La problématique liée à la sous production de la Sosumo persiste. La production reste en dessous de la demande locale. Le Burundi doit importer le sucre pour combler le vide. En plus de certaines initiatives déjà prise par l’Etat, le conseil des ministres de mercredi le 07 avril 2021 a donné son feu vert pour la redynamisation de cette usine
Satisfaire la demande locale en sucre et économiser les devises en évitant l’importation du sucre étaient les uns des objectifs de la Sosumo à sa création en 1982. A cette époque, la capacité de production de cette usine était estimée à 20.000 tonnes par an et la population à cinq millions d’habitants. N’ayant pas accru sa production au fur du temps, la Sosumo est incapable de satisfaire la demande locale. Le rapport entre l’offre et la demande n’est pas équilibré sur le marché. Quant à la population, elle connaitra une croissance exponentielle. Aujourd’hui, elle est estimée à 12 millions d’habitants. La production de cette unique sucrerie qui détient le monopole du commerce du sucre depuis sa création a évolué en dents de scie avec une tendance horizontale. Mathématiquement parlant, la courbe de la production et celle de la demande n’ont pas évolué dans le même sens.

Selon le communiqué du conseil des ministres, le coût de l’investissement qu’il faut pour relancer la production de la Sosumo s’élève à 132 189 556 593 FBu.
Les chiffres témoignent le besoin de booster la production de la Sosumo
Quelques exemples suffisent pour mesurer le besoin de relancer la production de la Sosumo. Selon les données de la Banque Centrale, la Sosumo a produit 21.713 tonnes de sucre en 1998. En 2009, soit 10 ans plus tard, la production chutera drastiquement jusqu’à 14. 314 tonnes seulement. De 2011 à 2016, la production a gravité entre 20 000 tonnes et 24000 tonnes exception faite de 2013, période où la production de la Sosumo a atteint le chiffre record de 25. 802 tonnes. Les conséquences liées à cette insuffisance de la production n’ont pas manqué de se faire sentir. On observera une spéculation répétitive sur le prix du sucre.
Pour pallier à ce déficit et maintenir un certain équilibre entre l’offre et la demande, la Sosumo s’est rabattue sur les importations. Selon les statistiques du bulletin de l’OBR, le Burundi a importé du sucre pour plus de 19,5 milliards de FBu en 2019. L’importation du sucre en 2019 n’est pas un cas isolé. Le sucre fait partie des principaux produits importés. Or, plus les importations sont importantes, plus la dépendance économique de l’extérieur est grande.
La sucrerie de Kumoso vers le salut ?
Dans son communiqué du mercredi 07 avril 2021, le conseil des ministres a décidé de voler au secours de la Sosumo. Selon ce communiqué, le coût de l’investissement qu’il faut pour boucler ce projet équivaut à 132 189 556 593 FBu. Les actions seront menées sur plusieurs plans. «Ce projet de réhabilitation, modernisation- extension et d’implantation d’une distillerie vise à réhabiliter les équipements de l’usine devenus obsolètes », précise le même communiqué. L’objectif visé est d’accroître la production jusqu’à 35 mille tonnes de sucre par an.
Dans les prévisions de l’Etat comme indiqué dans le communiqué, 105 993 994 078 FBu seront affectés à la réhabilitation et à la modernisation- extension de l’usine alors que 26 195 562 515 FBu iront au projet d’implantation d’une distillerie. Le conseil des ministres a recommandé que le volet « réhabilitation, modernisation- extension » soit prioritaire par rapport au volet « distillerie ». Selon les recommandations du conseil des ministres, il faudra faire recours à des financements extérieurs pour importer les équipements.
Le souci de moderniser la Sosumo ne date pas d’hier. Plusieurs actions ont été menées pour tenter de maintenir le bateau en équilibre. Parmi celles-ci, le mode de gestion. Pour relancer cette sucrerie, il a été mis en place un comité de pilotage par le décret-loi du 21 septembre 2016. Cela pour pour la redynamisation et l’extension de cette usine. Pour le bien-être de cette société et de son personnel, le mode de gestion de cette sucrerie a été revu. Certains articles des textes régissant la Sosumo ont été révisés pour adapter les salaires et les primes à la production de cette usine. Peut-on enfin espérer que le gouvernement va gagner le pari et faire de la Sosumo une usine moderne et performante pour satisfaire la demande locale ?




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