Société

Rumonge-Albinos : Un chemin de croix pour leurs parents

Avoir un enfant albinos est considéré comme un fardeau pour certains. Pourtant, il y en a qui en ont plus d’un. C’est le cas d’Angèle Nijimbere, mère de 5 enfants dont 4 albinos et de Regina Nimpagaritse qui a 5 enfants dont 2 filles albinos tous de la province Rumonge. Malgré tous les défis qui en découlent, ces femmes sont prêtes à tout sacrifier pour offrir à leurs enfants albinos une vie meilleure   

Mettre au monde et élever un enfant albinos n’est pas une chose facile au Burundi. En avoir 4, en est une autre. Nous avons été témoins d’un pareil cas dans un village de la zone Mayengo de la commune et province Rumonge où habite Angèle Nijimbere et ses 5 enfants dont 4 albinos. Lorsque nous y sommes arrivés, cette maman épluchait le manioc avec ses 4 enfants albinos et certains de leurs voisins. Sous l’ombre d’un palmier, elle nous accueille chaleureusement. Visiblement, elle est habituée aux visiteurs et aux questions des journalistes. Ces quatre enfants albinos ont épaté plus d’un.

Tranquillement, Mme Nijimbere nous raconte le calvaire qu’elle vit avec ses 5 enfants. Lorsqu’elle a eu le premier enfant, son unique enfant de teint noir, il n’y a pas eu de problème. Le deuxième, Vitus Shukuru, est né albinos. « Quand je l’ai mis au monde, moi-même j’ai été surpris car, chez nous, il n’y avait jamais eu un tel cas », martèle-t-elle. Elle espérait pouvoir enfin mettre au monde un autre enfant normal. Quand elle a mis au monde le troisième, Elicha Bareke, il était aussi albinos. Elle en a conclu que c’est finalement un plan de Dieu. Les deux derniers, Sarah Mpawenayo et Martin Iranzi, sont aussi albinos. Elle n’a pas trop paniqué. C’était comme si elle y était déjà habituée.

Autant leur peau est particulière, autant les enfants albinos exigent une attention particulière de la part de leurs parents.

Une croix pour les parents

Mme Nijimbere s’occupe seule de tous ses enfants. Leur papa n’est jamais rentré de la Tanzanie où il est allé chercher de l’argent, depuis bientôt quatre ans et demi. Il ne téléphone jamais ses enfants, il ne demande des informations concernant ses enfants que quand sa femme le téléphone. Cette maman craint que son mari l’aurait abandonnée à cause de ces enfants albinos. Son fils Shukuru,18 ans nous a fait savoir qu’il ne se souvient pas du visage de son père. Nous lui avons demandé ce qu’il dirait à son père s’il arrive qu’il lui parle ne fût-ce qu’au téléphone. «Je lui dirais qu’il nous manque tellement», répond ce garçon avec un chagrin qui se lit sur le visage. Mme Nijimbere nous a fait savoir qu’il arrivait qu’elle se sente fatiguée de tous ces problèmes et qu’elle pense à abandonner elle aussi ces enfants, mais que la crainte de Dieu lui empêchait de le faire.

Autant leur peau est particulière, autant ces enfants albinos exigent une attention particulière de leurs parents. A cause de leur peau fragile, ils doivent porter des vêtements longs pouvant couvrir une grande partie de leur peau. Ils ont besoin aussi d’une crème anti soleil appropriée à leur peau. « Malheureusement, nous ne sommes pas à mesure de subvenir à tous leurs besoins. Quand je vends des maniocs, je peux acheter leurs chapeaux mais, pour ce qui est de la crème dont ils se servent pour se protéger contre les rayons du soleil, elle coûte actuellement 17 mille FBu le kilo, une somme que je ne pourrais pas avoir », regrette-t-elle. Il arrive parfois que son mari lui transfère de l’argent. Rien que 50 mille FBu par an. Cet argent ne leur sert pas à grand-chose vu l’ampleur des besoins de ces enfants.

Une éducation incertaine

Le nombre d’albinos qui fréquentent l’écoles diminue chaque année à Rumonge comme le fait savoir Nestor Ndayiragije, président de l’une des deux associations d’albinos à Rumonge.Ces abandons scolaires sont souvent liés à leur handicap. Il a cité entre autres les problèmes liés à la vision, les plaies graves et les grossesses non désirées.

A côté des problèmes liés à leur morphologie, les filles albinos sont souvent exposées aux violences sexuelles. C’est le cas pour R.N et P.S de la zone Kizuka de la commune et province Rumonge. Elles sont deux sœurs albinos, l’une a été engrossée quand elle était en 3ème année secondaire et comptait retourner à l’école. Sa sœur ainée a mis au monde quand elle était en 5ème année primaire et s’est mariée par après. Selon Régina Nimpagaritse, leur maman, c’est dommage que certaines associations qui se prétendent plaider pour les albinos ne font que les manipuler. Selon lui, recenser ces albinos et ne pas leur donner l’aide qui leur est destiné est en quelque sorte augmenter leurs stress alors qu’ils en avaient déjà assez. 

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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