Commerce

Commerce transfrontalier : Un mécanisme de subventions pour renforcer les chaînes de valeur agricoles lancé

Le gouvernement du Burundi a officiellement lancé, jeudi le 23 juillet 2026 à Bujumbura, le mécanisme de gestion des subventions destinées aux associations de commerçants transfrontaliers et aux coopératives d’agripreneurs. Mis en œuvre dans le cadre du Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL), financé par la Banque Mondiale, ce dispositif entend lever les principaux obstacles au commerce transfrontalier en soutenant les investissements dans la transformation, le stockage et la commercialisation des produits agricoles.

L’atelier a réuni les institutions publiques, des associations et coopératives des commerçants transfrontaliers.

 

Le ministère des Ressources Minières, Energétiques, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme a procédé au lancement officiel du mécanisme de gestion des subventions (GMS), une nouvelle étape du Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL). L’initiative a réuni des représentants de la Banque Mondiale, des institutions publiques, des associations de commerçants transfrontaliers, des coopératives, des organisations d’agripreneurs, du secteur privé ainsi que des médias.

Selon les responsables du projet, ce mécanisme constitue l’un des principaux instruments de la composante consacrée au développement des chaînes de valeur transfrontalières. Il vise à soutenir les initiatives économiques capables d’accroître les échanges commerciaux entre les pays de la région des Grands Lacs tout en créant davantage de valeur ajoutée autour des produits agricoles.

Dans son allocution, la coordonnatrice du PFCIGL, Clotilde Nizigama, a rappelé que cette activité figurait parmi les actions prioritaires du projet financé par la Banque mondiale. Elle a indiqué que le mécanisme a été conçu pour accompagner les acteurs locaux dans leurs investissements productifs afin de renforcer leur compétitivité sur les marchés nationaux et régionaux.

Des contraintes qui freinent encore les échanges

Les autorités estiment que le potentiel du commerce transfrontalier reste insuffisamment exploité en raison de nombreuses contraintes rencontrées par les commerçants et les coopératives opérant dans les régions frontalières. Parmi les principales difficultés figurent le manque d’infrastructures de collecte, de groupage, de transformation, de conditionnement, d’étiquetage et de stockage des marchandises. Ces insuffisances réduisent la qualité des produits, augmentent les pertes après récolte et limitent les possibilités d’accéder à des marchés plus rémunérateurs.

Pour Mme Nizigama, le traitement post-production constitue un maillon essentiel de la compétitivité des produits agricoles. Le nouveau mécanisme de subventions permettra ainsi aux associations de commerçants transfrontaliers (ACT) et aux coopératives de se structurer davantage, de se formaliser et d’acquérir les équipements nécessaires pour améliorer leurs capacités de transformation et de commercialisation.

Le projet poursuit également un objectif d’intégration économique régionale. En facilitant le commerce formel entre les pays de la région des Grands Lacs, il ambitionne de réduire les coûts des échanges, de renforcer la sécurité alimentaire et de favoriser une croissance économique inclusive dans les zones frontalières.

Six filières agricoles jugées prioritaires

Les financements seront concentrés sur six chaînes de valeur identifiées comme présentant un fort potentiel de développement : la farine de maïs, la farine de manioc, le jus d’ananas, l’huile de palme, les oignons ainsi que les tomates transformées. Le choix de ces filières repose sur plusieurs critères, notamment leur potentiel de croissance et d’exportation, leur capacité à bénéficier des investissements réalisés dans la facilitation du commerce ainsi que leur aptitude à générer davantage de revenus pour les femmes et les jeunes.

Les bénéficiaires ciblés comprennent les associations de commerçants transfrontaliers, les coopératives, les organisations de producteurs agricoles, les réseaux d’agripreneurs, les prestataires de services aux entreprises ainsi que les structures d’appui à la transformation agricole. Le mécanisme sera progressivement déployé dans les zones de Gatumba, Gitaza, Rumonge, Rugombo et Buganda identifiées comme des pôles importants du commerce transfrontalier.

Des critères d’éligibilité et un accompagnement des lauréats

L’accès aux subventions sera soumis à une procédure de sélection reposant sur des critères précis. Pour les associations de commerçants transfrontaliers, les candidats devront notamment justifier d’au moins deux années d’activité opérationnelle, disposer d’une reconnaissance officielle ou locale, réaliser un chiffre d’affaires annuel minimum de trois millions de francs burundais et présenter un plan d’affaires réaliste portant sur l’une des chaînes de valeur retenues. Les projets devront également intégrer une dimension genre et inclusion.

Les coopératives d’agripreneurs devront, quant à elles, justifier au moins de deux années de fonctionnement effectif, être officiellement reconnues, disposer d’un chiffre d’affaires annuel d’au moins 30 millions de BIF ainsi que d’un fonds de roulement minimum de trois millions de de BIF. Elles devront elles aussi présenter un projet économiquement viable.

Le processus comprendra l’ouverture des appels à candidatures, le dépôt et l’analyse des dossiers, la sélection des bénéficiaires, la signature des conventions de subvention puis un accompagnement technique et financier destiné à assurer la bonne utilisation des fonds accordés.

A l’issue de l’atelier de lancement, les participants devaient également être informés des résultats de la cartographie des acteurs du commerce transfrontalier, prendre connaissance du manuel de gestion des subventions et découvrir la plateforme électronique de réception des candidatures ainsi que le calendrier des prochaines étapes. A travers ce dispositif, le gouvernement et la Banque Mondiale espèrent faire du commerce transfrontalier un véritable levier de création d’emplois, de transformation agricole et d’intégration économique dans la région des Grands Lacs.

A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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