Les victimes des inondations de Gatumba habitant le site SOBEL situé à la 13ème transversale de la zone Maramvya remercient le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers de leur assistance en vivres. Néanmoins, elles précisent que cette assistance n’est pas suffisante. Elles sollicitent de petits capitaux qui leur permettront d’initier des activités génératrices de revenus
Lundi le 1er juin 2020, un reporter de Burundi Eco a effectué une visite au site dénommé SOBEL situé à la 13ème transversale de la zone Maramvya de la commune Mutimbuzi, province Bujumbura. A l’entrée du site, il s’observe des femmes et des hommes qui exercent le petit commerce des denrées alimentaires. Des kits pour le lavage des mains au savon sont installés pour se protéger contre la Covid-19. L’intérieur du site grouillait de monde. Avant de continuer la visite, on se fait enregistrer dans une maisonnette en tentes. Cette maisonnette abrite le responsable de ce site. Toute personne étrangère ou organisation en visite dans ce site n’échappe pas à cette procédure. On lui expose le motif de la visite. Sinon, on te prend pour un délinquant. De plus, ce site est doté d’un service de soins de santé destiné aux sinistrés. Une équipe d’animateurs engagée par l’association Social Action for Development (SAD) animait une séance de sensibilisation contre la covid-19 et la consommation de la drogue à l’endroit des jeunes garçons et filles victimes des inondations de Gatumba habitant ce site. La plupart des femmes s’occupaient des travaux ménagers. Elles faisaient la lessive, préparaient le déjeuner, etc. Ces sinistrés habitent dans des maisons qui abritaient des animaux auparavant. Les femmes et les enfants partagent le même toit. Les hommes de même. L’angoisse se lit sur leurs visages. Certains sinistrés attendaient la distribution des vivres. Et d’ajouter qu’à ce site, les travaux de construction d’autres maisonnettes en tentes sont en cours. On dit qu’on se prépare pour accueillir les sinistrés habitant le site de Kigaramango.

Certains sinistrés attendaient la distribution des vivres au site SOBEL.
Des conditions de vie misérables
Dans une interview avec ces sinistrés, il a été constaté qu’ils vivent dans des conditions misérables qui nécessitent d’être améliorées. Joselyne Beza indique que sa maison s’est effondrée lorsque les eaux de la rivière Rusizi ont envahi la zone Gatunda. Toute sa famille a vidé les lieux les mains vides. Elle affirme que les bienfaiteurs ne cessent de les approvisionner en vivres. Néanmoins, la nourriture reste encore insuffisante malgré tous ces efforts. Une quantité de 5 kg de riz ou 8 kg de haricots pour un ménage composé de 10 personnes est largement insuffisante. Béatrice Ntawe abonde dans le même sens. Elle a 7 enfants. Au total, ils sont au nombre de 9 personnes. Les vivres dont elle bénéficie offerts par les Ongs et le gouvernement ne sont pas suffisants. Mme Aisha n’y va pas par quatre chemins. Ses enfants étaient habitués à manger trois fois par jour. Ils bénéficiaient de la bouillie, du thé, des fruits etc. Aujourd’hui, Cette femme s’inquiète du fait que ses enfants ne sont pas satisfaits de la nourriture qu’ils reçoivent au site SOBEL. C’est la raison pour laquelle ils sont toujours maladifs.
Leur accorder de petits capitaux, plus qu’une nécessité
Ces sinistrés font savoir qu’ils étaient habitués à exercer le commerce et l’agriculture pour améliorer leurs conditions de vie. Au moment où ils ont tout perdu, ils demandent au gouvernement et à ses partenaires techniques et financiers de leur accorder de petits capitaux pour initier des activités génératrices de revenus. Ils indiquent que le sinistré n’est pas un handicapé qui n’est pas capable de travailler et qui est là pour seulement consommer ce que les autres ont produit. A partir des revenus tirés des activités génératrices de revenus, certains sinistrés pourront engranger des profits qui leur permettront de s’acheter des parcelles, de se construire d’autres maisons et d’améliorer par la suite les conditions de vie de leurs ménages, car le retour dans leur zone respective Gatumba n’est pas pour demain.
La distribution des vivres aux sinistrés de Gatumba n’est pas suffisante
Alain Jimy Igiraneza, responsable des sites de SOBEL et de MAFUBO affirment que les conditions de vie de ces sinistrés ne sont pas tout à fait bonnes. On essaie de leur venir en aide. Nonobstant, tout le monde n’est pas servi. Les bienfaiteurs qui mènent ces bonnes actions posent certaines conditions. Les uns attachent beaucoup plus d’importance aux enfants de moins de 5 ans. D’autres s’intéressent aux femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, etc. Il y en a toujours ceux qui sont ignorés. Igiraneza fait savoir que la distribution des vivres à l’endroit des sinistrés de Gatumba n’est pas suffisante. Au moment où la majorité des sinistrés sont des jeunes, il propose au gouvernement et à ses partenaires techniques et financiers de leur permettre d’initier des activités génératrices de revenus. Selon lui, les Ongs devraient penser à cet appui. Former les jeunes sinistrés sur la réalisation des projets bancables est une nécessité. Et de leur demander de leur accorder de petits capitaux. Il remercie l’Ong IRC qui a offert un montant de 70 000 FBu à chaque ménage habitant le site de SOBEL. A partir de ce montant, certains sinistrés ont déjà initié des activités génératrices de revenus. Ils exercent le commerce des tomates, des légumes, du charbon, des ndagalas, des poissons, des articles de boutique, etc. Il demande aux autres bienfaiteurs de lui emboîter le pas.
Le gouvernement affirme qu’il appuie les sinistrés pour leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie. Dans le document intitulé Annuaire Statistique du ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre, un montant de 59 357 557 FBu a été dépensé pour assister les victimes des catastrophes naturelles en 2017 contre 17 788 500 FBu en 2018. En 2017, on enregistre 283 200 ménages victimes des catastrophes naturelles et d’autres ménages vulnérables bénéficiaires de vivres dans une distribution organisée dans les provinces. En 2018, cette activité de distribution des vivres n’a pas eu lieu. 36700 tôles ont été distribuées en 2017 contre 32500 en 2018. Actuellement, le budget général de l’Etat 2020-2021 accorde au secteur de la prévention et de gestion des catastrophes naturelles un montant de 100 000 000 de FBu. Cependant, on se demande s’il est suffisant au regard des effets pervers des catastrophes naturelles qui ne cessent d’augmenter.
Notons que le site de SOBEL abrite 477 ménages composés de 2320 personnes.




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