences de maïs hybride, etc. « On va aussi disponibiliser 3.400 tonnes de fertilisants », rassure-t-il.
Plus de 4.550.000 plants d’essences agro forestiers et forestiers sont déjà dans les pépinières
Le PIPARV-B n’a pas mis de côté la préservation de l’environnement et le renforcement de la résilience au changement climatique. Selon M.Buzoya, le PIPARV-B a distribué 815 kg de semences d’essences agro forestières et forestières à la population. Jusqu’aujourd’hui, il précise que plus de 4.550.000 plants d’essences agro forestiers et forestiers sont disponibles dans les pépinières. De plus, le projet a octroyé aux bénéficiaires le matériel d’accompagnement comme les arrosoirs, les brouettes, les produits phytosanitaires, …, à utiliser pendant l’entretien des pépinières. Selon lui, les essences agro forestières jouent un rôle crucial dans le renforcement de la résilience au changement climatique. Elles contribuent à l’augmentation de la production agricole. Elles maintiennent la fertilité du sol. De surcroît, elles servent d’alimentation pour le bétail. Une fois le bétail nourri, il produit de la fumure organique dont les agriculteurs ont toujours besoin pour fertiliser les champs et ainsi augmenter la production agricole. Quant aux essences forestières, elles influencent le climat avec une pluviosité plus ou moins modérée. M. Buzoya part de l’exemple de la réserve naturelle de la Kibira qui dispose d’un climat toujours frais. «Avec les arbres, le couvert végétal est garanti et le sol devient fertile. L’érosion est maîtrisée, car l’eau au lieu de ruisseler s’infiltre dans le sol», conclut-il.
Les pépinières visitées sont entre autres celle située sur la colline Mushonge de la commune Nyamurenza, province Ngozi qui dispose de plus de 67.000 plants d’essences agro forestières et forestières. La deuxième pépinière visitée est située sur la colline Korane de la commune Giheta, province Gitega. Elle dispose de plus de 62.000 plants d’essences agro forestières et forestières. La troisième pépinière visitée est celle située sur la colline Nkuba de la commune Kayanza, province Kayanza. Les plants d’essences agro forestières et forestières disponibles à cet endroit sont évalués à 48.850.
Bref, le PIPARV-B a pour objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de résilience des populations rurales du plateau central Burundais. Il privilégie une approche de gestion intégrée des terroirs grâce à une utilisation optimale des ressources naturelles dans un contexte de pression démographique.Il vient spécifiquement pour appuyer les populations rurales sans terres ou disposant de très petites exploitations et dépourvues d’animaux d’élevage avec un accent particulier sur les jeunes, les femmes et la communauté Batwa).




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