Editorial

Vers la libéralisation du Forex ?

La Banque centrale vient de lever les restrictions imposées aux détenteurs de devises. Désormais, ils ont la latitude de retirer leurs devises dans les banques commerciales. Les bureaux de change peuvent également rouvrir sous conditions. Il s’agit de la concrétisation des recommandations issues des grandes assises de l’économie organisées entre novembre 2021 et août 2022.

Benjamin Kuriyo, Directeur de publication

 Cette mesure intervient après  le verrouillage total du marché de change. Les bureaux de change avaient perdu leurs licences d’exploitation après plusieurs tentatives avortées de contrôle de la circulation des devises. Au lieu de s’estomper, les mesures prises jusque-là n’ont fait que creuser l’écart entre le marché officiel et le marché parallèle. Le billet vert a franchi la barre de 3500 FBu alors que le marché noir finance jusqu’à présent 74 % des importations du pays. Dans ces conditions, l’inflation importée ne fait que plonger le pays dans le marasme économique. 

Les économistes s’accordent sur le fait qu’un taux de change compétitif constitue un des instruments importants de la politique industrielle. L’éminent chercheur Professeur Léonce Ndikumana affirme que ce taux favorise l’éclosion d’une économie diversifiée et pérennise la croissance économique. En définitive, le taux de change compétitif favorise l’allocation efficace des ressources dans les secteurs économiques. Il encourage la production nationale par rapport aux importations puisqu’il rend les produits domestiques compétitifs par rapport aux produits étrangers, a fait remarquer prof. Ndikumana lors de la grand-messe de l’économie en novembre 2021. 

La mesure a été largement saluée dans l’opinion. La réouverture des bureaux de change va faciliter la circulation des devises. Ce qui va limiter dans la mesure du possible les spéculations sur le marché de change. Le taux de change sur le marché noir enregistre une légère baisse avant la réouverture effective des bureaux de change. Un dollar vaut 3 380 FBu. 

Le différentiel du taux de change encourage la contrebande à l’importation puisque les gens y vont pour obtenir des excédents de dollars en surévaluant la valeur des importations qu’ils doivent effectuer. Il encourage aussi la sous facturation à l’exportation pour pouvoir effectivement disposer des dollars supplémentaires qui vont alimenter le marché parallèle.

Il s’agit d’un coup de pouce à l’économie nationale. Les exportations qui se comptent sur les doigts de la main ne parviennent pas à combler le déficit occasionné par le désistement des bailleurs de fonds depuis la crise de 2015. La balance commerciale est largement déficitaire, car le pays importe plus qu’il n’exporte. 

C’est une étape cruciale pour réduire les distorsions sur le marché de change, mais il importe mener d’autres actions. Le pays doit cueillir les fruits à portée de mains, notamment l’aide publique au développement. En ce sens, le gouvernement doit améliorer sa capacité d’absorption parce que les bailleurs de fonds tiennent compte de la capacité d’absorption d’un pays. Les retards dans le démarrage des projets de développement n’encouragent pas les autres partenaires à financer le développement. La reprise des exploitations minières en bonne et due forme devrait aider le pays à améliorer ses réserves de devises.

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Benjamin Kuriyo.

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