Développement

RN16 : Le bitumage partiel déjà porteur d’espoir pour les habitants de Ryansoro

A Ryansoro, dans le centre du Burundi, le bitumage progressif de la Route nationale numéro 16 (RN16) suscite une vague d’enthousiasme. Le tronçon Taba–Gakuba, désormais asphalté, marque une avancée majeure pour les habitants. Si les travaux se poursuivent en direction de Kibaya, les premiers effets positifs se font déjà sentir, notamment dans la mobilité, le transport public et la perception même de la ruralité.

Grâce au bitumage partiel de la RN16, les agences de transport commencent à s’intéresser à la localité de Ryansoro, où l’agence Safari fait figure de pionnière.

 

Située au cœur du Burundi, la Route nationale numéro 16 (RN16) reliant l’ancienne province de Bururi à Gitega, entame une nouvelle ère. En chantier depuis plusieurs années, cette voie stratégique connait un progrès significatif : le tronçon reliant Taba à Gakuba a été officiellement remis à l’Etat burundais et est pleinement opérationnel pour les usagers de la route.

Actuellement, les travaux se concentrent sur le segment traversant l’ancienne commune de Ryansoro jusqu’à la colline de Kibaya. De Mahwa à Kibaya, bien que non totalement achevée, la route est globalement asphaltée, permettant une circulation fluide. Dans cette région longtemps enclavée, les effets bénéfiques de cette infrastructure routière se manifestent déjà au quotidien.

« Ubu dusigaye turi mu muji : désormais, nous vivons en ville,ndlr », lance avec un sourire aux lèvres une jeune femme rencontrée à Kibaya, où les travaux marquent pour l’instant le terminus du bitumage. Une phrase simple, presque anodine, mais qui résume l’ampleur du changement vécu par cette communauté. Pour beaucoup, il s’agit d’un tournant historique. C’est la première fois que cette zone bénéficie d’une route goudronnée.

Le transport révolutionné

L’impact le plus visible se constate dans le secteur du transport. L’agence Safari, spécialisée dans le transport en bus de type Coaster, a implanté des points de vente à Kavumu et à Kibaya, dans la localité de Ryansoro. L’ouverture de ces guichets témoigne d’un regain d’intérêt des compagnies de transport pour cette route autrefois quasi-délaissée en raison de son mauvais état.

« Les voyageurs préfèrent nos bus, car le prix est plus abordable par rapport aux véhicules de type Hiace », explique un agent de l’agence Safari rencontré à Kavumu. Un billet entre Bujumbura et Kavumu coûte 17 000 BIF. Cette accessibilité tarifaire attire non seulement les résidents de Ryansoro, mais aussi les voyageurs venant des zones voisines, comme ceux en provenance des environs du chef-lieu de la commune Gishubi.

« J’assure souvent le transport des personnes entre Gishubi et Kavumu. Je les dépose à Kavumu pour 5 000 BIF. Ensuite, elles prennent le bus de l’agence Safari à 17 000 BIF pour Bujumbura. Cela leur revient à 22 000 BIF, contre 30 000 à 40 000 BIF si elles utilisaient un Hiace ou une Probox depuis Gishubi », témoigne un conducteur de taxi-moto qui nous a fait découvrir la localité de Kavumu. Pour lui, la RN16 nouvellement praticable est une opportunité économique autant qu’un soulagement logistique.

La tendance s’observe également chez les bus qui desservent Gishubi depuis la capitale économique. Longtemps réticents à emprunter la RN16 en raison de son mauvais état, ces véhicules préféraient faire un détour par Kibaya, Nyangwa et la RN18 en direction de Nyakararo. Aujourd’hui, ce détour n’est plus nécessaire.

Bien que le bitumage complet de la RN16 soit encore en cours et que plusieurs tronçons demeurent à goudronner, les espoirs sont déjà palpables. Habitants, commerçants et transporteurs s’accordent à dire que la transformation est en marche. Lorsque les travaux arriveront à leur terme, c’est une véritable révolution dans la mobilité qui se dessinera entre Bururi et Gitega. « Une fois la route entièrement bitumée, ce sera un soulagement pour nous tous, que ce soit pour les déplacements, les activités économiques, etc. », confie un habitant de Ryansoro rencontré au marché de Kavumu.

Pour différents habitants de Ryansoro et Gishubi, la RN16, longtemps associée à la poussière, aux nids de poule ou aux boues et à l’isolement, devient peu à peu un symbole d’espoir. Si sa modernisation reste incomplète, les avancées concrètes enregistrées à Ryansoro et dans ses environs sont déjà perçues comme une victoire. Dans un pays où les routes demeurent un enjeu majeur pour le développement local, chaque mètre de bitume posé est un pas vers un avenir plus connecté, plus accessible et plus prometteur.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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