Au moment où le tourisme est devenu un secteur incontournable pour le développement des pays, il reste encore un long chemin à faire pour le Burundi. Des défis liés au cadre légal, et que d’autres liés aux services n’arrangent pas les investisseurs dans ce secteur. Ils ont été pointés du doigt par le Président de la République lors d’une réunion avec les cadres du ministère en charge du tourisme.

La plupart des sites touristiques sont gérés par l’OBPE et que seuls quelques-uns le sont par les agents du ministère en charge du tourisme.
Le tourisme burundais peine à devenir un véritable levier d’une croissance économique au service d’un Burundi, pays émergent en 2040 et d’un pays développé en 2060 comme le souhaitaient les états généraux du tourisme au Burundi, édition 2024. Ce secteur est hanté par de nombreux défis, pourtant suffisamment identifiés lors de différentes activités consacrées au développement du pays telles que les forums nationaux sur le développement ou les états généraux du tourisme au Burundi. L’organisation de ces activités montre à quel point ce secteur est jugé crucial pour le développement du pays. Des réponses aux différents défis existants ont également été proposées. Néanmoins, leur mise en application semble tarder à suivre.
Parmi les défis identifiés figure celui lié au cadre légal et réglementaire, le secteur touristique faisant face à un chevauchement observé entre différents ministères. « C’est dommage de voir les touristes accueillis tantôt par les agents du ministère en charge de l’environnement, tantôt par ceux du ministère en charge de la culture, etc. De plus, certains sites touristiques sont gérés par l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE), d’autres par l’administration… », déplore M. Jacques Bigirimana, Directeur Général du Tourisme.
Le chef de l’Etat a fait le même constat le 14 août 2026 lors d’une réunion avec les cadres et agents du ministère en charge du tourisme. Il a rappelé que la plupart des sites touristiques sont gérés par l’OBPE et que seuls quelques-uns le sont par les agents du ministère en charge du tourisme. A cause de ce chevauchement, plusieurs sites touristiques ne respectent pas les normes en la matière.
Un secteur hôtelier peu développé
Lors de cette même réunion, le chef de l’Etat a également regretté les difficultés que rencontrent ceux qui souhaitent investir dans le secteur hôtelier. Il déplore le fait que certains investisseurs arrivent avec des projets de construction de grands hôtels, mais qui manquent d’espaces suffisants pour les réaliser et finissent par bâtir sur des parcelles très réduites. A titre d’exemple, il a évoqué le cas d’un hôtel de douze niveaux récemment construit sur une superficie de seulement onze ares dans la commune de Mukaza à Bujumbura.
Il estime que les services en charge du tourisme devraient plutôt rechercher des promoteurs porteurs de grands projets et leur indiquer des emplacements appropriés. Il regrette par ailleurs que ceux qui souhaitent investir dans ce secteur se voient parfois réclamer de nombreux pots-de-vin. Ce qui les pousse finalement à renoncer à leurs projets.




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