La construction des bureaux zonaux au Burundi suscite des inquiétudes au Parlement. Alors que 300 bâtiments sur 360 prévus sont déjà érigés, de nombreuses infrastructures présentent des problèmes de fuites. Une situation qui interroge sur la qualité des travaux et la responsabilité des acteurs impliqués.

L’ensemble des bureaux zonaux nouvellement construits ont un problème commun : la fuite de l’eau de pluie dans la toiture.
300 bureaux zonaux ont déjà été construits sur les 360 initialement prévus. Cela a été révélé le 20 avril 2026 lors de la présentation du rapport de mise en œuvre du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) pour le 1er semestre de l’exercice 2025-2026 où le Premier ministre Nestor Ntahontuye était invité par le Parlement réuni en congrès. Cependant, un constat préoccupant a émergé : la quasi-totalité de ces bâtiments présente des problèmes de fuites ou d’infiltrations d’eau, surtout lors de fortes pluies. Une situation qui a suscité de vives réactions au sein des parlementaires, étonnés de constater un problème aussi répandu sur des infrastructures censées être modernes et fonctionnelles.
Face à cette situation, différents parlementaires ont exprimé leur incompréhension. Le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, a notamment soulevé des interrogations sur l’origine de ces défaillances généralisées. Selon lui, il est difficile de comprendre pourquoi des bâtiments construits par différentes entreprises à travers le pays présentent tous le même problème. Il s’interroge sur la possibilité d’une mauvaise exécution des travaux, d’un défaut de conception ou même d’éventuelles irrégularités dans l’attribution des marchés publics.
Il a ainsi questionné : « S’agit-il d’entreprises qui ont mal exécuté les travaux, d’un problème lié à la conception initiale des toitures, ou encore d’un défaut généralisé dans les plans de construction ? » Pour lui, une auto-évaluation sérieuse au niveau du ministère en charge de l’Intérieur serait nécessaire afin de comprendre l’origine réelle du problème. Ces interrogations renforcent le sentiment d’incompréhension face à une situation jugée incohérente. Comment expliquer que des bâtiments construits dans différentes provinces du pays par des entreprises différentes, présentent les mêmes défauts de fuites ?
Une explication du gouvernement et des travaux encore incomplets
De son côté, le Premier ministre Nestor Ntahontuye a tenté d’apporter des éléments d’explication. Selon lui, bien que la majorité des bureaux zonaux présentent des fuites d’eau, il s’agit d’un problème relativement simple à corriger. Il a précisé que ces bâtiments sont encore en phase de finalisation et que plusieurs d’entre eux n’ont pas encore fait l’objet de réception définitive. Dans de nombreux cas, les travaux essentiels ont déjà été réalisés, notamment l’élévation des murs, le pavage et la pose des toitures.
Cependant, certaines finitions techniques n’auraient pas encore été correctement achevées. Ce qui pourrait expliquer les infiltrations d’eau constatées lors de fortes pluies. Il a également souligné que dans le domaine de la construction, certaines erreurs peuvent survenir et nécessiter des corrections avant la mise en service définitive des infrastructures. Selon lui, ces bâtiments ne sont pas définitivement défectueux puisque des interventions de correction sont encore possibles avant leur réception officielle et leur utilisation effective.
Après tout, cette situation met en lumière les défis liés à la qualité des infrastructures publiques au Burundi et la nécessité d’un contrôle plus rigoureux dans la conception, l’exécution et la supervision des projets de construction.




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