Dans la commune de Kiganda en province de Gitega, les effets du changement climatique se manifestent de plus en plus par des pluies torrentielles, des inondations et des épisodes de grêle qui affectent les récoltes. Pour renforcer la résilience des communautés rurales, l’ONG Tubura Burundi, avec l’appui du Fonds vert pour le climat (GCF) accompagne les agriculteurs dans l’adoption des pratiques agricoles durables.

La cultivatrice Amélie Ntiranyibagira affirme que son adhésion au programme de Tubura a profondément transformé ses pratiques agricoles, lui permettant d’adopter des techniques plus adaptées aux défis actuels.
Les médias ont effectué, mardi le 23 juin 2026, une visite dans la commune de Kiganda, province de Gitega, à l’initiative de l’ONG Tubura Burundi. L’objectif était de découvrir les réalisations rendues possibles grâce au soutien du Fonds vert pour le climat (GCF), notamment dans le domaine de l’agriculture résiliente face aux changements climatiques. Cette visite a conduit les journalistes sur la colline Nyarunazi où vit Amélie Ntiranyibagira, une agricultrice considérée comme l’une des bénéficiaires emblématiques du programme. Son parcours illustre les changements observés chez de nombreux petits exploitants agricoles ayant intégré les activités de Tubura.
Selon Mme Ntiranyibagira, son adhésion au programme de Tubura a marqué un tournant dans sa manière de cultiver. Depuis plusieurs années, elle participe régulièrement aux formations organisées par cette ONG. « Les formations de Tubura nous apprennent à cultiver de façon moderne, à mieux fertiliser nos champs de haricots, de maïs et d’autres cultures. Nous bénéficions aussi d’un accompagnement dans la plantation d’arbres fruitiers », explique l’agricultrice.
Au-delà des conseils techniques, Tubura met également à la disposition de ses bénéficiaires certains équipements et produits accessibles à crédit. Parmi eux figurent notamment des bâches, des lampes solaires ou encore des téléphones portables. Bref, des outils qui contribuent à améliorer les conditions de vie des ménages ruraux. Pour Mme Ntiranyibagira, la principale différence entre un agriculteur membre de Tubura et un autre qui ne l’est pas réside dans l’accès à ces services et à l’encadrement technique. Les bénéficiaires peuvent acquérir progressivement certains équipements dont l’accès reste souvent difficile pour les ménages les plus modestes.
Les résultats se traduisent surtout dans les champs. Grâce aux techniques apprises, l’agricultrice affirme enregistrer de meilleures récoltes lorsque les saisons agricoles sont favorables. Les surplus de production sont vendus sur les marchés locaux, générant des revenus supplémentaires pour le ménage. « Grâce aux récoltes obtenues avec les techniques apprises chez Tubura, je peux vendre une partie de ma production et utiliser l’argent pour payer notamment la scolarité de mes enfants. J’ai même réussi à acheter des porcs et je possède aujourd’hui une vache », témoigne-t-elle.
Pour cette mère de famille, l’ONG Tubura joue désormais un rôle essentiel dans l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs. Elle souhaite que les activités de cette organisation se pérennisent afin que davantage de ménages puissent en bénéficier.
Le changement climatique, une menace croissante pour les agriculteurs
Dans la commune de Kiganda, les effets du changement climatique sont devenus une préoccupation majeure pour les autorités administratives. Diane Irakoze, administrateur communal, souligne que les agriculteurs sont régulièrement confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes. La grêle figure parmi les principaux aléas climatiques observés ces dernières années. A cela s’ajoutent des pluies abondantes qui provoquent l’érosion des sols et la destruction des cultures dans plusieurs zones de cette commune. Les eaux de ruissellement provenant des collines et des toitures aggravent également la situation. Elles entraînent des débordements de rivières et de ruisseaux qui finissent par inonder certaines zones marécageuses utilisées pour l’agriculture.
Face à ces défis, les autorités locales considèrent que l’accompagnement assuré par Tubura constitue une réponse importante pour limiter les dégâts. L’organisation intervient notamment dans la sensibilisation des agriculteurs aux bonnes pratiques de conservation des sols. « Nous apprécions le travail de Tubura parce qu’il aide les agriculteurs à protéger leurs terres contre les effets du changement climatique. Sans ces mesures, les conséquences seraient beaucoup plus graves pour les ménages », souligne Mme Irakoze.
Selon elle, les agents de Tubura se rendent souvent dans les villages et les ménages afin de suivre l’application des techniques enseignées. Cette proximité facilite l’adoption des pratiques recommandées et permet un meilleur encadrement des producteurs.

Diane Irakoze, administrateur de la commune de Kiganda, souligne que les agriculteurs de la localité sont régulièrement confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes qui compromettent leurs récoltes.
Courbes de niveau et agroforesterie : des solutions adaptées au terrain
Parmi les techniques promues dans la commune de Kiganda figurent le traçage des courbes de niveau et l’aménagement de fosses destinées à recueillir les eaux de pluie. Ces dispositifs permettent de réduire l’érosion et de limiter les pertes de terres arables lors de fortes précipitations. Les autorités locales estiment que ces infrastructures ont déjà démontré leur efficacité. Toutefois, elles soulignent également la nécessité d’un suivi régulier afin de les entretenir et d’éviter leur dégradation avec le temps.
L’agroforesterie constitue un autre axe majeur du projet. Tubura encourage les agriculteurs à planter des arbres compatibles avec les cultures agricoles, une approche qui répond à la forte pression foncière observée dans plusieurs régions du Burundi. Selon l’administrateur communal, cette stratégie présente de nombreux avantages. Elle permet de restaurer progressivement la fertilité des sols tout en offrant aux ménages des ressources supplémentaires sous forme de bois ou de fruits.
« Les arbres associés aux cultures sont très utiles parce que peu de familles peuvent se permettre de consacrer une parcelle entière à la forêt. Cette solution permet à la fois de protéger l’environnement et de répondre aux besoins des agriculteurs », explique Mme Irakoze.
Les arbres fruitiers occupent également une place importante dans cette démarche. Sur la colline Nyarunazi, l’agricultrice Ntiranyibagira prévoit prochainement de planter plusieurs avocatiers dans le cadre de cette initiative. L’objectif est de diversifier les sources de revenus tout en renforçant la couverture végétale. Les autorités communales encouragent par ailleurs la multiplication des pépinières afin de rendre ces plants plus accessibles à la population et d’accélérer leur diffusion dans les différentes collines.
Mieux gérer l’eau pour préparer l’avenir
Si les efforts de conservation des sols progressent, la gestion de l’eau demeure l’un des principaux défis identifiés par les autorités locales. L’administrateur Irakoze estime qu’une réflexion plus approfondie est nécessaire afin de transformer les eaux de ruissellement en opportunité pour le développement agricole. A chaque saison des pluies, d’importantes quantités d’eau sont perdues alors qu’elles pourraient être valorisées à travers des systèmes d’irrigation adaptés. Une meilleure maîtrise de cette ressource permettrait de soutenir la production agricole même pendant les périodes de faible pluviométrie. « Nous souhaitons qu’une étude soit menée pour trouver des solutions permettant de mieux exploiter les eaux de ruissellement. Au lieu d’être une source de problèmes, elles pourraient devenir un atout pour développer l’irrigation et augmenter la production agricole », plaide l’administrateur communal.
Les autorités locales appellent également les habitants à poursuivre les efforts déjà engagés dans la protection des terres agricoles. Elles recommandent notamment l’entretien régulier des courbes de niveau, la plantation d’herbes fixatrices sur les talus ainsi que la création de fosses de récupération des eaux provenant des toitures. Pour les responsables communaux, ces actions constituent des investissements indispensables pour préserver les terres agricoles et garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
A Kiganda, les témoignages recueillis lors de cette visite montrent que l’association de l’accompagnement technique, accès aux intrants agricoles et des pratiques de résilience climatique peut produire des résultats concrets. Dans un contexte où les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir sur les exploitations familiales, l’expérience menée par Tubura avec l’appui du Fonds vert pour le climat apparait comme une piste prometteuse pour renforcer durablement les capacités des agriculteurs burundais.
Présente dans différentes provinces du Burundi, Tubura intervient principalement dans les secteurs de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’agroforesterie et du développement rural. L’organisation accompagne les petits producteurs à travers la fourniture des semences améliorées, d’intrants agricoles, de plants d’arbres et des formations techniques destinées à améliorer les rendements et les revenus des ménages ruraux.




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