Société

Un chauffeur pas comme les autres

Conduire est un des métiers qui cartonnent dans toutes les villes du monde. Mais il existe une grande différence entre les chauffeurs. Chacun a ses qualités et fait face à des challenges spécifiques dans son secteur. Le chauffeur de corbillard, lui, fait la différence. Burundi Eco nous fait découvrir les dessous  de son métier

Dans le contexte du Burundi, s’occuper des morts est un travail pas normal. Dans une société où le phénomène de la mort est mal compris, le métier de chauffeur de corbillard fait objet d’une multitude de préjugés. Siméon Ngendakuriyo est un de ces conducteurs spéciaux qui sont chargés de transporter des corps sans vie. En 7 ans de service, il a exercé dans plusieurs services de pompe funèbre. Ngendakuriyo n’est pas cet homme aux antécédents moraux comme certaines gens non averties le penseraient. Il jouit de tous ses esprits et sourit très souvent. D’ailleurs, il assure avoir beaucoup d’amis et n’a aucun problème d’incompréhension avec son entourage.

Dans une société où le phénomène de la mort est mal compris, le métier de chauffeur de corbillard fait objet d’une multitude de préjugés.

A la question de savoir s’il n’a pas peur de côtoyer toujours les personnes décédées, il a répondu sourire aux lèvres: « Sauf au début de mon métier. Sinon l’homme acquiert l’expérience dans un travail donné au fur et mesure que le temps avance». Son métier ne lui empêche pas de rester lui-meme. En effet, il s’agit d’un homme jovial, musclé qui aime causer avec des amis. Pour lui, son métier n’est pas très différent des autres. Ce jeune homme, père de famille, est polyvalent dans le secteur de la gestion de la mort. « A part que je suis chauffeur de corbillard, je fais aussi le travail de bureau et parfaitement bien  parce que j’ai une expérience suffisante », rassure-t-il.

Qualités particulières pour un chauffeur de corbillard

Ngendakuriyo explique l’originalité de son métier de chauffeur de corbillard. Pour lui, conduire un corbillard  est très différent de conduire les autres voitures. C’est un travail pas seulement technique. La morale est la qualité la plus indispensable dans ce genre de métier. « Il s’agit non seulement de conduire, mais aussi de comprendre que vous devez conformer votre état spirituel à celui de la famille qui a perdu le sien», explique-t-il. Selon lui, il faut absolument éviter de blesser ceux que vous êtes en train d’aider. Pour cela, il faut surveiller l’état de la route pour éviter trop de secousses, ne pas rouler trop vite et ne pas exposer le défunt aux bruits. « Parfois, la famille exige qu’un de ses membres  soit à côté du chauffeur et il faut être prudent parce qu’il surveille tous vos gestes », fait-il savoir. Cependant, c’est possible de prendre la vitesse quand la distance à parcourir est longue. Surtout lorsque l’enterrement doit se faire à l’intérieur du pays.

En plus de tout cela, il faut avoir du sang-froid. « Parfois nous devons nous occuper de l’habillement et de la mise en cercueil du défunt et cela exige une certaine moralité», a expliqué notre interlocuteur. Selon ses propos, ceux qui partagent avec lui le métier chauffeur de corbillard ne sont pas nombreux. La preuve en est qu’il est sollicité très souvent pour aider dans une autre pompe funèbre. Cela arrive quand le chauffeur qui y preste n’est pas disponible et qu’on doit se débrouiller pour trouver un autre conducteur. Ainsi, Ngendakuriyo affirme que sa journée de travail est souvent surchargée. Pour ce qui est du salaire, il se garde d’y faire de longs commentaires. Cependant, il pense que les personnes exerçant  dans ce secteur  devraient être bien rémunérées, ce qui n’est pas le cas au Burundi selon lui. “On, ça dépend de la compréhension de la société de la place et des salaires offerts sur le marché du travail burundais en général. Les salaires sont moyens, mais nous parvenons à faire vivre nos familles”, dit-il. Pour ce chauffeur exerçant dans un domaine spécifique, les pompes funèbres offrent un service très utile à la population. Bien qu’ils soient des opérateurs économiques, y travailler exige plus d’humanisme. 

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 703

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.
  • Journal n° 703

  • Dossiers Pédagogiques