Les hommes sont victimes de pas mal de violences basées sur le genre. Les statistiques l ’étayent mieux. Ils sont battus violemment par leurs épouses. Ils n’accèdent pas facilement au trésor familial. L’accès au sexe n’est pas facile. Et d’ajouter la violence psychologique.

Boniface Nduwimana, président de l’association «Homme en détresse » basée à Kayanza ꓽ «Comme les femmes ne cessent d’être victimes des violences basées sur le genre, les hommes ne le sont pas moins»
Comme les femmes ne cessent d’être victimes des violences basées sur le genre, les hommes ne le sont pas moins, déplore Boniface Nduwimana, président de l’association «Homme en détresse » basée à Kayanza.
Il alerte que les statistiques montrent que les cas de VBGs commises à l’endroit des hommes évoluent crescendo. En 2021, cette association en a enregistré 96, 111 en 2022 et 126 en 2023. En 2024, elle a enregistré 69 cas et 40 cas de janvier à mai 2025.
Selon lui, ces chiffres montrent que les hommes sont menacés par les femmes, car le champ est vaste. Il ne se limite pas ce ne sont pas seulement aux cas cités. Il y a beaucoup d’hommes victimes des VBGs qui n’osent pas le dire à haute voix. Ils préfèrent se taire et gérer cela en famille. Il précise que la majorité de ceux qui s’adressent à cette association sont originaires de Kayanza, car il leur est facile d’y accéder.
Quid des VBGs rencontrées chez les hommes ?
Selon Nduwimana, les violences auxquelles les hommes sont confrontés sont de quatre sortes comme c’est le cas chez les femmes. Premièrement, ils subissent des violences physiques, surtout lorsqu’ ils sont à l’âge avancée. A cette période, l’homme ne donne pas les ordres comme il veut, car ses enfants sont déjà adultes. Et son épouse tente souvent de créer un point de discorde entre le papa et ses enfants. S’il hausse le ton, l’homme est alors violemment battu, indique Nduwimana.
Deuxièmement viennent les violences centrées sur la gestion du trésor familial (violences économiques), argue-t-il. La loi dit que ce trésor appartient au couple. L’homme n’a même pas le droit d’aliéner un bien qu’il a lui-même acheté sans l’aval de son épouse. Nduwimana explique alors qu’un effectif non négligeable d’hommes trépassent suite au manque de moyens financiers pour se faire soigner, car leurs femmes les ont empêchés de vendre leurs vaches ou leurs petits lopins de terre pour se procurer ces moyens.
Troisièmement viennent les violences basées sur le sexe (violences sexuelles), fait savoir Nduwimana. L’accès à ce besoin est conditionné comme c’est le cas pour celles qui pratiquent le vieux métier du monde. Certaines femmes obligent leurs maris de leur acheter des bijoux pour accepter de coucher ensemble. On leur demande des véhicules, des pagnes, des téléphones, etc. Elles considèrent le sexe comme un produit à vendre. Selon Nduwimana, c’est la raison pour laquelle certains hommes recourent aux femmes à multiples partenaires pour se soulager.
La quatrième est la violence psychologique (ituntuzamutima), argue-t-il. Si l’homme rentre les mains vides, la femme l’accueille comme un vaurien (ngico kiraje). Il est déconsidéré et dévalorisé.
Elle apprécie les autres hommes de son voisinage qui sont pognés (abagabo ni banaka). L’homme est alors stressé et devient la proie facile de certaines maladies telles que le diabète, l’hypertension, etc.
Cela conduit l’homme à adopter un comportement qui n’est pas des plus dignes. Certains préfèrent consacrer un long temps aux cabarets. Ils font de la sainte mousse et du billard leur refuge. Quand ils rentrent, ils ne partagent pas le lit avec leurs épouses. Leurs véhicules leur servent de couche.
La contribution de l’association « Homme en détresse » pour gérer ces situations
Nduwimana fait savoir que l’association qu’il représente contribue beaucoup à la gestion de ces situations. Elle écoute les victimes et leur propose des pistes de solution pour sortir de cette crise de confiance qui les éloignent de leurs épouses. Elle contribue aussi à la prise en charge sanitaire de ces derniers et 10 victimes masculines des VBGs ont été soignées grâce à l’association «Homme en détresse». Et d’ajouter la gestion des procès. 13 procès sur 33 en cours de traitement dans les instances judiciaires ont été clôturés et cela en faveur des hommes victimes des VBGs.
Pourtant, Nduwimana s’inquiète du fait que cette association est confrontée au manque de moyens financiers pour assister les hommes victimes des VBGs. De plus, se déplacer pour secourir les victimes rapidement est un casse-tête, car cette association ne dispose pas de moyens de déplacement.
Les autorités de la circonscription de Kayanza reconnaissent que les hommes sont autant victimes des VBGs que les femmes. Ils sont battus, brûlés et même tués par leurs épouses. C’est pour cela que des réunions à l’endroit de la population ne cessent d’être organisées pour éviter que ce calvaire puisse se perpétuer.




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