Finance

Recettes de l’Etat : Comment les maximiser ?

L’Assemblée nationale a tenu mercredi le 29 octobre 2025 une séance plénière consacrée à l’examen des rapports de performance et d’exécution budgétaire du troisième et du quatrième trimestre de l’exercice 2024-2025. A cette occasion, le ministre des Finances, du Budget et de l’Economie Numérique, Alain Ndikumana, a été invité à présenter la situation des recettes et des dépenses de l’Etat.

Malgré les progrès réalisés, le ministre en charge des finances Alain Ndikumana a admis que certains obstacles continuent d’entraver une hausse notable des recettes.

 

A l’occasion de la présentation des rapports de performance et d’exécution budgétaire du troisième et du quatrième trimestre de l’exercice 2024-2025, les députés ont demandé au ministre en charge des finances de prendre toutes les mesures nécessaires pour redresser les finances publiques, tout en lui assurant leur soutien dans la mise en œuvre de ses réformes.

Le rapport présenté à l’Assemblée nationale montre clairement comment les recettes ont été perçues et comment elles ont été utilisées au cours des deux derniers trimestres. Selon les constats faits, plusieurs institutions publiques éprouvent encore des faiblesses dans la gestion des fonds alloués, certains services utilisant les ressources de l’Etat en dehors des programmes budgétisés.

Le ministre Alain Ndikumana a reconnu l’existence de ces insuffisances tout en soulignant les efforts déjà engagés pour améliorer la situation. Il a indiqué que le gouvernement a mis en place de nouvelles machines électroniques pour la facturation des ventes, introduit les paiements électroniques aux postes de douane pour les marchandises importées, renforcé les contrôles sur les camions transportant des produits depuis l’étranger et entrepris le recouvrement forcé des impôts et taxes dus à l’État.

Un appel à revoir certaines politiques sociales

Malgré ces avancées, le ministre Ndikumana a reconnu que des obstacles freinent encore l’augmentation significative des recettes publiques. Il a notamment pointé du doigt le coût élevé des programmes de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et pour les femmes enceintes. Selon lui, ces programmes, bien qu’ils soient socialement louables, pèsent lourdement sur le budget de l’Etat et manquent de clarté dans leur application. « Les factures que nous recevons des hôpitaux ne sont pas toujours justifiées, et certaines femmes bénéficiaires ont les moyens de payer », a-t-il expliqué.

Le ministre estime qu’il serait plus équitable de réserver la gratuité des soins aux familles réellement démunies, afin de limiter les dépenses publiques injustifiées. Il a insisté sur la nécessité de revoir en profondeur ce programme, affirmant que sa mise en œuvre actuelle « manque de transparence et de cohérence ».

Pour illustrer son propos, Alain Ndikumana a cité un exemple personnel : « Je n’ai rien contre la gratuité des soins, mais je ne comprends pas pourquoi, en tant que ministre, ma femme devrait accoucher gratuitement, tout comme celle du chef de l’Etat ou d’autres femmes aisées. L’Etat devrait se concentrer sur les citoyens ordinaires. »

Le ministre a également plaidé pour une révision du système de subvention des engrais agricoles ainsi que des exonérations fiscales accordées à certains investisseurs. Selon lui, il est nécessaire de repenser la loi qui régit les dépenses publiques, car « les raisons justifiant les décaissements peuvent être facilement modifiées, entraînant l’abandon de certains projets pourtant budgétisés ». Ces pratiques, a-t-il souligné, fragilisent la discipline budgétaire et empêchent l’Etat d’atteindre les objectifs fixés.

L’Assemblée nationale formule moult recommandations

A l’issue de la présentation du ministre, les députés ont recommandé que toutes les actions possibles soient entreprises pour augmenter les recettes publiques. Ils ont demandé la poursuite de la digitalisation des services de collecte des impôts et taxes, l’application effective de la fiscalité sur les boissons produites localement comme sur celles importées ainsi que la construction des bâtiments publics appartenant à l’Etat afin de réduire les dépenses de location.

Les parlementaires ont également appelé à un audit approfondi des institutions publiques comme CIAP et ANAGESSA qu’ils jugent responsables de certaines difficultés économiques. Ils ont insisté sur la nécessité de mieux gérer les fonds destinés aux projets de développement financés par les partenaires comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international, soulignant que les retards dans leur exécution nuisent à l’image du pays.

Le président de l’Assemblée nationale, Gélase Ndabirabe a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’introduire des sanctions claires dans la prochaine loi de finances contre toute personne qui ne respecterait pas les règles d’exécution budgétaire. Il a dénoncé la pratique consistant à modifier, à la dernière minute, les plans d’action déjà adoptés afin d’utiliser les fonds publics pour des activités non prévues. « Les changements de dernière minute dans les programmes budgétisés doivent être bannis », a-t-il martelé.

Mots-clés :
A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

Fuite des cerveaux, la cherté de la vie y contribue beaucoup

Fuite des cerveaux, la cherté de la vie y contribue beaucoup

L’ampleur des fonctionnaires qui sont en train d’abandonner leur métier pour aller chercher de l’emploi dans les autres pays en Afrique, en Europe, en Asie, etc en vue d’améliorer leurs conditions de vie inquiète plus d’un. Les secteurs les plus touchés sont l’éducation et la santé.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 702

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

Fuite des cerveaux, la cherté de la vie y contribue beaucoup

Fuite des cerveaux, la cherté de la vie y contribue beaucoup

L’ampleur des fonctionnaires qui sont en train d’abandonner leur métier pour aller chercher de l’emploi dans les autres pays en Afrique, en Europe, en Asie, etc en vue d’améliorer leurs conditions de vie inquiète plus d’un. Les secteurs les plus touchés sont l’éducation et la santé.
  • Journal n° 702

  • Dossiers Pédagogiques