Société

Rumonge – formation inclusive : Quand la complémentarité rime avec l’harmonie

Dans le centre Art in Life de Rumonge, depuis qu’ils ont opté pour une formation inclusive, les sourds ont fait preuve d’une performance supérieure ou égale à celle de leurs pairs entendants. Selon les responsables de ce centre, c’est la complémentarité de ces deux catégories (sourds et entandants) qui fait l’harmonie de ce centre   

Comme leurs pairs entendants, les sourds possèdent des potentialités tant intellectuelles que physiques. Les membres du centre Art in Life de Rumonge en sont une preuve vivante. Il est doté de deux branches où les membres sont formés soit en couture, soit en peinture après une formation de base en langage des signes. Dans ce centre, c’est la complémentarité entre les sourds et les entendants qui fait l’harmonie. La classe de couture dispose d’un formateur sourd. Pourtant, les apprenants sont constitués de sourds et d’entendants.

Rahma Gateka, âgée de 20 ans, entendante et apprenante de la couture nous a fait savoir qu’elle n’aurait jamais pensé qu’un sourd pourrait être un bon enseignant de personnes entendantes. « De ma vie, c’était pour la toute première fois que je partageais la même classe avec les sourds, avec un formateur sourd aussi. J’avais fréquenté d’autres classes de couture auparavant. Pourtant, je n’avais jamais appris facilement comme c’est le cas maintenant », s’émerveille-t-elle. Cette fille témoigne avoir gagné doublement de cette formation inclusive. A part qu’elle a pu suivre facilement et gratuitement les cours de couture, elle a aussi gagné l’amitié de ses pairs sourds et appris tant de choses de ces créatures à potentialités impressionnantes comme elle le témoigne. « Nous nous entraidons que ce soit dans le métier ou dans la vie courante. Aujourd’hui, je peux par exemple leur servir d’interprète et, eux, ils m’expliquent parfois s’il y a quelque chose que je n’ai pas compris », témoigne-t-elle.

Dans le centre « Art in Life », c’est la complémentarité entre les sourds et les entendants qui fait l’harmonie du centre.

Les sourds ont enfin retrouvé leur place

Jacqueline Munezero, 21 ans, est native de la commune Rumonge. Elle est l’aînée d’une fratrie de 5 enfants et elle est sourde. Elle est détentrice d’un diplôme de pédagogie obtenu dans une école des sourds en République Démocratique du Congo. Lorsqu’elle est retournée au Burundi, elle a tenté à maintes reprises de postuler pour un emploi. Ce qui n’a pas marché. C’est ainsi qu’elle a intégré ce centre pour apprendre le métier de couture.

Elle se réjouit de la bonne collaboration avec ses pairs entendants avec lesquels elle partage la même classe.  Selon elle, cette inclusion permet aux sourds de sortir de leur cachette et de saisir cette opportunité pour exploiter leurs potentialités tant intellectuelles que physiques. Comme elle le témoigne, elle a déjà appris pas mal de choses depuis son intégration à ce centre au mois de février dernier. « Je ne savais rien de la couture auparavant. Maintenant, je peux coudre une jupe, une robe, etc.  Et quand j’ai des difficultés, je ne m’inquiète pas car je reçois de l’aide de la part de mes collègues que ce soient les entendants ou les sourds », témoigne-t-elle.

Une bonne initiative délaissée

Comme l’a témoigné Danny Bindariye, président de l’Association pour le Développement des Personnes Handicapées de Rumonge (ADH), ce centre a été crée dans le but de permettre aux différentes catégories presque oubliées de la société d’exploiter leurs potentialités tant intellectuelles que physiques.

Malgré l’aide que le centre Art in Life apporte à ses membres que ce soient les sourds ou les entendants, il fait face à de nombreux défis. A part qu’il ne dispose pas de ses propres locaux, il connait une insuffisance de matériels didactiques. Ce centre ne reçoit aucun financement à part la contribution de certains parents de ses membres qui ne peut en aucun cas suffire à elle seule, au regard des besoins à satisfaire.  Bindariye regrette également le manque de fonds pour rémunérer le formateur de la classe de couture et l’interprète qui, jusque-là, travaillent bénévolement depuis bientôt 2 ans.

La méfiance de certains clients vis-à-vis des artistes sourds constitue un autre défi. A part que les problèmes de communication constituent souvent une barrière, certains clients doutent encore de la performance des sourds. Ce centre souffre également du manque de marchés d’écoulement de leurs produits. Munezero suggère de permettre l’accès de cette association aux marchés de couture de différents uniformes des entreprises. Pour ce qui est de la confiance, Bindariye demande aux clients de ne plus douter de la performance des artistes sourds car, à maintes reprises, ils ont fait preuve d’une performance supérieure ou égale à celle de leurs pairs entendants.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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