Pour arriver aux résultats escomptés dans la lutte contre le VIH / Sida, le rôle des leaders communautaires s’avère nécessaire. Pour le Programme National de Lutte contre le Sida / IST, (PNLS), ces leaders sont à mesure d’influencer le changement de comportement de la population dans les localités où ils vivent. Les résultats sont palpables.
Le Sida constitue un véritable problème de santé publique au Burundi. C’est dans ce but que le PNLS, en collaboration avec l’UNICEF a organisé des journées de réflexion et de mobilisation des leaders communautaires et religieux sur la prévention du VIH/Sida, la Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) et la santé sexuelle et reproductive.
Une évolution dans la mise en œuvre du PTME
Dans le district sanitaire de Murore de la province Cankuzo, les leaders communautaires s’impliquent dans la lutte contre le Sida. Selon Aimée Thierry Hezimana, médecin-directeur de ce district sanitaire, par leurs actions, la population acquiert les connaissances sur les modes de transmission du VIH et les bonnes pratiques de prévention. La preuve en est que depuis 2013 l’évolution de la mise en œuvre du plan PTME est de plus en plus satisfaisante.
En effet, en 2013, le nombre de femmes en première consultation prénatale(CPN1) était de 6842, et 5671 se sont fait dépister, mais aucune d’elles, était accompagné par son mari. Cependant les statistiques du district montrent qu’en 2015, sur 7532 femmes présentes en CPN1, 7304 se sont fait dépister et 5246 étaient accompagnées par leurs maris. Pour M. Hezimana, le nombre de couples qui viennent en CP1 augmente et c’est bon signe pour la PTME. Surtout que toutes les formations sanitaires relevant de ce district sont des sites PTME et toute femme contrôlée positive au VIH est automatiquement mis sous ARV.
Cependant, il fait remarquer qu’il s’observe une négligence de la part de certains sur les conséquences d’un rapport sexuel non protégé et d’un faible taux d’adhésion aux méthodes contraceptives modernes. D’où les leaders communautaires sont d’une importance capitale car ils peuvent influencer le changement de comportement de la population des localités où ils vivent.
Pour la réussite du combat
Selon Dr David Ndayishimiye du service PTME au PNLS, le Burundi est l’un des pays d’Afrique de l’Est les plus touchés par le VIH. D’où le gouvernement ne doit ménager aucun effort dans la lutte contre cette épidémie à travers notamment le renforcement des capacités des leaders communautaires dans leur rôle et responsabilité de lutte contre le VIH/Sida et la promotion de la PTME.
« Les acteurs dans la lutte contre le VIH/Sida dont on voudrait faire bénéficier cette sensibilisation sont très nombreux et on ne pourrait pas les toucher tous directement. C’est pourquoi nous avons opté de nous adresser à un groupe restreint de leaders communautaires et religieux choisis pour leur rôle dans la société et dans le domaine de la lutte contre le VIH/Sida », précise Dr Ndayishimiye.
Il souligne qu’au niveau national, il est remarquable que les hommes s’impliquent de plus en plus dans la PTME. Le nombre de sites PTME est passé de 27 en 2009 à 363 en 2014 et le pourcentage des femmes mises sous le protocole PTME est passé de 19 % en 2009 à 72 % en 2014.
Dr Ndayishimiye indique que les leaders communautaires ont promis de doubler les efforts dans la sensibilisation et la lutte contre le Sida.
Signalons que 240 leaders communautaires des provinces de Cankuzo et Cibitoke ( à raison de 60 par district) ont été ciblées pour le renforcement des capacités dans la prévention du VIH/Sida, la PTME et la santé sexuelle et reproductive.




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