Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, la campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées d’insecticide s’est déroulée du 26 novembre au 03 décembre 2025. Mais elle a laissé un goût amer chez de nombreux habitants de la ville de Bujumbura. Dans plusieurs quartiers, notamment Carama, Kinama, Kamenge, etc., les bénéficiaires ont fait face à des files d’attente interminables, à des lenteurs administratives et à des informations mal relayées. Quelques jours après la fin de l’opération, les lamentations continuent de se faire entendre.

La campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées d’insecticide a été officiellement lancée à Mwaro, en présence de la ministre de la Santé publique, Dr Lydwine Baradahana.
Dans les centres visités durant la campagne de distribution des moustiquaires, les files s’étiraient sur des dizaines de mètres, et les habitants exprimaient des frustrations grandissantes. Beaucoup ont perdu de longues heures, voire des journées entières, sans parvenir à obtenir la moustiquaire promise. « Certains y sont parvenus, mais beaucoup sont repartis les mains vides », a témoigné A.K, une femme vivant à Carama.
L’expérience de cette résidente du quartier Carama illustre bien les problèmes rencontrés. Vendredi le 28 novembre, elle s’était rendue au centre de santé Izere dès 7 h. Elle n’en était sortie qu’à 15 h sans moustiquaire, les agents distributeurs lui ayant indiqué que son jeton n’était pas valide. Donc sa journée a été sacrifiée pour rien. « Après avoir perdu toute une journée, j’ai décidé de ne pas revenir. Le temps investi aurait pu me servir à autre chose », racontait-elle.
D’autres habitants, plus déterminés, avaient tenté une nouvelle fois leur chance entre le 1er et le 2 décembre au même centre de santé. Ils étaient nombreux à se presser dès les premières heures, mais la plupart sont repartis bredouilles. Les stocks se sont épuisés rapidement, avant que tous les bénéficiaires en attente soient servis. « On nous a annoncés que le stock était épuisé, il n’y avait plus rien à faire », se souvient une autre personne.
Une ultime chance… mal relayée
Le 3 décembre, une distribution supplémentaire a été organisée à la Maison Parma pour les habitants qui possédaient encore un jeton. Si certains ont pu en profiter, d’autres n’ont pas été informés à temps. « Je n’étais pas au courant de cette distribution. Ce jour-là, j’étais prise ailleurs. Finalement, je n’ai rien reçu, non pas par ma faute, mais à cause d’un manque d’organisation », regrette une jeune femme de Carama qui affirme avoir consacré deux journées entières à cette démarche sans résultat. Son cas est loin d’être isolé.
Face aux longues heures d’attente et à la désorganisation, certains habitants avaient fait le choix de ne pas se présenter au lieu de distribution. « Le temps que j’aurais passé dans la file valait plus que le prix d’une moustiquaire. Je préfère ne pas regretter ma décision », confiait un jeune motard de Carama.
Le personnel sur place avait expliqué que les délais qui s’étiraient étaient dus à des procédures lourdes. Chaque site disposait généralement d’une seule machine pour enregistrer les bénéficiaires, un processus pouvant dépasser dix minutes par personne. L’enregistrement des codes dans les tablettes avait accentué la lenteur, provoquant d’importants retards.
Près de huit millions de moustiquaires devaient être distribuées à l’échelle nationale. L’opération, coordonnée par le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNILP), avait été officiellement lancée à Kibumbu, dans la commune Mwaro de la province Gitega en présence du ministre de la Santé Publique Dr Lydwine Baradahana. Malgré cette ambition, la campagne dans la capitale économique s’est soldée par une forte déception pour certains habitants, qui estiment avoir été victimes d’une mauvaise organisation. Quelques jours après la clôture de cette activité, les frustrations demeurent.




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