Disposant d’un réseau hydrographique exceptionnel dominé par le lac Tanganyika, le Burundi fait face au paradoxe d’une eau abondante devenue une menace majeure. Selon les Nations Unies, la transition vers une gestion durable des ressources en eau est essentielle pour transformer ce défi en levier de résilience.

Au lieu de constituer une opportunité de croissance continue, l’eau s’est muée en un vecteur de risque majeur dans certaines régions du pays.
« Le pays dispose d’importantes ressources en eau. Il est bordé par le lac Tanganyika et traversé par de nombreuses rivières. Le défi consiste désormais à transformer cette richesse hydrographique en un véritable levier d’inclusion sociale, de santé publique, de sécurité alimentaire et de résilience climatique », a déclaré France Bégin, Coordinatrice Résidente a.i. du Système des Nations Unies au Burundi, lors de la célébration conjointe de la Journée mondiale de l’Environnement et de la 16e Journée Africaine des Frontières, organisée ce 16 juillet 2026.
Au lieu de constituer une opportunité de croissance continue, l’eau s’est muée en un vecteur de risque majeur dans certaines régions du pays. Les dérèglements climatiques ont intensifié les événements extrêmes au premier rang desquels figure la montée impressionnante des eaux du lac Tanganyika. Ce phénomène récurrent a causé des destructions colossales : des milliers d’habitations rasées, des écoles submergées, des infrastructures touristiques et économiques paralysées et des dizaines de milliers de citoyens forcés de fuir vers des camps de déplacement provisoires.
A cette menace s’ajoutent des pressions environnementales systémiques : érosion sévère des sols, dégradation des terres agricoles, perte accélérée de la biodiversité, glissements de terrain et inondations dévastatrices. Ces crises à répétition détruisent les acquis du développement et précarisent les moyens de subsistance de millions de personnes dépendantes des ressources naturelles.
L’eau potable et l’assainissement : un droit fondamental, pas un luxe
En parallèle de ces inondations dévastatrices, le pays fait face à un cruel paradoxe : le défi de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base pour l’ensemble de sa population. Pour la diplomate onusienne, il s’agit d’une priorité absolue et d’un socle indispensable aux Objectifs de Développement Durable (ODD).
« Investir dans l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène ainsi que dans la protection de l’environnement, c’est investir directement dans les droits et l’avenir des enfants burundais », a-t-elle martelé. Garantir un accès adéquat à l’eau dès la période prénatale permet non seulement de protéger la santé infantile et de réduire la transmission des maladies épidémiques, mais aussi d’endiguer l’absentéisme scolaire, particulièrement chez les jeunes filles.
Face à cette urgence, cette diplomate salue les initiatives développées sur le terrain qui apportent des raisons d’espérer. Elle cite entre autres les programmes de reboisement massif, de restauration des paysages dégradés et de protection des bassins versants pour ne citer que ceux-là.




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