Agriculture

L’accès aux fertilisants organo-minéraux : Les exploitants agricoles ne voient pas à quel saint se vouer

L’accès aux fertilisants organo-minéraux reste encore problématique. Une demande élevée par rapport aux prévisions et l’insuffisance des devises pour importer les matières premières nécessaires à la production de ces derniers sont les causes majeures de cette situation. 

Dans l’ensemble, 62,3 pour cent des agriculteurs ont appliqué de l’engrais sur leurs cultures.

 

Les fertilisants organo-minéraux produits par la société Fomi ne peuvent pas satisfaire la demande pour le moment. Dans une émission publique animée le 11 juin 2026 au chef-lieu de la province de Gitega, Nestor Ntahontuye, premier ministre explique l’origine de cette situation.

Selon lui, les exploitants agricoles qui ont besoin de ces fertilisants sont devenus nombreux, car le secteur agricole fait partie des secteurs porteurs de croissance. Raison pour laquelle beaucoup de gens se sont engagés d’opérer dans ce secteur.

Suite à cela, le gouvernement se retrouve avec une demande en fertilisants organo- minéraux inférieure aux prévisions. De plus, Ntahontuye évoque la question des devises nécessaires pour importer les matières premières entrant dans la production des fertilisants.

Malgré ces défis, il indique que le gouvernement est en train de faire tout son possible pour satisfaire la demande en ce qui concerne les fertilisants. Il demande à la population de développer la stratégie du compostage pour produire des fertilisants organiques à associer avec les fertilisants organo-minéraux de Fomi.

Ceux qui disposent des tickets seront prioritaires

Du reste, il promet de prioriser ceux qui n’ont pas encore bénéficié de leurs fertilisants alors qu’ils ont déjà payé et qui disposent même de tickets pour la saison culture A.

Ntahontuye laisse entendre que le gouvernement fait des efforts pour permettre à la population de bénéficier des fertilisants à bas prix. Il subventionne l’accès aux fertilisants à hauteur de 68% et les exploitants agricoles ne paient que 32%.

Pourtant, malgré les efforts fournis par l’Etat, les exploitants agricoles s’inquiètent du fait qu’ils ont du mal à trouver des fertilisants de Fomi.

Certains n’ont même pas été servis alors qu’ils ont payé l’argent nécessaire pour bénéficier des fertilisants. Les lamentations fusent de partout car, s’ils n’utilisent pas ces fertilisants, la récolte n’est pas bonne.

L’utilisation des engrais au Burundi varie selon le type de culture

Selon l’Analyse Globale de la Vulnérabilité, de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition au Burundi (AGVSAN 2023), l’utilisation des engrais au Burundi varie selon le type de culture. La majorité des agriculteurs ont appliqué des engrais sur les pommes de terre et les légumes.

Ces deux cultures sont des cultures commerciales au Burundi et sont principalement vendues sur le marché local. Selon la même analyse, assez peu d’agriculteurs ont appliqué l’engrais sur le manioc et les patates douces.

L’utilisation des engrais varie d’une province à l’autre, mais elle est également liée au type de cultures qui y sont emblavées. Le pourcentage le plus élevé d’agriculteurs utilisant des engrais a été trouvé à Kayanza (92,1 pour cent), suivi de Ngozi (88,2 pour cent) et de Mwaro (82,6 pour cent).

38% des agriculteurs n’ont pas utilisé l’engrais

Dans l’ensemble, 62,3 pour cent des agriculteurs ont appliqué l’engrais sur leurs cultures. Cela signifie qu’environ 38 pour cent des agriculteurs n’ont pas du tout appliqué l’engrais sur les cultures. D’autre part, la plupart du temps, les agriculteurs n’élèvent pas leur bétail pour produire leur propre fumier.

En conséquence, le rendement des cultures est assez faible dans le pays et l’insécurité alimentaire s’ensuit.

La même analyse de 2023 souligne qu’en 2008, l’insécurité alimentaire était de 27,8 pour cent, 32% en 2014, 44,6% en 2018 et à 41,2% en 2023 au niveau national.

L’insécurité alimentaire s’ensuit

En conséquence, la population en situation d’insécurité alimentaire est passée de près de 3 000 000 en 2014 à 5 396 556 en 2023, soit près du double.

Parmi les provinces, l’insécurité alimentaire la plus élevée a été observée à Kirundo (74,1 %), suivie de Muramvya (65,2 %), Ruyigi (54,3 %) et Bururi (51,1 %). L’insécurité alimentaire la plus faible a été observée à Bujumbura Mairie (13,1 pour cent), suivie de Makamba (17 pour cent), Rutana (21,8 pour cent), Cankuzo (27 pour cent) et Bujumbura Rural (27,2 pour cent).

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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