Société

Balayeuses de rues dans la ville de Bujumbura : 17 ans de service sans contrat ni sécurité sociale

Parmi les travailleurs de la mairie de Bujumbura, il y en a qui, depuis une dizaine d’années, touchent toujours 2500 FBu par jour et n’ont ni contrat, ni protection sociale, ni assistance si minime soit-elle… Et, pire, ils n’ont pas droit au congé. Les travailleurs en question sont les femmes balayeuses de rues. Elles réclament les contrats de travail et la protection sociale

Les balayeuses de rues dans la ville de Bujumbura travaillent dans des conditions difficiles.

    

« Il y a 17 ans, nous avons été embauchées par la mairie de Bujumbura pour balayer différentes voies de cette municipalité et nous en sommes fières. Nous sommes des personnes démunies, orphelines comme veuves et ladite mairie nous a fait confiance.  Nous travaillons comme les journaliers et chaque balayeuse touche 2500 FBu par jour. Un salaire qui n’a jamais été revu à la hausse depuis que nous avons commencé le travail. Pire, nous n’avons ni contrats de travail, ni sécurité sociale ni assurance maladie ; encore moins les congés », a indiqué Consolate Nahimana, membre de la coopérative Dukore Isuku qui regroupe plus de 260 membres qui font la propreté dans les principales routes de la ville de Bujumbura. C’était jeudi le 29 septembre 2022 dans un panel organisé par la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB) en collaboration avec INSPIR, une organisation internationale qui promeut la protection sociale. Le thème du jour était : « Echanges sur le droit à la protection sociale et le travail décent dans le secteur informel au Burundi ».

Pascasie Mpawenimana, également membre de la coopérative Dukore Isuku révèle que les balayeuses de rues font face à beaucoup de problèmes dans leur travail. Par exemple, les risques de se faire percuter par les véhicules sont élevés.  Le manque de matériels adaptés au balayage des routes est aussi non négligeable. « Nous utilisons des balaies trop courtes qui nous causent à la longue des maux de dos. Malgré tout, nous remercions la mairie de Bujumbura qui nous a embauchées. Du moins nous gagnons de l’argent, si peu soit-il », précise Mme Mpawenimana.

La mairie de Bujumbura se félicite d’avoir appuyé les femmes démunies

Astère Ndayikeje, vice-chef du service Entretien et Gestion des Infrastructures et Equipements Municipaux en mairie de Bujumbura est optimiste que la municipalité travaille en symbiose avec les personnes qui contribuent à l’assainissement de la ville de Bujumbura dont les femmes balayeuses des rues. Pour lui, ces femmes devraient remercier la mairie de Bujumbura pour ce qu’elle a fait pour elles pendant une dizaine d’années. La mairie les a choisies parmi tant d’autres personnes qui ont besoin d’être appuyées. Elle leur a donné du travail dans le but de les aider à se développer via l’argent qu’elles gagnent. En plus de cela, la municipalité leur donne 200 FBu par jour et par personne dédiés à la mutualité pour se faire soigner en cas de maladie.

Mais les femmes balayeuses de rues sont conscientes que ces 200 FBu ne suffisent pas pour se faire soigner car, les soins de santé coûtent très cher. «Notre souhait est que la mairie de Bujumbura nous donne des contrats pour que nous puissions jouir de certains droits des travailleurs dont la protection sociale qui est l’un des piliers du travail décent», indique Mme Nahimana.

Le travail décent suppose les piliers suivants : un travail productif et convenablement rémunéré, la sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale du travailleur et de sa famille… Selon Gilbert Nyawakira, président du CSB, les piliers du travail décent ne doivent pas être un secret pour personne. C’est l’aspiration de tout le monde et entre dans l’agenda de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à l’horizon 2030. 

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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