Entrepreneuriat

Rafles de maïs : Du rejet à la transformation

A Rutana, dans la province de Burunga, Violette Ntirampeba, 38 ans, mère de six enfants a initié un projet agroalimentaire unique: produire du tourteau à partir des parties de maïs habituellement rejetées ou utilisées dans la cuisson des aliments : les rafles de maïs(ibitiritiri). Malgré un long chemin bourré d’embûches, elle continue à se battre pour la concrétisation de ses rêves.

Le projet de développement de Violette Ntirampeba consiste à fabriquer du tourteau à partir des rafles de maïs.

 

Dans un contexte où les opportunités professionnelles sont rares et où les jeunes peinent à trouver leur voie, Violette Ntirampeba, 38ans, résidant dans la commune de Rutana, province de Burunga a su puiser dans son environnement une source d’innovation. Son projet de développement consiste à fabriquer du tourteau à partir des rafles de maïs.

Ce féru de tout ce qui provient du maïs a commencé à penser à la manière de consommer entièrement le maïs sans en jeter la moindre partie. « J’ai goûté les racines, le tronc et même les feuilles: chaque partie avait un goût agréable. J’ai donc conclu qu’on pourrait tout consommer. J’ai alors essayé de moudre la rafle de maïs, j’ai préparé la pâte avec la farine qui en est sorti, mais elle n’avait pas bon goût. Je l’ai ensuite donné aux porcs qui ont adoré. C’est à ce moment-là que m’est venue l’idée d’utiliser la rafle de maïs pour fabriquer des aliments pour bétail », se souvient-elle.

Une véritable aventure

Elle raconte qu’étant encore jeune, elle avait gardé cette idée dans son esprit sans jamais la mettre en œuvre faute de moyens. Après son mariage, lorsque sa situation économique s’est dégradée, Violette Ntirampeba s’est tournée vers ce projet comme une lueur d’espoir. Elle a commencé à collecter les rafles de maïs que les autres jetaient dans la nature, les a fait sécher et s’est préparée à les transformer.

Un jour, elle a lu un communiqué du PAEEJ appelant les jeunes à soumettre leurs projets innovants pour participer à une compétition. Elle s’est inscrite sans trop croire à ses chances, mais son idée originale lui a permis de décrocher la première place dans la commune de Rutana. Elle a ainsi obtenu un financement de 9 millions de francs burundais. Une somme qui allait lui permettre de franchir un cap.

Avec cet appui, fonds, elle a constitué une coopérative de jeunes. L’un d’eux a proposé d’importer une machine depuis l’Ouganda pour moudre les rafles de maïs. Malheureusement, après avoir reçu une avance de 4 millions de FBu, celui-ci a détourné les fonds pour son propre projet et a pris la clé des champs. Cette déconvenue a coûté cher à la coopérative. « Nous l’avons recherché pendant longtemps avant de le dénicher. Il nous a remboursé l’argent, mais trop tard: les matières premières que nous avions collectées avaient déjà pourri », déplore-t-elle.

Mille et un défis

Faute de machine, Mme Ntirampeba et ses coopérants ont décidé de travailler à la main. Une fois la semaine, chaque membre apporte son mortier et ensemble, ils produisent le tourteau manuellement. Jusqu’à présent, ils n’ont pas engrangé de bénéfices, mais leur clientèle s’élargit progressivement, notamment parmi les éleveurs qui perçoivent une réelle valeur ajoutée dans cet aliment. « Puisque nous utilisons des moyens rudimentaires, nous ne pouvons pas satisfaire la demande », regrette-t-elle.

Comme l’indique Mme Ntirampeba, dans la mise en œuvre de son projet, les défis sont nombreux. « D’abord, les gens préfèrent les produits importés. Lorsqu’on fabrique quelque chose localement, ils ne l’achètent pas facilement et cela constitue une barrière », dit-elle. Elle évoque ensuite le fait que de nombreux jeunes ne veulent plus travailler dur. Ils veulent engranger des gains immédiats sans fournir des efforts conséquents. « Beaucoup ne réalisent pas la réalité de notre époque et refusent le travail manuel, espérant un emploi dans l’administration alors que ce n’est plus évident », explique-t-elle.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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