A un an de l’élection présidentielle prévue le 3 mai 2027, le climat politique burundais se tend autour de l’organisation du scrutin. Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) multiplie les consultations, plusieurs partis d’opposition dénoncent un manque de transparence et boycottent les réunions préparatoires. Face aux inquiétudes grandissantes, le Président de la République tente de relancer le dialogue politique.

Le président de la République Evariste Ndayishimiye a réuni ce vendredi 15 mai 2026 les parties prenantes à l’élection présidentielle de 2027 dans l’objectif d’avoir un consensus sur l’organisation de ce scrutin. (Photo : RTNB)
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a organisé le 08 mai 2026, une rencontre destinée à évaluer l’état d’avancement des préparatifs de l’élection présidentielle de 2027. L’objectif affiché était de favoriser les échanges entre les différentes parties prenantes afin de préparer un scrutin apaisé et inclusif. Mais cette initiative a rapidement suscité la polémique. Cinq partis politiques : le Conseil National pour la Liberté (CNL), l’Union pour le Progrès National (UPRONA), le CODEBU, le FRODEBU et le CDP ont annoncé leur décision de ne plus participer aux réunions organisées par la CENI.
Dans une déclaration commune, ces partis politiques expliquent ne plus avoir confiance dans la capacité de la CENI à organiser des élections « transparentes, libres et impartiales ». Elles rappellent qu’après les élections législatives et communales de 2025, plusieurs recours avaient été introduits auprès des instances compétentes, y compris auprès de la présidence, sans qu’aucune suite satisfaisante n’y soit réservé. Pour ces formations politiques, un dialogue politique inclusif et crédible devrait précéder toute poursuite des préparatifs électoraux.
Des tensions jusque dans les consultations électorales
La contestation ne s’est pas limitée au boycott des cinq partis. Lors de la réunion organisée par la CENI, deux responsables politiques ont quitté les discussions avant leur terme : Gabriel Banzawitonde du parti APDR et Aloys Baricako de la formation RANAC. Les deux leaders reprochent à la CENI d’avoir associé des organisations de la société civile aux échanges, alors qu’ils s’attendaient à débattre essentiellement du calendrier électoral et des irrégularités relevées lors des précédents scrutins. Selon eux, certaines organisations invitées auraient minimisé les critiques formulées contre les élections passées, provoquant un climat de tension. Les responsables politiques estiment que les partis engagés dans la compétition électorale devraient bénéficier d’un cadre de concertation distinct avant l’implication d’autres acteurs.
De son côté, le président de la CENI, Prosper Ntahorwamiye, a déclaré que les partis étaient libres de ne pas faire confiance à l’institution, tout en soulignant que la commission poursuivait son travail conformément à la loi. Il a néanmoins regretté l’absence de certains acteurs politiques, estimant que ces réunions constituaient justement un espace pour exprimer les préoccupations et rechercher des solutions.
Dans le même temps, plusieurs voix de la société civile alertent sur les risques d’une crise politique en cas d’élections contestées. Faustin Ndikumana, directeur national de l’ONG Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM), estime qu’un pays incapable d’organiser des élections crédibles s’expose à des tensions politiques durables. Il plaide pour un dialogue approfondi sur la transparence électorale afin que les résultats soient acceptés par tous.
Le Président appelle à l’apaisement avant un scrutin crucial
Face à la montée des tensions, le Président de la République Evariste Ndayishimiye a rapidement réagi sur le réseau X. Le chef de l’Etat a indiqué avoir pris connaissance du message des cinq partis et affirmé vouloir jouer un rôle de rassembleur afin de rassurer les acteurs politiques inquiets du processus électoral.
Dans ce contexte, le chef de l’Etat a réuni ce vendredi 15 mai 2026au palais présidentiel de Kiriri les représentants des partis politiques agréés, des organisations de la société civile, des confessions religieuses ainsi que les membres de la CENI. L’objectif affiché est de parvenir à un consensus sur l’organisation du scrutin présidentiel de 2027.
Ces élections dont le coût est estimé à 115 milliards de BIF apparaissent déjà comme un test majeur pour la stabilité politique du pays.




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