Société

Privés d’éducation, les jeunes réfugiés congolais de Musenyi déchantent

Sur environ 9000 enfants vivant dans les camps de réfugiés congolais Musenyi I et II, seuls 3 000 fréquentent l’école grâce à l’appui des partenaires. Cette situation des enfants et des jeunes dans les camps de Musenyi I et II interpelle. Privés de leur droit fondamental à l’éducation, ils sont exposés à des risques majeurs. Les habitants et les responsables du site lancent un appel pressant aux partenaires et bienfaiteurs pour renforcer l’encadrement, construire des infrastructures adaptées et assurer un suivi durable des actions menées.

Sur environ 9 000 enfants vivant dans les camps de réfugiés de Musenyi I et II, seulement 3 000 sont à l’école.

 

« Sur environ 9 000 enfants vivant dans les camps de réfugiés de Musenyi I et II situés dans la province de Burunga, seulement 3 000 fréquentent les différentes écoles construites par les différentes ONGs dans ces camps. » fait savoir Judicaël Kaburo, secrétaire exécutif de ces sites.  Les quelques écoles construites dans ces camps permettent à une partie des plus jeunes de suivre une scolarité, mais la majorité n’étudient pas.

Dans la cour du site de Musenyi I, des centaines d’enfants et de jeunes en âge scolaire jouent, courent dans tous les sens ou s’occupent sur le terrain de football aménagé dans le camp. D’autres bénéficient de quelques encadrements dispensés par les humanitaires présents.

Comme l’a expliqué Judicaël Kaburo, secrétaire exécutif de ces sites, beaucoup d’enfants qui fréquentaient le secondaire au Congo n’ont pas pu poursuivre leurs études après leur arrivée au Burundi. Ceux qui disposent de moyens financiers peuvent se rendre à Bujumbura pour continuer leur scolarité, mais la plupart n’ont pas cette possibilité.

Une situation plutôt inquiétante

Les enfants de Siyapata Matumaini, n’ont pas échappé à ce calvaire. Ses enfants qui étaient au secondaire au Congo n’ont pas pu reprendre leurs études depuis leur arrivée au Burundi. Les plus jeunes enfants fréquentent l’école primaire à Musenyi II, mais les plus grands demeurent déscolarisés. Parmi eux, certains étaient en 10ème, 8ème et 7ème années au Congo. Cette maman regrette que l’avenir de ces enfants risque d’être compromis. « C’est dangereux d’avoir à la maison des enfants en âge de scolarité, mais qui n’étudient pas. Beaucoup commencent à adopter des comportements inquiétants », regrette-t-elle. Les conséquences de cette situation sont déjà visibles dans ce site : les grossesses non désirées en surnombre, les jeunes livrés à eux-mêmes et les mauvaises influences qui s’installent.

Pour pallier ce défi, quelques organisations non gouvernementales interviennent dans ce secteur. Des organisations comme PSI, SAD et Terre des Hommes encadrent les jeunes sur des thématiques liées à la santé sexuelle et reproductive, à la planification familiale et à la prévention du VIH/Sida. Toutefois, Kaburo regrette que le nombre de bénéficiaires de ces initiatives demeure limité. « Si un partenaire vient ici, il prend quelques jeunes, mais les autres restent à la maison », explique-t- il.

Un autre défi que note Kaburo est le manque de suivi. Les ONGs œuvrant dans ces camps organisent souvent des sensibilisations sur les thématiques comme la cohésion sociale, la cohabitation pacifique, etc. Cependant, le suivi fait défaut. Kaburo regrette que ces actions ne soient pas prolongées par une évaluation de leur impact réel sur les jeunes. « Venir sensibiliser puis repartir sans vérifier si ce qui a été enseigné est mis en pratique, c’est un défi de taille », souligne-t-il.

Selon lui, des centres de formation professionnelle seraient nécessaires pour encadrer les jeunes réfugiés congolais dans différents métiers. Cela permettrait de réduire le vagabondage, la violence et l’ignorance dont ils sont victimes.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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