Education

Site Sobel : l’année scolaire risque d’être blanche pour plus de 1000 élèves

L’éducation des enfants estimés à plus de 1000 vivant dans le site Sobel situé dans la zone Maramvya a été reléguée aux oubliettes. Il n’y a plus d’école réservée à ces derniers. Si rien n’est fait dans l’immédiat, cette année scolaire risque d’être blanche. Les enfants et leurs parents lancent un cri d’alarme

Nous sommes lundi le 7 juin 2021. Vers  midi, un reporter de Burundi Eco se rend au site des sinistrés de Gatumba dénommé Sobel situé dans la zone Maramvya de la commune Mutimbuzi, province Bujumbura.  A l’intérieur de ce site, des milliers de gens s’y observent.  La détresse se lit sur leurs visages. Les uns s’asseyent ensemble devant leurs maisonnettes construites en tentes où hommes et femmes se côtoient et échangent  gentiment.  C’est comme s’ils étaient en réunion.  D’autres et, surtout les femmes, s’occupent de la lessive et de la cuisson.  Juste à côté, les enfants  s’adonnent à leurs jeux habituels comme s’il n’y avait rien d’anormal.

L’éducation des enfants estimés à plus de 1000 vivant dans le site Sobel situé dans la zone Maramvya a été reléguée aux oubliettes.

Les enfants s’inquiètent

Dans un entretien avec certains de ces enfants, il leur est ressorti que leur éducation a été reléguée aux oubliettes depuis qu’ils ont quitté leurs quartiers suite au débordement des eaux de la rivière Rusizi II. « J’ai abandonné mes études, car tout le matériel  scolaire a été emporté par les eaux. Je n’ai ni matériels scolaires, ni uniformes», indique Vincent Ciza, âgé de 11 ans.  Evelyne Nishimwe, âgée de 13 ans abonde dans le même sens : «Depuis que  toute ma famille est dans ce site, je n’étudie pas suite au manque de matériels scolaires. Mes parents sont dans une pauvreté  sans nom à tel enseigne qu’il n’est pas facile de nous envoyer à l’école». Ces jeunes reconnaissent le danger qui les guette. «Si la situation reste ainsi, nous risquons de devenir des paysans», s’inquiètent-ils.

Les parents alertent

Les parents lancent un cri d’alarme. «L’avenir de nos enfants risque d’être hypothéqué si rien n’est fait dans l’immédiat pour inverser la tendance. Ils passent  toute la journée sans rien faire. Leur encadrement n’est pas facile dans un site pour sinistrés. Le danger est qu’ils risquent de s’adonner à la consommation des stupéfiants. Il y a une association dénommée Social Action for Development (SAD) qui se charge de leur encadrement. Néanmoins, au regard d’un effectif si important, on risque de ne pas gagner le pari», révèle Rose Niyonkuru, une des sinistrés habitant  le site Sobel.

Bienvenu Magorwa, représentant légal de SAD fait savoir qu’on compte autour de 1000 enfants qui ne vont plus à l’école.  Ils ont donc besoin d’une éducation dans l’urgence car ils devraient terminer le troisième trimestre d’ici un mois. Et d’indiquer que cette association est à l’œuvre pour les empêcher à adopter de mauvaises attitudes. On les occupe par des activités récréatives. On leur apporte aussi un soutien psychosocial, car ils on vécu des situations malheureuses. Pour cela, les aider à se détendre et retrouver un peu de confort est une nécessité.

9 élèves ont passé le concours national

Alain Jimmy Igiraneza, président de ce site affirme que l’éducation des enfants des sinistrés de Gatumba  pose problème. Depuis que les zones de Gatumba et de Rukaramu ont été envahies par les eaux de la rivière Rusizi II, Igiraneza fait remarquer que l’effectif des sinistrés habitant le site Sobel a beaucoup augmenté.  Ce qui implique aussi l’augmentation de l’effectif des enfants  qui  ont abandonné l’école. Auparavant, ce site abritait 220 ménages.  Leurs enfants  fréquentaient les écoles qui se trouvent  dans les parages de ce site. Avec le récent phénomène des inondations apparues le 13 mai 2021 qui a fait que plus de 10 332 personnes dont 7791 en provenance de Gatumba et 2541 en provenance de Rukaramu quittent leurs quartiers, les responsables de ces écoles ont fait savoir qu’on doit construire d’autres locaux. Les bancs pupitres devraient aussi être multipliés dans l’optique de pouvoir accueillir tous les enfants. Et parce que ce travail nécessite des moyens financiers non négligeables, la plupart des enfants ont abandonné l’école étant donné que la capacité d’accueil de ces écoles est insuffisante. Seulement, avec les efforts de l’administration, il se réjouit que 9 élèves qui sont en 9ème  année poursuivent leurs études. Ils ont même passé le concours national.

Pour assurer l’éducation de ces enfants, Igiraneza signale que les responsables du site Sobel en collaboration avec le ministère ayant l’éducation dans ses attributions ont jugé bon d’implanter une école mobile dans ce site. Les organisations  comme Unicef et World Vision avaient accepté de soutenir ce projet.  On a attendu sa mise en œuvre, mais en vain jusqu’aujourd’hui. Igiraneza craint alors que cette année scolaire risque d’être blanche pour ces futurs cadres de l’Etat, car il ne reste que seulement un mois pour que l’année scolaire touche à sa fin.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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