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Le PNUD au secours des riverains de la Ntahangwa

Le ravin qui faisait peur aux riverains de la rivière Ntahangwa ne sera plus qu’un mauvais souvenir dans quelques mois. Le Gouvernement du Burundi appuyé par le PNUD sous financement du Fonds pour l’Environnement Mondial a mené des travaux de stabilisation des berges de cette rivière surune distance de 330 m depuis le Pont de la République qui se trouve sur le boulevard MweziGisabo (ancien boulevard du 28 novembre). La population jubile. Une équipe de journalistes a effectué une descente sur terrain pour constater l’état d’avancement des travaux

Depuis que le PNUD a commencé les travaux de consolidation des berges de la rivière Ntahangwa, l’avenue Mukarakara du quartier Kigobe est redevenue praticable

Les travaux de consolidation des berges de la rivière Ntahangwa vont bon train. Ils ont commencé le 23 août 2019. A cette période, une noria de camions faisait des va et vient sans interruption pendant la journée. La première phase qui consistait à protéger les bâtiments (dont l’Ecole Fondamentale du Jardin Public de Nyakabiga) longeant la rivière Ntahangwa et se trouvant du côté de la zone Nyakabiga par des remblais est terminée. Sur le site Nyakabiga, pour réduire la vulnérabilité des communautés riveraines, la mise en œuvre de la première phase des travaux a déjà permis de restabiliser la berge sur une distance linéaire de 314 m avec un recul de 20 m pour une hauteur de 23 m ainsi que la pose de 5270 m3 de gabions et 85 000 m3 de remblaie. L’ouvrage a été réceptionné le 22 mai 2019 à la plus grande satisfaction des riverains et  à la grande appréciation de la haute autorité du pays présente sur le site.

Les ingénieurs ont réalisé une vraie prouesse technique

La deuxième phase consistait en des travaux confortatifs (aménagement des terrasses en gradins et pose de gabions), à remblayer la rive droite de cette rivière et à remettre en état l’avenue Mukarakara (Kigobe-Sud). C’était aussi pour protéger les infrastructures environnantes. Cette phase exigeait une vraie prouesse technique de la part des ingénieurs qui travaillent sur ce projet.

Ir Marc Rugerinyange : « Les travaux s’étalent sur une distance de 330 m depuis le pont de la République qui se trouve sur le boulevard Mwezi Gisabo (ancien boulevard du 28 novembre) »

Depuis que les travaux ont commencé au mois d’août 2019, Ir Marc Rugerinyange, directeur technique de l’entreprise EIS-EKA, dans un entretien avec les journalistes jeudi le 13 février 2020, est ravi de leur état d’avancement malgré les défis. Les travaux s’étalent sur une distance de 330 m depuis le Pont de la République qui se trouve sur le boulevard Mwezi Gisabo (ancien boulevard du 28 novembre). «L’exécution des travaux est actuellement estimée à 75%», martèle-t-il. On a terminé de dévier la rivière Ntahangwa. De plus, on a cassé le méandre qui menaçait les infrastructures riveraines. La plupart d’entre elles se sont effondrées. D’autres étaient au bord du gouffre. L’avenue Mukarakara était devenue impraticable. Les habitants ne cessaient de crier au secours. Certains avaient déjà déménagé. Actuellement, la circulation sur cette avenue a été rétablie. Les infrastructures sont protégées.

Les riverains de la rivière Ntahangwa satisfaits

Les habitants éprouvent un sentiment de satisfaction. Berry Ahishakiye habite une maison située tout près des rives de cette rivière. Il remercie le gouvernement qui a planifié les travaux de consolidation des rives de cette rivière et le PNUD qui a apporté son appui. « Le ravin s’était dangereusement approché des maisons environnantes. C’est un vrai soulagement de voir que les travaux avancent bien », a indiqué M.Ahishakiye.

Virginie Hatungimana qui habite sur l’avenue Mukarakara se dit « très satisfaite des travaux entrepris pour stabiliser les rives de la Ntahangwa. «J’avais peur lorsque j’empruntais cette avenue à cause du ravin qui se trouvait à cet endroit », a-t-elle déclaré. Grâce à la collaboration du Gouvernement et du PNUD, l’EPJP Nyakabiga qui était au bord du précipice est protégée. De plus, l’avenue Mukarakara est actuellement praticable.

D’autres quartiers menacés par la rivière Ntahangwa

La rivière Ntahangwa constitue encore une menace sérieuse pour les quartiers qu’elle traverse. Les quartiers Mutanga Sud et Mugoboka sont devenus la proie facile de cette rivière. S’il pleut, la situation s’aggrave.  Dans une descente effectuée par nos journalistes jeudi le 13 février 2020, ils ont constaté que le lit de cette rivière ne cesse de s’élargir. Par conséquent, les infrastructures tant publiques que privées ne cessent de s’affaisser. D’autres pourront être détruites si rien n’est fait dans l’immédiat. Les habitants de cet endroit lancent un cri d’alarme. Michel Karaneze rencontré au quartier Mugoboka fait savoir que les maisons construites à cet endroit sont menacées par cette rivière. Jeannette Nimbona, habitant le quartier Mutanga Sud fait savoir que même l’ECOFO Mutanga Sud située sur l’avenue Sanzu est au bord du gouffre.

Les quartiers Mutanga Sud et Nord et Mugoboka, proies faciles des crues de la rivière Ntahangwa

La déforestation, l’une des causes de cette situation

Selon Jean Marie Sabushimike, professeur à l’Université du Burundi, le comportement attentiste de la rivière Ntahangwa commence en amont dans les contreforts qui surplombent la ville de Bujumbura. Ces montagnes influencent la dynamique pluviale. Le sol n’est pas protégé par une couverture végétale. La structure du sol et les pentes raides font la quantité de l’eau qui ruisselle soit plus importante que celle qui infiltre dans le sol. Comme aucune chose n’arrête la force de l’eau, on a toujours des inondations qui détruisent tout ce qui est sur son passage. Un autre facteur c’est la dynamique des paysages qui est à l’origine des glissements de terrains ainsi que l’instabilité du sol. Dans ce cas, la plaine connait des inondations. Les changements climatiques provoquent des dégâts énormes comme on l’a vu au mois de février 2014sur les rivières Gikoma et Gasenyi dans les quartiers Carama et Buterere. Selon Sabushimike, les gens qui extraient le moellon, le sable et le gravier dans la rivière Ntahangwa empirent la situation. La vitesse de l’eau devient forte détruisant les bordures et élargissant le lit de cette rivière. Dans certaines zones situées entre Mutanga-Nord et Mutanga-Sud le lit va jusqu’à 150m avec une pente dépassant 20m. A Mugoboka, sur l’avenue Sanzu, la route goudronnée est coupée, de même que dans Kigobe-Sud à 150 m du Pont de la République, une dizaine de maisons peuvent s’écrouler d’un moment à l’autre, certains habitants ayant déjà fui leurs maisons de peur de se retrouver dans Ntahangwa, surtout qu’entre la rivière et ces maisons, il y a une pente de plus de 30m.

La plupart de gens jettent le tort aux services de la planification urbaine qui ne font pas des études fouillées avant la distribution de ces parcelles comme l’étude du sol et l’étude d’impact environnemental. Ils demandent à la population de ne pas accepter les parcelles octroyées dans des endroits dangereux. Ils ne comprennent pas comment des dignitaires ont accepté ces derniers jours, d’acquérir des parcelles à Kigobe, à une vingtaine de mètres de la rivière qui a déjà creusé plus de 15 mètres de pente.

Pour Sabushimike, le gouvernement devrait protéger le plus rapidement possible les maisons menacées d’écroulement. Ils proposent le gabionnage, la construction des murs de soutènement ainsi que la plantation des arbres fixateurs en amont et en aval. Pour aboutir à une solution durable, le gouvernement devrait commander une étude pluridisciplinaire où se retrouveraient des ingénieurs, des géographes, des économistes environnementalistes etc. Ils auront la tâche d’étudier tout ce qui est nécessaire pour la durabilité du projet, surtout que les sections inférieure, moyenne et supérieure n’ont ni les mêmes problèmes ni les mêmes besoins.

Sabushimike demande que des études d’aménagement urbain soient menées quand il s’agit de faire des travaux de grande envergure comme la viabilisation des terrains ou la construction des infrastructures.

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Journal Burundi Eco.

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