Une pauvreté criante, le manque de quoi manger, de couvertures et de matelas, de petites maisonnettes couvertes de vieilles tentes, l’insuffisance de l’eau potable et des latrines, les grossesses non désirées, etc sont les uns des couacs auxquels sont confrontés les victimes des inondations de la zone Gatumba habitant au site Sobel
Dans une visite effectuée par Burundi Eco mardi le 4 janvier 2023 au site Sobel, les victimes des inondations de la zone Gatumba habitant cet endroit alertent du fait qu’ils vivent dans des conditions précaires.
« Nous n’avons pas de quoi manger. Nous dormons dans de petites maisonnettes couvertes de vieilles tentes. Il n’y a ni matelas, ni couvertures. S’il pleut, tout le monde reste debout, car l’eau de pluie pénètre à l’intérieur de la maisonnette. Nous sommes exposés au froid et aux piqûres des moustiques », déplore Mme Adija Barahebura, âgée de 70 ans. Selon elle, les enfants refusent d’aller à l’école parce qu’ils ont faim. Et suite au manque de nourriture, ils tombent souvent malades.
Mme Anastasie Ntacoripfa s’inquiète aussi. « Les appuis à notre endroit se sont amenuisés. Et la fringale nous guette. Nous sommes comme des prisonniers », déplore- t- elle. Si on tient compte des conditions de vie de ces victimes, Ntacoripfa précise que la situation est catastrophique.
Mme Jeannette Niyogusengwa allonge la liste des griefs auxquels ils sont confrontés. Lui et son mari partagent un même toit qui ne dépasse pas un mètre carré avec leurs huit enfants. Il n’y a même pas un petit mur qui les sépare. Et d’ajouter que parmi ces enfants, il y a des adultes.
Les grossesses non désirées sont devenues légion
Niyogusengwa se soucie de l’éducation des enfants qui habitent à ce site. Selon elle, les conséquences fâcheuses ont déjà commencé à se manifester étant donné que les grossesses non désirées sont devenues légion.
Mlle Judith Kagombeke pensionnaire de ce site, lance aussi un cri d’alarme. «Suite à la pauvreté criante qui guette nos ménages, trouver des serviettes hygiéniques pose problème», se désole-t-elle.
Et de faire remarquer que les dames et les filles font recours aux morceaux de pagnes pendant la période de menstruation suite au manque de moyens financiers pour s’acheter des serviettes hygiéniques. Puisque ces morceaux de pagnes sont parfois sales, cette jeune fille fait savoir qu’elles sont exposées aux différentes maladies telles que les infections.
Une autre anomalie qu’ils évoquent est l’insuffisance des latrines et de l’eau potable puisqu’il y habite beaucoup de gens y résident. On y recense déjà 741 ménages composés d’à peu près 3000 personnes selon Jean Claude Bimazimpaka, représentant des victimes des inondations de Gatumba.
Ceux-ci demandent à l’Etat de faire tout son possible pour qu’ils retournent chez eux à Gatumba. Ils disent qu’ils sont fatigués par la mendicité alors qu’ils ont la force de travailler pour se prendre en charge. De plus, ils demandent à l’Etat et à ses partenaires de construire des digues de protection très rapidement sur les rives de la rivière Rusizi dans l’optique de maîtriser le phénomène des inondations qui est devenu intempestif dans la zone Gatumba.
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