Société

Les évêques catholiques s’inquiètent des défis socio-économiques du pays

Réunis à Bujumbura du 1er au 5 juin 2026, les évêques catholiques du Burundi ont dressé un tableau préoccupant de la situation du pays. Tout en saluant certains acquis, notamment en matière de sécurité, ils ont attiré l’attention sur plusieurs difficultés qui affectent la population, allant de l’agriculture à la justice, en passant par le coût de la vie et les infrastructures.

Les responsables de l’Eglise catholique du Burundi sont préoccupés par les défis socio-économiques, sécuritaires, etc. auxquels le pays fait face.

 

Les membres de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi (CECAB) ont exprimé leurs inquiétudes face à plusieurs défis qui touchent le pays. Ces préoccupations figurent dans un communiqué lu par Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et président de la CECAB. Les évêques ont d’abord salué le climat de sécurité qui prévaut dans le pays et la période de récolte en cours. Toutefois, ils ont estimé que les rendements agricoles demeurent insuffisants. Selon eux, cette situation s’explique notamment par une mauvaise répartition des pluies dans certaines régions et par les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour obtenir à temps les engrais chimiques. Ils soulignent que plusieurs cultivateurs avaient déjà payé ces intrants sans pour autant les recevoir au moment opportun.

Les évêques catholiques se disent également préoccupés par la hausse continue des prix des produits de première nécessité. Ils évoquent notamment les difficultés d’accès aux denrées alimentaires et aux médicaments, devenus de plus en plus onéreux ou parfois indisponibles. La pénurie persistante de carburant figure également parmi les problèmes soulevés. D’après les évêques, cette situation complique le transport des personnes et des marchandises et ralentit les échanges économiques à travers le pays.

Infrastructures dégradées et exode des compétences

La CECAB a aussi attiré l’attention sur l’état de certaines infrastructures publiques. Les évêques déplorent la dégradation avancée de nombreuses routes à travers le pays. Selon eux, cette situation favorise les accidents de circulation, parfois mortels et entrave la mobilité des citoyens. Par ailleurs, ils ont exprimé leur inquiétude face au départ croissant de nombreux Burundais qualifiés vers l’étranger. Les secteurs de l’éducation et de la santé seraient particulièrement touchés par ce phénomène.

Les évêques regrettent que des enseignants, des médecins et d’autres professionnels choisissent de quitter le pays à la recherche de meilleures conditions de vie ailleurs. Ils estiment que les salaires actuellement perçus par ces catégories socioprofessionnelles restent largement inférieurs au coût réel de la vie. Ce qui pousse de nombreux travailleurs à chercher des opportunités en dehors du pays.

Interrogations sur certaines mesures et préoccupations sécuritaires

Les responsables de l’Eglise catholique ont également réagi à la campagne de pavage des abords des parcelles et des maisons longeant les routes. Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement en faveur de la propreté et de l’assainissement, ils s’interrogent sur l’impact financier de cette mesure pour les ménages déjà fragilisés par la cherté de la vie. Ils soulèvent aussi des questions liées à ses éventuelles conséquences environnementales. Les évêques ont en outre exprimé leurs préoccupations concernant certaines activités organisées le dimanche, estimant qu’elles peuvent empêcher les chrétiens de participer aux célébrations religieuses.

Enfin, ils se sont interrogés sur des cas signalés de collecte de contributions en faveur d’un parti politique auprès de personnes qui n’en sont pas membres. Ils se demandent si de telles pratiques sont conformes aux dispositions de la Constitution burundaise, notamment son article 75. La CECAB s’est également alarmée de la recrudescence de la criminalité dans le pays. Les évêques évoquent notamment des cas de personnes retrouvées mortes dans diverses localités sans que les circonstances ou les auteurs des crimes soient clairement identifiés. Ils ont aussi dénoncé le maintien en détention de certains prisonniers ayant pourtant déjà purgé la peine prononcée par la justice.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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