Le Projet PRODECI –TURIKUMWE, dans son approche de promouvoir une main d’œuvre des femmes qualifiées dans les travaux de construction a déjà certifié 90 femmes en maçonnerie. Ces dernières ont même été appuyées en matériel de construction. Les femmes bénéficiaires de cet apprentissage remercient vivement le Projet de Développement Communautaire Intégré au Burundi (PRODECI₋TURIKUMWE) pour avoir contribué dans l’amélioration de leurs conditions de vie et de leurs familles comme le témoignent quelques femmes que nous avons rencontrées sur les différentes localités de la zone d’action du Projet PRODECI-TURIKUMWE.

Madame Médiatrice Itangishaka, mère de 5 enfants habitant la colline Rubaragaza de la commune Ruyigi dans la province Buhumuza ꓽ la formation sur la maçonnerie m’a été bénéfique.
Dans un entretien avec Madame Médiatrice Itangishaka, mère de 5 enfants habitant la colline Rubaragaza de la commune Ruyigi dans la province Buhumuza, il est ressorti que la formation sur la maçonnerie lui a été bénéfique. Elle témoigneꓽ « Après la formation, le projet m’a offert un kit d’accompagnement constitué par différents matériels de construction. En plus de cet appui en kit de construction, le projet nous a aussi soutenu pour manger de la viande de chèvre « KURYA IMPENE » dans le cadre des cérémonies culturelles d’intronisation dans le métier de maçonnerie. Nous avons célébré ensemble autour d’un verre comme on le fait toujours lorsqu’ on accueille les novices dans le métier de maçon ».
Madame Médiatrice est contente parce qu’elle est souvent engagée comme maçonne et perçoit 20 0000 FBU par jour. Elle est ravie car ce montant équivaut à celui qu’elle pourrait percevoir pendant 3 jours lorsqu’elle travaille dans les champs des voisins.
Médiatrice a amélioré les conditions de vie de sa famille
Grâce à ce métier, Madame Médiatrice est ravie, car elle s’est déjà achetée une machine à coudre à un montant de 480 000 FBu, une bicyclette pour un montant de 310 000 FBu ainsi qu’un porcelet pour un montant de 170 000 FBu et elle a pour le moment 5 porcins. Elle est également en train de se construire une maison couverte de tôle.

Madame Médiatrice est ravie, car elle s’est déjà achetée une machine à coudre à un montant de 480 000 FBu, une bicyclette pour un montant de 310 000 FBu.
Médiatrice demande aux autres femmes de lui emboîter le pas, car il s’agit d’un bon métier.
La 2ème femme avec qui nous nous sommes entretenus est Madame Mawazo Nadine Françoise, réfugiée, habitant le camp de Bwagiriza en commune RUYIGI, Province de BUHUMUZA.
Grâce au métier de maçonnerie, elle s’est achetée des poules et des porcins. Avec ce petit bétail, elle a des facilités à avoir du fumier pour son jardin potager, car elle est bénéficiaire de microentreprises.

Madame Mawazo Nadine Françoise, réfugiée, habitant le camp de Bwagiriza en commune RUYIGI, Province de BUHUMUZA ꓽ «Grâce au métier de maçonnerie, je me suis achetée des poules et des porcins».
Delphine Mugisha de la colline Busasa, commune Muyinga dans la province Buhumuza se réjouit elle aussi car grâce au métier de maçonnerie. Elle parvient à louer un terrain cultivable pour un montant de 200 000 FBu sans faire recours à son mari.
A part les 3 femmes rencontrées, PRODECI –TURIKUMWE a déjà enregistré d’autres témoignages
MBONIBOGOYE Triphonie est une jeune femme de 24 ans, veuve et mère d’un enfant. Elle a travaillé au chantier de PRODECI-TURIKUMWE au site d’extension du CDS Rusimbuko, en Commune Gasorwe. Elle habite sur la Colline Bihogo de la même Commune non loin du chantier. Motivée par Save the Children, lors de la mobilisation communautaire informant l’opportunité du travail à la communauté environnante en générale et les femmes en particulier pour aller demander du travail avec possibilité d’apprendre le métier de maçonnerie, MBONIBOGOYE Triphonie n’a pas trainé les pieds et a eu la chance de figurer parmi la main d’œuvre du chantier dès le début des activités.
Ayant pris connaissance de la possibilité pour les femmes comme les hommes de pouvoir apprendre le métier de maçon, elle a exprimé son opinion au chef de chantier et a eu une réponse favorable. C’est ainsi qu’elle a été confiée au chef d’équipe de ferrailleurs pour apprentissage. Elle a commencé avec deux autres femmes qui n’ont pas pu tenir.
Madame Triphonie n’a pas été découragée par ces deux femmes. Son courage et son engouement à accroître ses potentialités l’a permis de tenir jusqu’à une étape appréciable par ses encadreurs y compris le chef de chantier.
« J’ai commencé à apprendre le métier de ferrailleur, lequel m’a été facile à maîtriser et m’a permis de découvrir mes talents en matière du métier de maçonnerie. Toutefois, comme j’avais appris que ce métier de ferrailleur ne dure pas dans les chantiers (les activités de ferraillage se font au début du chantier pour la fixation des semelles et des colonnes) après j’ai entamé l’apprentissage du Métier de Maçon », temoigne-t-elle.
Voilà que MBONIBOGOYE Triphonie est actuellement meilleure en maçonnerie dans toutes ses différentes formes : ferraillage, construction à l’aide des moellons ou des briques, pavages, bétonnage, contrôle des murs tant en bas qu’en haut niveau.
Après sa certification, elle a travaillé comme maçonne à d’autres chantiers du projet notamment celui de l’ECOFO Buzibira, en Commune Gasorwe, où elle a été modèle aux autres femmes.
Une autre femme du nom de Joselyne NGEREMUMINWE lui a emboîté le pas et elle aussi est pour le moment meilleure.
Contrairement aux préjugés liés à la culture burundaise, MBONIBOGOYE Triphonie ne craint pas d’escalader pour travailler sur les hauts niveaux de construction. Elle est très heureuse et fière de son travail, elle est assidue et travaille ensemble avec les hommes sans complexe. Les hommes avec qui elle travaille témoignent de ses talents et son courage et l’encourage à aller toujours de l’avant.
Interrogée sur les risques d’EAS/HS de la part des maçons qui l’encadrent en guise de compensation aux connaissances lui données, MBONIBOGOYE Triphonie répond en disant que la sensibilisation de Save the Children a eu un impact positif, que depuis son apprentissage, elle n’a pas encouru de ce risque, « Les autres maçons sont comme mes frères, ils sont bien sensibilisés et respectent le code de conduite » ajoute-t-elle.
MBONIBOGOYE Triphonie termine en disant qu’elle se sent capable et valorisée.
IRAKOMEYE Evelyne n’y va pas par quatre chemins. Elle est une jeune fille de 19 ans, de la colline Kiyange, Zone Gasave, Commune Buhinyuza abonde dans le même sens. Elle a travaillé au chantier du CDS Kiyange depuis le début des activités.
Encouragée par Save the Children, elle a profité de l’opportunité d’être formée en métier de Maçonnerie, elle s’est fait inscrire avec d’autres filles et femmes et a eu la chance d’être certifiée et appuyée en matériels de construction, de ferraillage et de charpente. Après cette homologation, il y a eu revu à la hausse de son salaire.
La sensibilisation sur la bonne conduite et les conseils qu’on lui a prodigués lui a permis de bien gérer les revenus et de constituer une épargne sur la rémunération. Elle admet que son niveau de vie a commencé à s’améliorer. « J’ai déjà acheté deux chèvres, je m’achète de bons habits et je mange bien. Je me sens fière de moi-même. Personne ne peut me tromper pour m’exploiter sexuellement. je m’achète moi-même ce dont j’ai besoin», argue-t-elle.
C’est de même pour CIMPAYE Joselyne. Elle est une femme de 45 ans ressortissante de la colline Nyarusange, de la Zone Cumba en Commune de Muyinga. Elle a été formée et certifiée en métier de Maçonnerie dans le cadre du projet PRODECI-TURIKUMWE sous l’encadrement de Save the Children au chantier de l’ECOFO Nyarusange avec 4 autres femmes.
Après sa certification, elle a été embauchée à titre de maçon à deux chantiers du PRODECI-TURIKUMWE à savoir le chantier de la construction de la salle polyvalente du Lycée communale Cumba et le chantier du hangar du marché de Cumba.
Elle témoigne qu’elle est très fière de ce métier bien qu’elle l’ait appris à l’âge avancé ça ne lui cause aucun problème. « Je remercie vivement Save the Children pour m’avoir encouragée, je ne pensais pas que je serais capable mais voilà que je suis meilleure comme les hommes. Avant de connaitre ce métier, je vivais dans la pauvreté. J’ai des enfants qui sont encore à l’école, ces enfants allaient abandonner l’école. Mais actuellement avec ce métier, je suis capable de subvenir aux besoins des enfants en particulier et de tout le ménage en général. Je loue des terres cultivables, ou j’ai récolté, 80 kg de haricots pour cette saison B passé de 2025. J’ai même acheté une chèvre et je prévoie terminer ce chantier après avoir acheté une autre. » raconte-t-elle.
L’apprentissage du métier de maçonnerie aux femmes par le projet PRODECI-TURIKUMWE contribue dans l’autonomisation économique des femmes et par là dans la lutte contre les inégalités de genre. Celles –ci étant une des causes les importantes de pauvreté. Notons que quelques femmes ont formé un groupe watsaap qui leur permet de saisir des opportunités d’emploi en temps utile. Toutes les femmes rencontrées remercient vivement le projet PRODECI –TURIKUMWE et ses partenaires qui les ont appuyées dans la réussite de ce métier non familier aux femmes. Elles demandent au projet de continuer cette approche afin de ne laisser personne de côté dans le développement.




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