Gouvernance

La carte d’identité biométrique en marche, entre ambitions et défis

Le Burundi amorce la transition vers une carte nationale d’identité biométrique, présentée comme un outil clé de modernisation administrative et d’intégration régionale. Ce document sécurisé, conforme aux standards internationaux, pourrait permettre aux citoyens burundais de circuler plus facilement au sein de l’Afrique de l’Est tout en renforçant la lutte contre la fraude identitaire. Mais malgré ses promesses, le projet reste suspendu à des réformes juridiques et à plusieurs défis techniques.

La carte nationale d’identité biométrique devrait bientôt voir le jour, sans qu’une date précise ne soit encore annoncée.

 

Le Burundi franchit une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration. Le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique a présenté mercredi le 6 mai 2026 une plateforme numérique destinée à la gestion des documents d’état civil et à la production de la future carte nationale d’identité biométrique. Mais cette réforme tant attendue est freinée en quelque sorte par le cadre légal. Selon le directeur général responsable du programme Administration et Territoire au sein du ministère, le projet est en préparation depuis plusieurs années. Toutefois, sa mise en œuvre reste conditionnée par l’adaptation du cadre légal encore basé sur des procédures d’enregistrement manuel. « Les textes actuels doivent être révisés pour intégrer les nouvelles technologies », a-t-il expliqué, rappelant que les documents d’identité constituent le socle de toute activité administrative dans le pays.

La future carte d’identité biométrique se distingue par ses nombreuses innovations. Elle intégrera des données biométriques, notamment les empreintes digitales et offrira un niveau de sécurité élevé, rendant toute falsification ou duplication extrêmement difficile. Une autre avancée majeure est que cette carte permettra aux citoyens burundais de circuler dans les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) sans avoir besoin d’un passeport, conformément aux accords régionaux sur la libre circulation des personnes.

« Elle contiendra des informations comparables à celles d’un passeport », a précisé Richard Ndayisaba, secrétaire permanent chargé du domaine de la sécurité publique. Le numéro unique attribué à chaque citoyen sera utilisé dans l’ensemble des documents officiels, y compris le passeport, renforçant ainsi la traçabilité et la cohérence des données.

Une carte pour limiter la fraude identitaire

Les autorités voient dans cette réforme un moyen efficace de mettre fin aux irrégularités liées à l’identification des personnes. Grâce à l’intégration des données biométriques, il ne sera plus possible pour un individu de détenir plusieurs cartes d’identité. Cette innovation devrait également réduire les cas d’usurpation de nationalité et l’obtention frauduleuse de documents burundais par des étrangers.

Le projet est actuellement en phase pilote dans une douzaine de communes. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble du territoire national, jusqu’au niveau des zones. Pour soutenir cette transformation, le gouvernement prévoit de s’appuyer sur des partenaires techniques, notamment les opérateurs de télécommunications comme Lumitel et Onatel. Des solutions alternatives, telles que l’énergie solaire et les routeurs internet, sont également envisagées pour pallier les insuffisances en infrastructures.

Les autorités annoncent que la future carte d’identité sera obligatoire pour tout citoyen en âge de la détenir. Son coût sera fixé à un niveau abordable avec des mécanismes d’accompagnement prévus pour les populations les plus vulnérables. Les demandeurs devront fournir des informations actualisées afin de garantir la fiabilité des données. Les anciennes cartes d’identité seront progressivement retirées.

Le coût global du projet est estimé à environ 15 milliards de BIF. Ce budget couvrira notamment l’acquisition des équipements, la mise en place des centres de production et le déploiement des infrastructures à travers le pays. Lancé dès 2021 en collaboration avec des partenaires internationaux spécialisés dans la digitalisation, ce projet marque une avancée significative vers une administration moderne et sécurisée.

Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis persistent. Outre la révision des lois, le pays doit faire face à des contraintes liées à l’accès à l’électricité, à la connectivité internet et à la formation du personnel de l’état civil.

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Gilbert Nkurunziza.

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