Santé

Pré-éclampsie, ce mal qui menace les femmes enceintes

Étant la 3ème cause de décès maternel après les hémorragies et les infections au niveau mondial, la pré-éclampsie survient au-delà de 20 semaines d’aménorrhée. Un zoom aperçu sur cette maladie

Salvator Harerimana, gynécologue obstétricien et professeur à la faculté de médecine indique que la pré-éclampsie est une hypertension artérielle supérieure à 14 sur 9 associée à une protéinurie, c’est-à-dire une élimination des protéines dans les urines chez une femme enceinte de plus de 20 semaines d’aménorrhée.

Selon lui, l’hypertension artérielle touche 10 à 15% des femmes enceintes et la pré-éclampsie se déclare chez environ  3 à 7 % des primigestes (les femmes enceintes pour la première fois) et chez 1 à 3% des multipares (les femmes qui ont accouché plusieurs fois). Ainsi, 10 à 25% des décès maternels sont liés à la pré-éclampsie et une femme sur 10 qui a une pré-éclampsie risque de décéder.

Une femme sur 10 qui développe une pré-éclampsie risque de déceder.

Un problème lié au placenta

Dr Harerimana précise que le mécanisme  de cette maladie est un problème lié à la vascularisation du placenta. Ce dernier étant l’organe qui permet les échanges entre la mère et le fœtus. Cela veut dire qu’au moment de la formation du placenta, il peut y avoir des anomalies au niveau de la vascularisation du placenta. Et ces anomalies peuvent se manifester  à partir de 20 semaines d’aménorrhée. Ce qui veut dire qu’il va y avoir des conséquences sur la croissance de l’enfant parce que les échanges entre la mère et le fœtus vont être perturbés. Cette perturbation des échanges mère-fœtus pendant la grossesse  va entrainer une hypertension, car le réflexe maternel c’est d’alimenter le fœtus et quand le placenta ne permet pas ces échanges, il y a alors des résistances au niveau du placenta. Ce qui entraine l’hypertension chez la mère à  cause de l’augmentation de la pression pour faire passer les nutriments vers le fœtus. Ainsi, le placenta fait barrière au lieu d’être un organe qui facilite les échanges. Ainsi chez la mère survient un problème cardiaque, rénal, hépatique et même cérébral. Et si le cerveau est atteint, elle développe une crise convulsive. C’est là où on parle d’éclampsie. Le plus grand risque est alors le décès maternel.  Pour le fœtus, il y a une perturbation de la croissance. Ce retard de croissance peut entrainer un décès fœtal intra utérin ou dans les suites de l’accouchement.

Plusieurs facteurs de risque

L’âge est l’un des facteurs de risque surtout pour les grossesses précoces (avant 18 ans) où il peut survenir cette anomalie placentaire ou alors les grossesses tardives à un âge plus avancé (au-delà de 35-40 ans). D’autres sont des facteurs classiques de l’hypertension en général, à savoir les personnes obèses, les diabétiques. Pour ces dernières, il y a risque d’association. Il y également des facteurs génétiques. « Si une maman a fait une pré-éclampsie, une personne dans sa descendance peut avoir contracté la maladie même si ce n’est pas une transmission verticale et que cela est difficile à démontrer. S’il y a des antécédents familiaux, il faut une surveillance plus prononcée », explique-t-il.

Le suivi de la grossesse plus que recommandé

Il se fait dès le début de la grossesse : « Si la tension artérielle est dépistée à temps, il y a moyen de traiter ou de suivre rigoureusement la grossesse afin de ne pas arriver à des signes de gravité ».

La prévention c’est le dépistage précoce, le suivi de la grossesse, la prise de la tension artérielle et quand on a des chiffres tensionnels élevés, on peut donner des traitements pour diminuer la tension. Ce traitement se fait dans le but de prolonger la grossesse au cas où elle est encore jeune pour obtenir une viabilité de l’enfant.

Pour ce professionnel de la santé, si une femme a eu une pré-éclampsie, il y a risque d’en faire pendant la grossesse suivante. Ainsi, il faut une consultation précoce pour la grossesse ultérieure dès les deux mois de grossesse pour faire le diagnostic de la grossesse. « En outre, actuellement, il existe des traitements préventifs au moment de la formation du placenta pour prévenir le mécanisme de formation du problème placentaire. Il s’agit de l’aspirine junior qui est donnée à partir de 12 et 14 semaines d’aménorrhée ». Et de renchérir que si on a fait une pré-éclampsie, on peut ne pas savoir si on avait une hypertension avant. Pour savoir si on n’a pas une hypertension chronique qui persiste, il faut une visite chez son médecin trois mois après l’issue  de la grossesse avec pré-éclampsie. Toute hypertension qui survient pendant la grossesse n’est pas une pré-éclampsie, clarifie Dr Harerimana.

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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