Développement

RN9 : deux ans de travaux, mais une route qui peine à convaincre

Alors que les travaux de réhabilitation de la Route Nationale n°9 (RN9) devaient s’achever après deux ans, leur rythme suscite de nombreuses interrogations. Entre poussière, nids-de-poule, déviations et lenteur du chantier, les usagers expriment leur lassitude face à une route qui demeure difficilement praticable.

La réhabilitation de la route nationale RN9, au niveau tronçon reliant le rond-point des Nations unies au quartier Carama à Bujumbura, avance à un rythme jugé insatisfaisant par les usagers, avec des travaux qui suscitent des inquiétudes quant au respect des délais et à la qualité des réalisations.

Sur le tronçon reliant le rond-point des Nations Unies au quartier Carama en passant par Mutakura, les travaux de réhabilitation de la RN9 avancent à un rythme que de nombreux usagers jugent insuffisant. Lors d’un constat effectué par Burundi Eco mercredi le 29 juillet 2026, seules quelques équipes étaient visibles à Kinama, où elles poursuivaient la construction des caniveaux. Dans le même temps, des camions transportaient des pierres destinées au chantier et évacuaient les terres excavées.

Un autre chantier attire particulièrement l’attention : la construction d’un pont à Kinama dans la localité communément appelée « Main-d’œuvre ». Les travaux sont en cours depuis plusieurs semaines. Afin de permettre leur exécution, la circulation a été temporairement interrompue à cet endroit. Les automobilistes, les motocyclistes et les autres usagers sont ainsi contraints d’emprunter des voies de déviation traversant les quartiers environnants avec tous les désagréments que cela entraîne.

Dans son ensemble, la RN9 reste praticable. Toutefois, son état laisse à désirer. Les couches de carrière déposées au début des travaux se sont fortement dégradées. La chaussée est aujourd’hui parsemée de nombreux nids-de-poule qui compliquent la circulation et ralentissent les déplacements.

Poussières et dégradations compliquent le quotidien

En cette saison sèche, la poussière constitue l’une des principales préoccupations des riverains et des usagers. Au passage des véhicules, d’importants nuages de poussière se soulèvent, réduisant la visibilité et rendant les déplacements particulièrement inconfortables.

Pour plusieurs habitants rencontrés sur place, la RN9 est probablement devenue l’une des routes les plus poussiéreuses de Bujumbura. Les commerces installés le long de cet axe, les habitations ainsi que les piétons sont directement exposés à cette situation qui perdure depuis plusieurs semaines. La lenteur apparente des travaux alimente également les inquiétudes. Les personnes interrogées par Burundi Eco estiment que les réalisations visibles restent limitées au regard du temps déjà écoulé depuis le lancement du projet.

« Même si je ne suis pas technicien dans ce domaine, il est difficile de comprendre comment une route de moins de dix kilomètres peut nécessiter plus de deux ans de travaux sans qu’on observe des avancées significatives. A ce rythme, une route de 100 km prendrait une éternité », déplore un motard rencontré sur les lieux.

Même constat chez Yasmine, une habitante des environs. Selon elle, un chantier est toujours préférable à une route abandonnée, mais encore faut-il qu’il progresse. « Une route en chantier, c’est bien. Mais un chantier qui semble interminable finit par susciter des doutes. On risque de voir une montagne accoucher d’une souris », lance-t-elle.

Un projet stratégique attendu par les usagers

Les travaux de réhabilitation de la RN9 ont démarré le 1er juin 2024. Initialement, ils devaient durer deux ans. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation du port de Bujumbura et de ses voies d’accès. Selon les informations émouvantes de ce projet, près de 9 km de route doivent être aménagés entre le port de Bujumbura, la Brarudi, le marché « chez Sion », le marché dit « Cotebu », le rond-point des Nations Unies jusqu’à la rivière Gikoma. Ce projet prévoit la construction d’une route à deux chaussées afin d’améliorer la fluidité du trafic sur cet axe stratégique de la capitale économique. Le financement du projet est assuré conjointement par la Banque Africaine de Développement (BAD), l’Union Européenne (UE) et le gouvernement du Burundi.

En attendant l’achèvement des travaux, les usagers continuent à composer avec une route dégradée, des déviations et une poussière omniprésente pendant l’été et une boue insupportable pendant la saison pluvieuse. Beaucoup d’usagers fréquentant cette route espèrent désormais que le chantier connaîtra une accélération afin que cette infrastructure, essentielle pour la circulation urbaine soit enfin livrée.

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Gilbert Nkurunziza.

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