Société

Polémique autour du nouveau syndicat SYNAPS

Les syndicats des employés du secteur de la santé « SYNAPA » et « SNTS » s’insurgent contre le projet clandestin de certains administratifs sanitaires de créer un nouveau syndicat parallèle dénommé «SYNAPS» en dehors des mécanismes prévus par la loi.  19 cadres du ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida sont pointés du doigt

Marie Bukuru, présidente du SNTS : « Les syndicats SYNAPA et SNTS se lamentent du fait que le recrutement des membres du syndicat parallèle se fait par force »

Les syndicats  SYNAPA et  SNTS ont animé une conférence  de presse  samedi le 2 février 2019.  Mélance Hakizimana, président du SYNAPA et Marie Bukuru, présidente du SNTS  pointent du doigt 19 cadres  du ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida œuvrant dans différentes provinces du pays qui ont pris le devant pour démanteler  les syndicats SYNAPA et  SNTS en dehors des mécanismes prévus par la loi.   Pour enfoncer le clou,  Hakizimana et Bukuru indiquent que ces cadres ont  créé un autre syndicat des travailleurs de la santé dénommé «SYNAPS».

Les griefs constatés

Hakizimana et Bukuru se lamentent du fait que le recrutement  des membres du syndicat parallèle se fait par force. En cas de refus d’y adhérer, des sanctions allant jusqu’à la mutation leur sont infligées. L’exemple est celui de la province sanitaire de Ruyigi où après la réunion de sensibilisation des prestataires de soins pour adhérer au SYNAPS, ceux qui se sont exprimés contre l’adhésion à ce nouveau syndicat ont été mutés loin de leurs familles. Ils se sont vus signifier qu’ils ont violé  l’article 18 de la loi réglementant l’exercice du droit syndical et du droit de grève dans la fonction publique. De plus, d’autres ont été intimidés pour  signer par force les actes d’engagement. Les titulaires des centres de santé sont menacés de perdre leurs postes. Ils ajoutent que ces cadres n’ont pas la compétence de créer un syndicat des travailleurs. Le syndicat est créé par les travailleurs eux-mêmes et pas par les cadres, car ces derniers ont le leur, font remarquer Bukuru et Hakizimana. Tous ces actes ignobles justifient qu’ils veulent démanteler le SYNAPA et le SNTS, martèlent-ils.

Pourquoi  le démantèlement du SYNAPA et du SNTS ?

L’objectif ultime du démantèlement de ces syndicats  est de cacher les malversations et les injustices sociales  qui se commettent  dans le secteur de la santé. On veut que personne n’ose  les dénoncer. La mission majeure du « SYNAPS » est d’étrangler  toute  tentative de contestation de nature à gêner le pouvoir, notamment les arrêts de travail.  Ils veulent  enfermer  les prestataires de soins dans le cachot où personne ne va plus parler, s’inquiètent-ils.

Hakizimana et Bukuru font savoir que ces responsables relevant du ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida se sont heurtés à un mur infranchissable dressé par un personnel de la santé soudé, caractérisé par des valeurs de solidarité, de liberté, d’indépendance, d’autonomie et de dignité. Presque tout le personnel tant syndiqué que non syndiqué a rejeté le projet en criant au scandale, malgré les multiples tentatives d’achat de leur conscience. «Nous profitons de cette occasion pour remercier vivement tout le personnel qui a pu choisir le bien a la place du mal. SYNAPA et SNTS leur demandent de continuer dans la même voie.

Les deux syndicats indiquent que c’est scandaleux de constater que ce sont les directeurs des départements des projets et des programmes de santé, les directeurs des provinces sanitaires, les chefs des districts sanitaires  et les directeurs des hôpitaux qui  veulent semer la zizanie en créant un climat malsain au sein du personnel. Ils veulent couvrir les malversations qui se commettent ici et là dans un pays où la politique de tolérance zéro à la corruption a été proclamée.  Hakizimana et Bukuru certifient que la tentative de tromper le personnel est une volonté délibérée de sous-estimer les travailleurs de la santé et de les prendre comme des inconscients. Ils demandent à l’Ordre des médecins de suivre de près ce qui est entrain de se passer au niveau du corps médical qu’il encadre. Investir dans la division du personnel est une honte pour cette institution. Est-ce que les valeurs éthiques et morales ont été interrogées avant de les nommer aux différents postes de responsabilités ?

Ces deux responsables syndicaux déplorent le silence absolu qui caractérise l’autorité publique qui devrait normalement  faire preuve de respect de la loi qu’elle est censée défendre.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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