Le Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) révèle que la majorité des boissons alcoolisées vendues au Burundi respectent les normes de qualité. Cependant, l’institution met en garde contre leur accessibilité et leurs modes de consommation, jugés dangereux pour la santé publique, notamment chez les jeunes.

Samuel Ndayiragije, directeur général du BBN, recommande au ministère en charge du commerce d’augmenter les prix des boissons fortement alcoolisées locales afin de limiter leur accessibilité et les abus.
Généralement, les boissons vendues au Burundi sont conformes aux normes, mais que certaines d’entre elles sont à risque pour la consommation. La plupart des bières, vins et liqueurs, qu’ils soient produits localement ou importés, respectent les exigences légales en matière de qualité et de sécurité sanitaire. Cela a été annoncé le 22 avril 2026 par Dr Samuel Ndayiragije, directeur général du Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN), lors de la présentation des résultats des enquêtes menées sur les boissons alcoolisées commercialisées au Burundi.
Dr Ndayiragije cite notamment les boissons comme Savana, Susuruka, Niko ou Hozagara, fabriqués au Burundi dont le degré d’alcool avoisine les 16 %, un niveau comparable à celui de certains vins et liqueurs importés. Du côté des produits étrangers, les taux sont parfois plus élevés : la vodka importée du Kenya atteint environ 40 % d’alcool, tandis que le Waragi venu d’Ouganda tourne autour de 37,5 %. Certains vins importés comme ceux de Tanzanie ou d’Europe, présentent des taux compris entre 12,5 % et 15 %. Pour le BBN, ces boissons sont globalement conformes aux normes. Le problème ne réside donc pas dans leur fabrication, mais dans leur accessibilité et leurs conditions de consommation.
L’écart des prix qui favorise la consommation excessive
Le constat le plus préoccupant concerne les prix très bas des boissons alcoolisées produites localement. Dr Ndayiragije souligne que certaines boissons fabriquées au Burundi, comme Niko ou Susuruka, sont vendues entre 2 000 et 3 000 FBu pour une bouteille plastique de 300 ml. A titre de comparaison, des boissons importées ayant un degré d’alcool similaire ou parfois inférieur peuvent coûter entre 70 000 et 160 000 FBu la bouteille. Cet écart important rend les produits locaux beaucoup plus accessibles à la population à faible revenu.
Cette différence de prix favorise une consommation excessive, notamment chez les jeunes et les ménages modestes, avec des conséquences parfois graves sur la santé publique. Le BBN alerte sur les cas d’ivresse aiguë, de comportements à risque et même de décès liés à cette consommation non maîtrisée.
Des failles dans le contrôle et des moyens limités pour le BBN
Au-delà de la question des prix, le BBN reconnait faire face à d’importantes contraintes logistiques et financières. L’institution ne dispose que d’un seul véhicule opérationnel pour effectuer les inspections sur le terrain. Ce qui limite fortement sa capacité de contrôle. Selon Dr Ndayiragije, cette situation empêche les équipes du BBN d’effectuer les visites régulières sur terrains ; par exemple dans les unités de production où elles sont, censées avoir lieu au moins quatre fois par an. En réalité, certaines installations ne sont contrôlées qu’une fois par an. Ce qui laisse la porte ouverte à des pratiques non conformes.
Le D.G du BBN ajoute également que le manque de carburant et de ressources humaines complique encore davantage la mission du BBN. Une autre difficulté, c’est l’absence d’une structure de soutien pour le contrôle des produits importés, contrairement aux années précédentes.
Face à cette situation, le Dr Ndayiragije recommande aux autorités, notamment au ministère en charge du commerce d’envisager une augmentation des prix des boissons fortement alcoolisées produites localement. L’objectif serait de réduire leur accessibilité excessive afin de limiter les abus. Par ailleurs, les autorités administratives sont appelées à renforcer les contrôles sur les détaillants qui achètent en gros pour revendre en petites quantités sans respect des règles. Ces pratiques facilitent une consommation anarchique difficile à encadrer.
Il plaide aussi pour un renforcement des moyens du BBN. Selon lui, si l’institution disposait de ressources suffisantes, elle pourrait devenir l’une des principales sources de revenus de l’Etat grâce à un meilleur contrôle des industries et des produits importés.




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