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Projet « Tuyage » : Les informations économiques dans le champ de mire

Les médias sont invités à multiplier les informations d’aspect économique par rapport à d’autres sujets. Nadia Nintunze, Responsable du Projet « Tuyage » au sein de l’ONG Search for Common Ground l’a indiqué mercredi le 24 juillet 2019 lors d’un atelier de réseautage entre les responsables des médias et ceux des institutions publiques et privées. Selon elle, ce projet vise à accroître l’accès à l’information et aux discours économiques 

« Le projet « Tuyage » a été initié parce qu’il a été constaté que l’espace médiatique burundais est beaucoup plus occupé par les questions politiques et sécuritaires, mais que les questions économiques avaient une faible marge alors que ce sont elles qui ont un intérêt commun et qui intéressent la population d’une manière générale», fait savoir Nadia Nintunze, Responsable de ce Projet au sein de Search For Common Ground (SFCG). Selon elle, le projet est venu combler cet espace qui manquait par rapport à la couverture médiatique des questions économiques. Elle ajoute que le but de ce projet est de générer une culture de discussion et d’échange sur des questions et des opportunités économiques qui sont partagés par tous les Burundais afin que tous puissent participer de manière inclusive au développement économique du pays. Elle déplore que certains médias aient du mal à parler des questions économiques par manque de capacités. Pour elle, c’est une culture qu’on peut inculquer aux médias.

Nadia Nintunze, Responsable du Projet « Tuyage » : « Nous connaissons les défis que rencontrent les médias pour couvrir les questions économiques »

Une autre idée développée dans ce projet c’est de travailler sur des messages économiques qu’il faut faire passer à travers les acteurs de plusieurs secteurs, notamment le secteur public, le secteur privé, les organisations de la société civile, les représentants des associations des jeunes et des femmes. Mme Nintunze les invite à s’asseoir ensemble et à réfléchir sur des questions d’intérêt commun du point de vue économique et de faire un clin d’œil. 

Difficultés d’accès aux sources d’information par les médias

Les médias sont confrontés au manque de moyens financiers pour accéder aux sources d’informations économiques surtout à l’intérieur du pays, Mme Nintunze reconnait cette situation. « Nous connaissons les défis que rencontrent les médias pour couvrir les questions économiques. Nous avons 16 médias partenaires qui travaillent avec le projet et trois journaux. Nous voulons accroître ce partenariat avec les autres médias », informe-t-elle. Et pour pallier à ce défi, elle a indiqué qu’à travers ce projet «Tuyage », il y a des co-productions réalisées par les médias partenaires et qui passent aussi bien dans le milieu urbain qu’à l’intérieur du pays. A travers ces coproductions qui sont orientées vers les questions économiques, poursuit-elle, l’entrepreneuriat occupe une place de choix. Il y a aussi des opportunités pour parler des questions économiques aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. 

Les médias, un partenaire privilégié

« Les médias disent ne pas être au courant de certaines informations économiques ou de leur accès », s’inquiète Mme Nintunze. Face à cela, elle donne des éclaircissements. Ce projet y concentre beaucoup d’efforts pour que tout le monde ait un accès facile à ces informations économiques. Elle estime travailler avec les médias parce que, rassure-t-elle, c’est un secteur qui est plus proche de la population. Ils sont capables de fournir les informations économiques à une grande partie de la population que le projet ne peut même pas rencontrer à lui seul. A trois ans d’activités, explique Nintunze, le projet a dispensé des formations à des journalistes issus de dix-neuf (19) médias dont seize (16) radios et trois (3) presse écrite partenaires sur les techniques de collecte et de traitement des informations économiques, la réalisation des émissions pour mieux disséquer ces types d’informations par rapport aux questions économiques. Certaines émissions et publications ont été déjà produites. 

Les responsables des Médias, des Institutions Publiques, Para-publiques et Privées conviés à l’atelier de réseautage

Les acteurs économiques publics et privés conviés à cet évènement ont répertorié des messages qu’ils jugent utiles et que les médias sont invités à développer pour améliorer les discours économiques. Il s’agit entre autres de la création des micro-entreprises, de l’accès à l’information sur les opportunités opportunités pour la création de l’emploi des jeunes, de l’inclusivité jeunes-femmes dans la prise des décisions qui concernent les activités des entreprises, de l’éducation à l’entrepreneuriat, la valorisation des produits locaux pour la création de l’emploi, etc. 

Des formations pour la production des informations de qualité

La formation dispensée par le projet « Tuyage » s’inscrit dans l’optique d’élargir le cadre des journalistes professionnels capables de produire une information de qualité, non politisée sur les problématiques économiques, explique Jérôme Niyonzima, Coordinateur Médias au sein de Search For Common Ground. Ainsi, les journalistes formés font montre d’une capacité accrue à fournir une information qui réponde à l’intérêt public sur les questions économiques, de manière claire, compréhensible et pertinente.  Ils sont aussi capables de faire écho du contexte économique au niveau national et régional (EAC) et de mener un débat et une analyse sur les questions économiques. Il a précisé que les termes utilisés dans le débat politique à travers les médias Burundais se sont élargis par rapport au débat économique traditionnellement politisé/ethnisé et orienté vers la sécurité au niveau national ainsi que dans le contexte régional. Il ajoute que cela vise aussi la promotion de la mise en réseau des jeunes avec des acteurs économiques performants parmi toutes les franges de la société pour renforcer l’entrepreunariat.

Frédéric Nahimana, Ministre de la Communication et des Médias : « Nous pensons que désormais les discours économiques vont être plus développés dans les médias »

Les informations économiques privilégiées 

Frédéric Nahimana, Ministre de la Communication et des Médias salue les réalisations du projet « Tuyage ». Il explique que le volet économique coïncide avec la stratégie de communication pour le développement que son ministère est en train d’élaborer.  « Dans les médias, nous étions habitués à une communication institutionnelle. Actuellement, nous avons décidé d’adopter la stratégie de communication pour le développement. Nous pensons que désormais les discours économiques vont être plus développés dans les médias », a-t-il précisé. Il a souligné le constat du déséquilibre entre les informations politiques et les informations économiques diffusées par les médias. Il a exprimé le souhait qu’une information économique soit diffusée d’une manière plus large parce que, rassure-t-il, la politique occupe une petite catégorie de gens tandis que l’économie occupe presque tout le monde.

Elysée Niyubahwe, Directeur de la Radio Umuco FM : « Nous ne traitions pas des questions liées à l’économie. Celà s’explique par le fait que ces radios n’ont pas de journalistes qui ont fait l’économie dans les universités »

Journalistes économistes, un personnel rare

« Ce projet est très important pour nous en tant que radio communautaire. La plupart des médias parlent des informations liées à la politique et à la société. Nous ne traitions pas des questions liées à l’économie. La raison est que ces radios n’ont pas de journalistes qui ont fait l’économie dans les universités », déplore Elysée Niyubahwe, Directeur de la Radio Umuco Fm basée à Ngozi. Selon lui, il est difficile qu’un économiste fasse un stage de six mois sans le moindre encouragement financier. M.Niyubahwe se réjouit des formations que ses deux journalistes ont déjà bénéficié de la part du projet « Tuyage ». Ils font des productions ou coproductions d’informations liées à l’économie.  D’autres journalistes pourront bénéficier de cette formation en matière de traitement des questions liées à l’économie. Il veut que le SFCG continue à dispenser des formations à nos journalistes. « Nous voulons que nos journalistes puissent travailler avec les associations paysannes et les coopératives qui sont implantées sur les collines du pays » souligne Niyubahwe. Dans ce cas, ajoute-t-il, il faudra quelqu’un qui soit formé en matière de gestion des coopératives et qui peut animer des émissions en la matière.

Remise d’un appui d’équipements médiatiques à 16 radios partenaires dont la radio communautaire Ijwi ry’Umukenyezi basée en commune Giheta

Le secteur économique s’en réjouit

« Nous avons constaté avec les responsables des médias que les questions économiques avaient été partiellement oubliées par les médias. Il y a peu d’informations économiques qui circulent à travers les médias. Ce cadre va certainement permettre la multiplication des émissions et programmes sur l’économie, des reportages d’actualités économiques et sur les questions fiscales », souligne Stany Ngendakumana, Directeur de la Communication et des Services aux Contribuables à l’OBR. Selon lui, c’est un cadre qui va permettre le renforcement de la conscience sur les questions fiscales. Avec la conscience des médias et des journalistes eux-mêmes, M.Ngendakumana rassure que son institution va changer la société burundaise sur les valeurs qui conduisent à la conscientisation où au civisme fiscal. Ce qui va améliorer la collecte des recettes et accélerer le développement de notre pays.

Ainsi, dans le souci de continuer à accroitre l’accès à l’information économique, le projet « Tuyage » a remis un appui d’équipements médiatiques à 16 radios partenaires. Cet appui équivaut à plus de 60 millions de FBU.

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Journal Burundi Eco.

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