Dans le cadre du renforcement de la chaine de solidarité communautaire animale : bovins et porcins ont été distribués par le PNSADR-IM, un programme financé par le FIDA au Burundi aux bénéficiaires des provinces Bubanza et Cibitoke. Un coup de pouce qui a permis aux ménages d’améliorer leurs conditions de vie

Alain Villard Bimenyimana, expert en élevage au PNSADR-IM : «Actuellement, on compte 1.702 bovins dans les exploitations des bénéficiaires y compris les veaux issus de la chaine de solidarité communautaire»
Depuis le démarrage de la chaine de solidarité communautaire en 2016 dans la région de l’Imbo, 1.050 bovins laitiers ont été distribués dans 5 communes de trois provinces d’action du programme à savoir commune de Rugombo, Buganda (Province Cibitoke), Gihanga et Mpanda (Bubanza) et Mutimbuzi (Bujumbura). « Au départ, le PNSADR-IM a distribué 280 bovins dans la commune de Rugombo. Actuellement, on compte 1.702 bovins dans les exploitations des bénéficiaires y compris les veaux issus de la chaine de solidarité communautaire », a indiqué Alain Villard Bimenyimana, expert en élevage au sein du PNSADR-IM dans la région de l’Imbo avant d’ajouter qu’en plus de 1.050 ménages bénéficiaires, 408 nouveaux ménages ont pu bénéficier des bovins à travers la chaîne de solidarité », a fait savoir Bimenyimana.
Pour les ménages qui n’avaient pas de moyens pour élever un bovin, 780 porcins ont été distribués dans la région de l’Imbo jusqu’à ce jour. A ce jour 2580 porcins sont comptabilisés dans les ménages des bénéficiaires et d’autres 1500 ont été vendus par ces ménages pour des besoins divers. Dans ce cadre, les porcins ont été distribués dans la chaine de solidarité communautaire et 700 nouveaux bénéficiaires de porcins sont déjà enregistrés.
Dans la même optique, des Agents Communautaires de Santé Animale (ACSA) ont été mobilisés pour le suivi vétérinaire de proximité sur les 32 collines couvertes par le PNSADR-IM. Ces 32 ACSA sont formés et ont reçu des kits pour qu’ils puissent assurer le suivi de proximité en santé animale.
En plus de ces bovins et porcins distribués, le PNSADR- IM a appuyé le centre d’insémination artificielle pour que ceux qui avaient des bovins de race locale ou de race améliorée puissent bénéficier des veaux de race plus améliorée afin d’améliorer la production laitière.

Gaudence Niyungeko, éleveuse de la colline Kizina à Gihanga : «Je n’aurais jamais cru qu’un jour une femme seule comme moi disposerait d’une étable de vaches de race améliorée»
Le PNSADR-IM a aussi appuyé des pisciculteurs en leur donnant des alevins de l’espèce tilapia, des formations en alimentation des poissons et le projet est en train de mettre en place un village aquacole moderne intégré dans le site de Mugerero en commune Gihanga.
Un impact palpable, en témoignent les conditions de vie des bénéficiaires
Dans la commune Gihanga, 90 bovins avaient été distribués en 2016 auxquels se sont ajoutés 72 autres en 2018. Gaudence Niyungeko, mère de six enfants, éleveuse quadragénaire de la colline Kizina de la même commune raconte comment elle a été heureuse après avoir eu écho de sa sélection parmi ceux qui allaient bénéficier des bovins. « Je n’aurais jamais cru qu’un jour une femme seule comme moi aurait une étable de vaches de race améliorée» ! C’est par la grâce divine que le PNSADR- IM a finalement pensé à moi en m’offrant une vache. Depuis 2 ans, je peux dire que je suis une femme comblée et ma vie a changé. », se réjouit-t-elle. Avant l’obtention de la vache, la production agricole était dérisoire faute de fumier, je ne parvenais pas à nourrir ma famille « Aujourd’hui la récolte est bonne. Là où je récoltais à peine un sac de haricots, présentement je peux récolter 3 sacs ou même plus. » a-t-elle témoigné.
Beaucoup d’autres bénéfices ont été obtenus grâce aux bovins octroyés par le PNSADR-IM. Mme Niyungeko cite la réhabilitation de sa maison mais aussi la scolarité de ses deux filles toujours au banc de l’école. Elle parvient à traire 10 litres de lait par jour qu’elle vend à 800 FBu le litre.
Même son de cloche chez Jean Paul Nsabimana, éleveur de la colline Mparambo de la commune Rugombo. Il affirme qu’il pratiquait jadis l’élevage de bovins de race locale mais que la production laitière n’était pas aussi bonne en comparaison avec celle d’aujourd’hui. « Quand j’ai su qu’il y a un programme d’insémination artificielle, j’y suis allé sans la moindre idée de comment je vais faire pour avoir des vaches de race améliorée. Ce n’est qu’après que ma vache a mis bas que j’ai constaté la plus-value des interventions du PNSADR-IM », a indiqué cet éleveur qui remercie le PNSADR-IM. Actuellement, Nsabimana affirme que sa vache produit plus de 20 litres de lait par jour alors qu’avant l’insémination artificielle, cette vache ne donnait que 8 litres de lait par jour, a-t-il affirmé.

Béatrice Ntahomvukiye, bénéficaire du programme de porcins : « Grâce à ce porcin, ma vie a changé positivement car après qu’il ait mis bas, j’ai déjà donné 3 de mes porcelets dans le cadre de la chaine de solidarité communautaire et j’ai au total plus de 13 porcins »
Ntahomvukiye Béatrice, divorcée et mère d’un enfant, une des bénéficiaires de porcins de la colline Muyange de la commune Mutimbuzi. « Grâce à ce porcin, ma vie a changé positivement car après avoir mis bas, j’ai déjà donné 3 de mes porcelets dans la chaine de solidarité communautaire, j’en ai ensuite vendu 4 et je reste avec 7 porcins chez moi et 3 autres qui sont élevés dans d’autres ménages pour leur donner du fumier », a-t-elle témoigné. Après la vente des porcins, elle s’est acheté un demi-hectare de terre où elle cultive du riz et elle affirme avoir augmenté sa production grâce au fumier produit par ses porcins.
La pérennisation des acquis du projet, les bénéficiaires s’y sont bien préparés
Selon Jean Baptiste Sibomana qui a été formé comme agent communautaire de santé animale sur la colline Muyange de la commune Mutimbuzi pour assurer le suivi de la santé des bovins et porcins distribués par le PNSADR-IM. « Le kit de médicaments octroyé par le programme m’a beaucoup aidé, car, à chaque vente, j’encaissais des bénéfices. L’argent que j’ai gagné m’a permis d’ouvrir une pharmacie vétérinaire vu que les demandeurs d’assistance sont de plus en plus nombreux », a raconté cet agent qui, n’eût été la formation du PNSADR-IM, serait un désœuvré selon ses dires. Il est devenu le vétérinaire de la localité puisque tous les éleveurs achètent les médicaments chez lui et c’est lui-même qui se charge de soigner les animaux moyennant payement. Grâce aux différentes formations sur les soins vétérinaires, il croit à un avenir meilleur.
Pour Ezéchiel Nderagakura, un des membres du champ école élevage de la même colline, cette école composée de 42 membres est venue renforcer davantage les capacités des éleveurs bénéficiaires du PNSADR-IM pour la pérennisation de l’élevage dans la région de l’Imbo. Il a souligné que le changement remarquable s’est opéré dans leurs ménages depuis l’avènement du PNSADR-IM. Ce champ école élevage leur a permis de connaitre les techniques d’entretien du bétail, les soins vétérinaires, l’alimentation appropriée et adaptée pour une meilleure production laitière.
Pour Ndereyimana : « Le programme nous a donné une somme de 1 280 000 francs burundais comme fonds de roulement du champs école, ce qui nous a permis d’ouvrir une boutique des aliments pour bétail ».
Selon Alain Villard Bimenyimana, expert en élevage à l’unité de facilitation et coordination régionale-Ouest du PNSADR-IM, les bénéficiaires du programme ont été préparés et formés sur l’élevage moderne, le suivi sanitaire pour que les bovins puissent leur donner une production laitière suffisante pour le développement économique de leurs ménages et assurer une pérennisation et durabilité des acquis du programme. Dans leurs témoignages, les bénéficiaires abondent dans le même sens. «Avec les formations organisées par le PNSADR-IM ainsi que les expériences acquises sur terrain, il n’y a aucun doute que même après le projet, les acquis seront pérennisés », a joyeusement indiqué Ezéchiel Nderagakura, membre du champ école élevage de la commune Mutimbuzi.




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