Les victimes des inondations dans les quartiers de Buterere et de kinama habitant le site de Mubone sont dans le désarroi. Depuis le début du mois d’août 2020, douze personnes dont huit enfants et quatre personnes âgées nous ont quittées suite aux maladies liées au manque de quoi mettre sous la dent. Ils lancent un cri d’alarme. Ils sont dans le besoin immédiat d’une assistance alimentaire
Nous sommes samedi le 15 août 2020 sur le site de Mubone situé dans la commune Mutimbuzi, province Bujumbura qui abrite plus de 700 ménages victimes des inondations dans les quartiers de Buterere et de Kinama. Le soleil est au zénith. Un mouvement de va et vient s’observe. Quelques femmes s’occupent de la cuisine. Les enfants sont assis tout près d’elles en attendant qu’ils soient servis. D’autres s’assoient ensemble entrain de causer. Les hommes de même. Apparemment, ils sont fatigués par les épreuves de la vie. Le mécontentement se lit sur leur visage. Les uns dorment dans les infrastructures de la zone Mubone. D’autres dans des maisonnettes construites sous formes de tentes avec l’appui des confessions religieuses. Au total, 15 salles abritent tous ces sinistrés. Selon le constat du reporter de Burundi Eco, ils vivent dans une extrême précarité. Ils indiquent qu’ils n’ont pas de quoi mettre sous la dent. La plupart d’entre eux dorment sur de vieilles tentes et de nattes. Ils ne disposent ni de couvertures, ni d’ustensiles de cuisine. Un effectif non négligeable de ces derniers porte des habits en lambeaux. De surcroît, ils ont des difficultés pour accéder aux soins de santé. Ils sont devenus des proies faciles des punaises et des moustiques suite au manque de moyens financiers pour se procurer les insecticides et par conséquent souffrent des maladies liées aux piqûres de ces insectes.
Les sinistrés crient au secours
Les sinistrés lancent un cri d’alarme. Claudette Dufisumukiza, les larmes aux yeux, demande une assistance alimentaire d’urgence. Lors de l’interview, son enfant âgé d’une année pleurait à chaudes larmes suite au manque de quoi manger. «Je n’ai rien dans le stock. Je ne vois pas comment je vais nourrir mes enfants», crie-t-elle.

Depuis le début du mois d’août 2020, douze personnes dont huit enfants et quatre personnes âgées nous ont quittées suite aux maladies liées au manque de quoi mettre sous la dent.
Estella Ntamaherezo abonde dans le même sens. Elle est veuve et a perdu son enfant la veille de notre visite. Avec beaucoup d’angoisse, elle nous a signifié que son enfant a trépassé suite à une maladie liée à la sous-alimentation.
Selon Mossi Nyabenda, responsable de ce site, les victimes des inondations de Buterere et de Kinama vivent ce calvaire depuis qu’elles ne bénéficient pas de vivres. C’était au mois de février 2020. Il fait savoir que les dégâts occasionnés par les crues de la rivière Rusizi dans la zone Gatumba ont éclipsé les besoins humanitaires et d’urgence des victimes des inondations de Buterere et de Kinama habitant la zone Mubone. Les plus menacés sont les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées. Depuis le début du mois d’août de cette année, Nyabenda indique que douze personnes dont huit enfants et quatre vieilles femmes ont trépassé. Les maladies qui sont à l’origine de cette détresse sont la rougeole, le choléra et la malaria. La plupart des enfants de moins de 5 ans ont des ventres ballonnés suite à la malnutrition.
«Les sinistrés de Mubone ne sont pas faciles à gérer»
OPC1 Anicet Nibaruta, directeur général adjoint de la protection civile et secrétaire exécutif de la plateforme nationale de prévention et de gestion des risques de catastrophes indique que les sinistrés logés au site de Mubone ne sont pas faciles à gérer. Cet endroit est en principe habité par des victimes des inondations des quartiers de Buterere et de Kinama. Elles sont classées en deux catégories. Pour la première catégorie, ce sont les victimes dont les maisons qu’ils louaient se sont effondrées. Pour la deuxième catégorie, ce sont ceux dont leurs propres maisons ont été endommagées. Selon lui, la première catégorie a bénéficié des frais de location consentis et attribués par l’OIM. Néanmoins, au lieu de se débrouiller avec ces montants en louant les maisons ailleurs, ils se sont dirigés vers le site de Mubone où on avait installé ceux de la deuxième catégorie.
Mubone : 747 ménages dans le besoin d’urgence
De plus, même les gens qui n’ont pas où loger en ville dorment dans ce site. Au total, ils sont actuellement estimés à 747 ménages. Nibaruta fait remarquer qu’on ne voit pas quoi faire pour inverser la tendance. Il demande à l’administration locale de les aider à faire un bon profilage pour pouvoir déterminer les vraies victimes des inondations dont les maisons ont été détruites pour qu’on puisse les aider.
Selon lui, les enfants et les personnes âgées qui ont besoin d’une assistance alimentaire et de soins de santé sont victimes du mauvais comportement des gens qui ne veulent pas comprendre qu’on doit résoudre le problème de ceux qui ont été affectés par les inondations. Ceux qui sont venus s’ajouter à ces derniers ne sont pas concernés par les actions humanitaires. Néanmoins, parce que la situation commence à s’aggraver, Nibaruta promet d’organiser une journée de réflexion avec tous les partenaires techniques et financiers pour trouver une solution immédiate pour ces sinistrés.
Notons que plus de cinquante enfants étaient alités suite aux maladies liées à la sous- alimentation le jour de notre visite au site Mubone.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.