Les acteurs du projet Soleil Nyakiriza, les institutions de microfinance, entreprises du secteur privé bénéficiaires du FESEC, plusieurs associations féminines et ceux de Batwa ont échangé sur les stratégies visant à élargir l’accès à l’énergie solaire et aux foyers de cuisson modernes. L’atelier organisé par le RCBIF a mis l’accent sur les difficultés rencontrées par les ménages ruraux pour acquérir ces équipements, malgré les avancées déjà enregistrées dans le cadre du projet. Les participants ont notamment plaidé pour des mécanismes de financement plus souples afin de permettre aux populations, y compris les Batwa, d’accéder progressivement à des solutions énergétiques durables et respectueuses de l’environnement.

Selon Samuel Macumi (à droite), coordinateur national du projet Soleil Nyakiriza, ce programme poursuit des objectifs ambitieux à l’horizon 2030. Il vise notamment à permettre à 60 % des ménages burundais d’accéder à l’électricité produite à partir de l’énergie solaire. Par ailleurs, 40 % des ménages devraient adopter des foyers de cuisson modernes ou d’autres solutions de cuisson durables et respectueuses de l’environnement.
Le Réseau des Confessions Religieuses pour la Promotion de la Santé et le Bien-être Intégral de la Famille, RCBIF/urunani NDEMESHABUZIMA, en collaboration avec l’unité de coordination du projet Soleil Nyakiriza, a organisé le 12 mai 2026 à Bujumbura un atelier régional consacré à la promotion de l’énergie solaire et des solutions modernes de cuisson. Cette rencontre a réuni des représentants des groupements féminins, des associations des Batwa, des institutions de microfinance (IMF), des autorités administratives ainsi que des entreprises privées soutenues par le Fonds d’Énergie Solaire et de Cuisson (FESEC).
A travers cette activité, les organisateurs entendaient renforcer les capacités des bénéficiaires, améliorer les mécanismes de collaboration entre les différents partenaires et faciliter l’accès des ménages aux kits solaires ainsi qu’aux équipements de cuisson économe et propre. L’initiative s’inscrit dans la politique nationale visant à promouvoir les énergies renouvelables et à réduire progressivement la dépendance au bois de chauffage, encore largement utilisé dans les ménages burundais.
Un projet orienté vers l’accès à l’énergie durable
Prenant la parole lors de cet atelier, le coordinateur national du projet Soleil Nyakiriza, Samuel Macumi, a expliqué que cette rencontre régionale avait été organisée afin de permettre aux partenaires déjà impliqués dans le programme de mieux comprendre leur rôle dans la diffusion des équipements solaires et des foyers de cuisson modernes. Selon lui, le projet Soleil Nyakiriza poursuit des objectifs ambitieux à l’horizon 2030. Il prévoit notamment que 60 % des ménages burundais aient accès à l’électricité produite à partir de l’énergie solaire, tandis que 40 % utiliseront des foyers de cuisson modernes ou grâce à d’autres solutions de cuisson durables et respectueuses de l’environnement.
Le coordinateur national a rappelé que le programme s’articule autour de deux grands volets. Le premier concerne l’installation de systèmes de cuisson économe et propre ainsi que l’électrification solaire des écoles, des centres de santé et des hôpitaux communaux. Le second volet vise à rapprocher les kits solaires et les équipements de cuisson moderne des ménages, notamment en milieu rural.
Concernant le premier volet, Samuel Macumi a indiqué que des progrès importants ont déjà été réalisés. Sur les 400 écoles prévues dans le cadre du projet, 374 ont déjà été équipées de systèmes de cuisson économes et propres. En parallèle, 34 écoles bénéficient déjà de l’électricité issue de l’énergie solaire, tandis que les autres établissements seront progressivement équipés.
Dans le secteur de la santé, le projet affiche également des résultats avancés. Selon les chiffres communiqués lors de l’atelier, 361 centres de santé et hôpitaux communaux sur les 400 ciblés disposent déjà d’installations solaires destinées à améliorer les conditions de travail du personnel soignant et la qualité des services offerts à la population.
Le deuxième volet, centré sur les ménages, montre lui aussi une évolution importante. Plus de 110 000 ménages ont déjà reçu des équipements liés à la cuisson économe et propre, alors que le projet avait initialement prévu d’atteindre 65 000 ménages. Pour les kits solaires, 36 911 ménages ont déjà été équipés sur les 65 000 ciblés.
Les défis de l’accès à l’énergie en milieu rural
Malgré ces avancées, les responsables du projet reconnaissent que plusieurs défis persistent, particulièrement dans les zones rurales éloignées. M. Macumi a souligné que les habitants vivant loin des centres urbains ou des lignes électriques classiques ne bénéficient pas encore suffisamment des équipements proposés par le projet. Il a expliqué que les difficultés de déplacement constituent l’un des principaux obstacles. Dans de nombreuses provinces, les kits solaires et les foyers améliorés restent surtout accessibles dans les chefs-lieux provinciaux et communaux. Ce qui limite leur diffusion dans les collines les plus reculées.
Le manque de moyens financiers représente également une difficulté majeure pour les ménages ruraux. Même lorsque les populations manifestent un intérêt pour les équipements solaires ou les foyers modernes, le coût d’acquisition reste souvent élevé pour des familles disposant de revenus modestes. Face à cette situation, les organisateurs de l’atelier estiment que le partenariat avec les institutions de microfinance peut constituer une solution concrète pour faciliter l’accès à ces technologies. L’objectif est de permettre aux ménages de payer progressivement les équipements, grâce à des mécanismes de crédit adaptés aux réalités économiques locales.
C’est dans cette perspective que des ateliers régionaux similaires sont organisés dans d’autres provinces du pays. Ces rencontres permettront aux différentes parties prenantes : administrations locales, entreprises privées, IMF, associations féminines, organisations des Batwa et coopératives… d’échanger sur les stratégies à mettre en place pour élargir l’accès aux équipements énergétiques modernes.
Les promoteurs du projet espèrent ainsi renforcer la participation de chaque acteur dans l’atteinte des objectifs nationaux liés à l’accès à l’énergie propre. Ils soulignent également que cette transition énergétique devrait contribuer à la protection de l’environnement et à l’amélioration de la santé publique, notamment grâce à la réduction de la fumée produite par les foyers traditionnels.

Les échanges entre les participants ont également mis en lumière le rôle déterminant des institutions de microfinance dans la réussite du projet. Plusieurs bénéficiaires ont d’ailleurs témoigné des avantages qu’ils retirent de cette collaboration.
Le rôle des femmes et des institutions de microfinance
Lors de l’atelier, le secrétaire exécutif du RCBIF, André Bizoza, a insisté sur l’importance de soutenir les femmes dans l’accès aux équipements énergétiques modernes. Selon lui, cette initiative vise non seulement à protéger l’environnement, mais également à offrir aux femmes des outils leur permettant de développer des activités génératrices de revenus dans de meilleures conditions de travail. L’utilisation des kits solaires peut notamment favoriser le développement de petits commerces, d’activités artisanales ou de services nécessitant l’électricité.
Les échanges entre les participants ont également mis en évidence le rôle déterminant des institutions de microfinance dans la réussite du projet. Plusieurs bénéficiaires ont témoigné des avantages qu’ils tirent de cette collaboration. Une femme membre d’un groupement bénéficiaire a expliqué que les crédits proposés par les IMF leur ont permis d’acquérir des équipements sans devoir mobiliser immédiatement toutes leurs ressources financières. Selon son témoignage, les ménages peuvent ainsi utiliser une partie de leurs revenus pour d’autres besoins liés au développement familial, tout en remboursant progressivement les équipements énergétiques. Elle estime que ce système contribue à réduire la pauvreté au sein des familles, en particulier chez les femmes qui portent souvent une grande partie des charges domestiques.
Les représentants des entreprises partenaires ont également présenté leur mode de fonctionnement. L’un d’eux a expliqué que les entreprises collaborent directement avec les institutions de microfinance afin de faciliter l’octroi de crédits aux bénéficiaires intéressés par les produits solaires et les foyers améliorés. Dans certains cas, des techniciens sont intégrés au sein même des IMF afin d’accompagner les clients. Ces techniciens assurent des séances d’information sur l’utilisation des équipements, leur entretien ainsi que leur efficacité énergétique. Pendant ce temps, les institutions financières prennent en charge les modalités de crédit et de remboursement.
Les partenaires du projet affirment également travailler en étroite collaboration avec les autorités administratives locales dans les activités de mobilisation et de sensibilisation des populations. Avant toute campagne de promotion, les entreprises rencontrent les responsables locaux afin de coordonner les actions et d’assurer une meilleure adhésion des communautés concernées.
Vers un contrôle renforcé de la qualité des équipements
Au-delà de l’accès aux équipements, le projet Soleil Nyakiriza entend aussi renforcer le contrôle de la qualité des produits introduits sur le marché burundais. Dans cette optique, un laboratoire de tests d’efficacité énergétique des foyers améliorés a déjà été mis en place à Université du Burundi. Cette infrastructure permettra d’évaluer les performances des équipements de cuisson moderne afin de garantir leur conformité aux normes de qualité et leur efficacité énergétique.
Par ailleurs, les responsables du projet ont annoncé qu’à l’avenir, les kits solaires ne pourront plus être commercialisés au Burundi sans avoir été contrôlés par le Bureau Burundais de Normalisation et Contrôle de la Qualité (BBN). Cette mesure vise à protéger les consommateurs contre les équipements de mauvaise qualité et à assurer une meilleure durabilité des installations.
Les participants à l’atelier considèrent que ces initiatives constituent une étape importante dans la transition énergétique du pays. En améliorant l’accès à l’énergie solaire et aux solutions de cuisson durable, les autorités et leurs partenaires espèrent réduire la pression sur les ressources forestières, améliorer les conditions de vie des ménages et favoriser le développement économique local.
A travers les différents témoignages recueillis lors de cette rencontre régionale, il apparaît que les populations manifestent un intérêt croissant pour les technologies énergétiques modernes. Toutefois, les acteurs impliqués reconnaissent que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour garantir un accès équitable aux équipements, particulièrement dans les régions rurales les plus éloignées. L’atelier de Bujumbura a ainsi permis de mettre en lumière les progrès déjà réalisés par le projet Soleil Nyakiriza, mais aussi les défis qui demeurent pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.




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