Editorial

A qui profite le bras de fer ?

La Mutuelle de la Fonction Publique (MFP) a décidé de réviser la liste  des médicaments remboursables. Une décision qui ne fait pas l’unanimité. La liste revue  réduit les médicaments remboursables par la MFP de 1255 à 826 médicaments. Il est à noter que ces derniers sont seulement des génériques et des spécialités qui n’ont pas de génériques. La nouvelle liste e été confectionnée conformément à la politique de l’Etat de privilégier les génériques dans la prescription médicale.

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Le désespoir s’installe progressivement chez les affiliés à la MFP qui restent sur leur soif quant à la motivation de cette décision. Les autorités de la MFP défendent bec et ongles qu’ils agissent pour protéger les intérêts des affiliées.  Ils assimilent les pharmaciens aux commerçants qui veulent s’enrichir au détriment de la population. L’ordre des pharmaciens balaie d’un revers de la main ces accusations.

Le conseil de l’ordre des pharmaciens s’inscrit en faux contre cette décision prise unilatéralement. D’ailleurs le problème ne se situe pas au niveau de la liste des médicaments remboursables, mais à plusieurs niveaux. Notamment celui de la formation des agents et celui de la disponibilité des médicaments. Les pharmaciens rétorquent que la Mutuelle de la Fonction Publique s’arroge le droit de réguler  le marché des médicaments. Ce bras de fer entre la MFP et les pharmaciens n’augure rien de bon.

Une étude menée par l’Observatoire de l’Action Gouvernementale (OAG) en collaboration avec l’ONG chrétienne Christian Aid met en exergue les dysfonctionnements du marché des médicaments. D’après les  auteurs de cette étude,  le marché du médicament est un secteur très rentable. Il fait objet de beaucoup de convoitise. Par conséquent, les cas de mauvaise gestion voire de malversation sont légion dans ce secteur. Les trafiquants des médicaments sont aussi de la partie. La MFP reproche à certains grossistes de modifier les emballages des médicaments génériques pour les revendre comme des spécialités. Une pratique dangereuse qui nuit à la sante de la population. La plupart des spécialités sont hors prix par rapport aux génériques. C’est l’arbre qui cache la forêt. Quid de la santé financière de la MFP ?

D’après l’OAG, les pharmacies rurales et les dispensaires privés, quoiqu’autorisés par le ministère de tutelle, et malgré un manuel de standardisation ne répondent parfois à aucune norme. De nouvelles sociétés pharmaceutiques trouvent un milieu propice pour installer leurs laboratoires dans notre pays. Le dernier cas en date est celui de l’entreprise PONA Pharmaceutical  qui a lancé ses produits en mai dernier. Faudra-t-il renforcer le contrôle des officines pour préserver la santé des populations.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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