Développement

Retard dans la facturation de l’eau en Mairie de Bujumbura, Quatre conséquences fâcheuses

Le retard pris dans le relevé des factures de la consommation de l’eau inquiète les consommateurs. Ils affirment que ce sont eux qui paient les pots cassés et demandent que le temps de remboursement soit rééchelonné

Noël Nkurunziza, secrétaire général et porte-parole de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) : « Les produits vendus par la Regideso sont des produits vitaux. L’eau c’est la vie tandis que l’électricité est liée au développement et à la santé des ménages. Il serait alors mieux de ne pas prendre à la légère la gestion et l’organisation de cette société »

« Le relevé des factures de la consommation de l’eau est problématique au niveau de la Regideso. Celle-ci peut passer toute une année sans faire de relevés et facturer les consommations de l’eau», déplore Noël Nkurunziza, secrétaire général et porte-parole de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO).

Pour lui, la Regideso sort des factures fictives basées sur les consommations des périodes antérieures. Il fait remarquer que celles-ci sont soit au-delà ou en deçà de la réalité et que leur distribution est aléatoire.

Comme première conséquence fâcheuse, indique M. Nkurunziza, une facture cumulée à la Regideso met le consommateur dans une tranche trop chère étant donné que la facturation est échelonnée selon le niveau de la consommation. « Le responsable de l’erreur est la Regideso », précise-t-il.

La deuxième conséquence fâcheuse, selon M.Nkurunziza, c’est quand on va acheter l’électricité. « La Regideso refuse de vous la donner soi-disant que vous avez une facture à régler au niveau de l’eau », regrette-t-il. Pourtant, explique toujours M.Nkurunziza, au lieu que la Regideso assume parce qu’elle n’a pas fait son devoir, elle sanctionne le consommateur.

« La troisième conséquence est le règle d’un désordre organisationnel au niveau des finances des ménages », s’alarme M.Nkurunziza. Si on devrait réserver 10 mille FBu par mois, informe-t-il, pour payer la facture de la Regideso et que cette dernière vienne après une année, on ne va pas uniquement payer 120 mille FBu (10 mille FBu x 12 mois).

Vous allez tomber dans des tranches plus chères et payer plus.

« Dans la conjoncture économique actuelle, il sera difficile de payer 120 mille FBu d’un coup. Et cette somme s’ajoute à la facture ordinaire, qui à son tour, est lourde », poursuit M.Nkurunziza.

La quatrième conséquence fâcheuse c’est lorsque la Regideso vient couper les équipements de comptage et de facturation. Il dit que pour les rebrancher, la Regideso impose des amendes avec des sollicitations allant dans le sens de la corruption (demande des moyens de déplacement pour venir rebrancher les équipements).

Une problématique à ne pas prendre à la légère

M.Nkurunziza rappelle que les produits vendus par la Regideso sont des produits vitaux. Pour lui, l’eau c’est la vie tandis que l’électricité est liée au développement et à la santé des ménages. Il serait alors mieux, selon toujours M.Nkurunziza, de ne pas prendre à la légère la gestion et l’organisation de cette société.

Il estime par ailleurs que ce qui se passe à la Regideso est une manœuvre qui cache beaucoup d’irrégularités organisationnelles et de gestion. M.Nkurunziza fait savoir par exemple que même ceux qui sollicitent des équipements à installer, pas mal de matériaux sont achetés par le client lui-même. « Pourtant ils sont dans le devis qu’on devrait payer. De cela, on peut conclure qu’il y a des manœuvres frauduleuses. Cela parce que les produits qui se trouvent dans le stock de la Regideso sont supposés être déjà vendus alors qu’ils n’ont pas été livrés », martèle-t-il.

M.Nkurunziza témoigne que le grand problème de la Regideso est qu’il n’y a pas un représentant des consommateurs syndiqués dans le conseil d’administration. D’où une refonte de l’organisation administrative et technique de la société s’avère nécessaire. Concernant ce retard dans la facturation, il recommande que le temps de paiement des arriérés soit supérieur au temps attendu pour facturer.

La Regideso réagit

Burundi Eco a cherché à joindre la Regideso pour qu’elle puisse s’exprimer sur la problématique de la facturation, mais en vain. Cependant, le 12 juillet 2018, Siméon Habonimana directeur général de la Regideso a donné des éclaircissements à ce sujet aux quelques médias invités lors d’une descente effectuée en mairie de Bujumbura et dans les collines surplombant la capitale.

M. Habonimana a annoncé que le retard dans les facturations est dû à l’insuffisance des agents releveurs des indices  qui sont à 15. Il tranquillise que ceux-ci seront bientôt augmentés jusqu’à une quarantaine. D’ailleurs,  confirme-t-il, les nouveaux agents releveurs d’indices sont en train de bénéficier d’une formation de courte durée. Ils vont être déployés sur le terrain d’ici peu.

« Sur le retard dans la facturation qui pourrait  faire basculer les clients dans la catégorie des grands consommateurs, la direction commerciale de la Regideso s’est déjà penchée sur la question. Personne ne sera victime d’une situation dont elle n’est pas responsable », conclut M.Habonimana.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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