Editorial

Une zone de libre-échange pour sauver l’économie

La pandémie de coronavirus frappe de plein fouet les économies africaines. La plupart des pays africains vivent des recettes d’exportation des produits agricoles et miniers. Or, les échanges commerciaux sont fortement en baisse suite à une batterie de mesures prises pour endiguer la propagation de la Covid-19. D’après la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (UNCEA), la pandémie de coronavirus pourrait sérieusement mettre à mal la croissance économique déjà stagnante de l’Afrique.

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La crise sanitaire pourrait faire chuter les recettes d’exportation des combustibles du continent à environ 101 milliards de dollars en 2020. Pire encore, alertent les économistes de l’UNECA, la baisse des prix des matières premières pourrait entraîner des pressions budgétaires pour les grandes puissances économiques africaines. La liste des conséquences socio-économiques de la pandémie de coronavirus est longue.

Cependant, une lueur d’espoir se profile à l’horizon : l’entrée en vigueur de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf). Les experts sont unanimes sur les retombées économiques de cette zone de libre-échange en perspective. Le marché intra-africain pourrait contribuer à atténuer certains des effets négatifs de la Covid-19. Il va réduire la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs, en particulier dans le domaine des produits pharmaceutiques et des denrées alimentaires de base.

Une récente étude de la Banque Mondiale abonde dans le même sens. La ZLECAf (plus grand bloc régional au monde) pourra véritablement sauver les économies africaines en difficulté. Les auteurs de l’étude montrent que la ZLECAf pourrait rapporter à l’Afrique 450 milliards USD de revenus supplémentaires. Ainsi, la mise en œuvre réussie de l’accord de libre-échange accroîtra les possibilités de création d’emplois et devrait permettre à environ 68 millions de personnes de sortir de la pauvreté modérée à l’échelle du continent.

Il est à noter que le Burundi n’a pas encore ratifié l’accord de sa mise en place malgré les atouts de cette plateforme. Selon les projections de l’UNCEA, la ZLECAf augmentera les exportations intra-africaines du Burundi. Elle améliorera les perspectives de diversification des exportations en haussant la demande d’exportation des produits manufacturés.  La libéralisation des droits de douanes sur le commerce des marchandises ouvre de nouveaux horizons pour le Burundi. Le pays pourra exporter des meubles en bois, des articles ménagers en fer ou en acier et des produits animaliers. D’autres produits potentiellement exportables sont les habits et accessoires de vêtements, les peintures, les équipements électriques, etc.

Les pays africains dont le Burundi devraient s’investir davantage dans l’amélioration du climat des affaires, dans le développement des infrastructures de transport (routes, ports, aéroports, chemin de fer, …), dans la promotion de l’industrialisation, dans la réduction des barrières non tarifaires, etc. La crise sanitaire que connait notre pays est un coup dur pour l’économie burundaise toujours fragile. Les indicateurs macroéconomiques sont au rouge. La dette publique s’accroit, les cours de change explosent, les investissements restent limités et peu diversifiés. Les autorités devraient profiter des opportunités de la zone de libre-échange continentale. Le retard dans la ratification de l’accord de libre-échange risque de coûter cher au pays. Le mieux serait d’anticiper les changements au lieu d’en subir les effets. D’ailleurs, « un peuple qui vit travaille pour son avenir », disent les sages.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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