Depuis trois ans, le ministère de l’Education a initié la nouvelle approche pédagogique active appelée « pédagogie de l’intégration ». Cela pour le post-fondamental général et pédagogique. La Belgique qui l’appuie via Enabel se réjouit du taux de son adhésion estimé à plus de 75 %. Les enseignants restent sur leur soif et souhaitent des améliorations
La nouvelle approche consiste à permettre à l’apprenant de mieux comprendre et de s’adapter aux contextes socio-économiques du moment et éventuellement de mieux préparer son entrée dans le cycle universitaire ou supérieur ainsi que dans la vie quotidienne.
Le « Projet d’Appui aux Organisations burundaises par le Renforcement des Compétences des Ressources Humaines – Formation des Enseignants » (PAORC-FE) de l’Agence Belge de Développement, Enabel au Burundi, l’accompagne dans sa mise en œuvre. Un appui financier d’un montant de 334.000 euros est mobilisé pour les journées pédagogiques d’avril 2019.

« PAORC-FE appuie deux journées pédagogiques pour 15.000 enseignants du post fondamental depuis trois ans durant les vacances de Pâques et d’été. Les thématiques varient selon les années. Cette année, ces journées pédagogiques se sont déroulées du 22 au 28 avril 2019 et dans 119 communes. Elles étaient centrées sur la thématique de l’évaluation des compétences selon la pédagogie de l’intégration. Ces journées pédagogiques ont été organisées en préparation de l’examen d’Etat 2019 de la 3ème année du post fondamental général », a déclaré Joël LEROY-Phd, coordinateur des projets de formation des enseignants du post-fondamental et d’appui à la formation professionnelle. Il était en visite au lycée de la Convivialité de Kanyosha jeudi le 25 avril 2019 où les enseignants bénéficiaient de la formation sur la pédagogie d’intégration.
Mérite d’un suivi !
« Cela fait trois ans que nous sommes formés dans une même matière. Tous les directeurs, les préfets des études et les enseignants sont mobilisés au cours de ces formations. Ces dernières ne durent que deux jours », déplore un préfet des études à une des écoles secondaires de Bujumbura.
Normalement, réagit le préfet des études, après la formation, on aurait dû être suivi même sur le terrain. Et de regretter que ceux qui enseignent dans les établissements privés ne sont pas sélectionnés comme formateurs.
Pacifique Ntirampeba, enseignante au lycée municipal de Musaga salue l’initiative de vulgariser la nouvelle approche chez l’enseignant. «Maintenant, nous ne pratiquons pas la méthode magistrale où les enseignements sont centrés sur l’enseignant. L’apprenant a aussi la parole», se réjouit-elle.
Mme Ntirampeba se lamente du manque du matériel didactique, des effectifs pléthoriques, des programmes qui dépassent le niveau des apprenants… « Moi par exemple, j’enseigne une classe de 80 apprenants en section des langues. Comme les manuels ne sont pas suffisants, on s’arrange en faisant des photocopies. Ce qui bloque la bonne maîtrise de la matière par nos apprenants. Normalement, l’idéal est que le nombre des apprenants oscille entre 15 et 20 apprenants par classe », fait remarquer Mme Ntirampeba.
Quand la situation parle à l’apprenant
Les enseignants doivent être souples et créer des situations qui contextualisent les cours dans la vie de l’apprenant, indique un formateur.
Pour lui, les enseignants ont du mal à s’adapter à la nouvelle méthodologie d’évaluer les compétences (tenir compte de la pertinence des réponses ou de leur cohérence). Ils utilisent toujours l’ancienne méthode d’évaluer les ressources (la matière vue en classe).
Le formateur rappelle que l’enseignant doit prendre beaucoup de temps pour préparer, enseigner et corriger. Quant à la correction, il invite les enseignants à corriger horizontalement (correction d’une réponse pour tous les apprenants) au lieu de corriger verticalement, c’est-à-dire corriger toutes les réponses chez le seul apprenant.
Le coordinateur des projets de formation des enseignants du post-fondamental et d’appui à la formation professionnelle reconnait les défis dans le système éducatif burundais. Il cite le nombre élevé des apprenants dans les classes, le manque de matériel…Toutefois, les questionnaires renvoyés après les formations sont rassurants. « Il renvoie au taux d’adhésion des enseignants à la nouvelle méthode qui est à plus de 75 % », se félicite Joël LEROY-Phd.
Il incite l’enseignant à tenir compte des paramètres culturels et sociaux.




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