Economie

Burundi : L’industrialisation piétine

Le Burundi occupe la 51ème place en matière d’industrialisation sur les 52 pays africains classés. Cela ressort d’un rapport de 2022 sur l’industrialisation des pays africains rendu public par la Banque Africaine de Développement (BAD). Ce classement invite le gouvernement du Burundi à ne ménager aucun effort pour développer ce secteur fondamental dans la lutte contre le chômage et la pauvreté.

Le Burundi enregistre encore des manquements sur la quasi-totalité des secteurs susceptibles de booster l’industrialisation.

Le Burundi a presque fait une marche sur place depuis 2010 en matière d’industrialisation. Selon le rapport de 2022 sur l’industrialisation des pays africains rendu public par la Banque Africaine de Développement (BAD), depuis 2010 le Burundi fait partie de la catégorie des pays quintiles inférieur en matière d’industrialisation. En 2016 et en 2017, le Burundi occupe la 50ème place sur 52 pays africains classés par la BAD. En 2018, le Burundi a perdu une place et a occupé l’avant dernière place avant la Gambie, une place qu’il n’a pas quitté depuis.

Selon Faustin Ndikumana, président de l’organisation burundaise Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM), ce classement invite le gouvernement du Burundi à ne ménager aucun effort pour développer ce secteur fondamental dans la lutte contre le chômage et la pauvreté. D’ailleurs, selon ce rapport de la BAD, le développement d’une industrie productive est la stratégie la plus prometteuse pour créer des emplois formels à grande échelle et promouvoir une croissance dont les bénéfices sont largement partagés.

Si la bonne volonté suffisait…

Le gouvernement du Burundi a planifié différentes initiatives pour booster le secteur de l’industrie. On citerait entre autres l’adoption de la Politique Nationale d’Industrialisation du Burundi (PNIB) en 2020. Celle-ci se propose qu’à l’horizon 2027 le Burundi disposera d’un tissu industriel dynamique, diversifié, compétitif, moteur du développement et de la transformation structurelle de l’économie. Le Burundi doit pouvoir transformer ses ressources naturelles pour que le secteur industriel puisse contribuer au moins à hauteur de 25% au PIB d’ici 2027, selon cette même politique. Les secteurs visés par cette politique sont l’agro-industrie, la manufacture (industrie du textile et de l’habillement, industrie de l’assemblage, industrie chimique), les mines, l’industrie hôtelière et touristique. Le développement des infrastructures d’appui à la production, les mécanismes de financement et la création d’un environnement favorable à l’industrialisation constituent la base.

L’industrialisation fait également partie des piliers de la transformation structurelle de l’économie du Burundi dans le Plan National de Développement (PND). La Stratégie Nationale de Développement Industriel et Commercial proposée dans ce document vise à diversifier l’économie nationale et faire du secteur industriel le moteur de la croissance économique du Burundi.

Un long chemin plein d’embûches

Malgré cette bonne volonté du gouvernement de promouvoir l’industrialisation, le Burundi enregistre encore des manquements sur la quasi-totalité des secteurs susceptibles de booster l’industrialisation. Il y a un grand déficit au niveau des infrastructures de base comme le chemin de fer, l’état défectueux la plupart des routes, etc. Le Burundi souffre également de l’insuffisance de l’eau potable pour promouvoir l’agro-industrie. Pour ce qui est de l’électricité, selon le PND 2018-2027, le Burundi aura besoin d’au moins 400 MW pour son industrialisation. Pourtant, la production actuelle de l’électricité avoisine 250 MW.

« En Afrique, le chemin de la prospérité passe par le développement industriel », lit-on dans ce rapport de la BAD. Cela signifie qu’il est difficile voire impossible pour un pays de se développer sans la contribution de ce secteur clé. Comme le suggère ce rapport, les gouvernements africains doivent promouvoir activement le développement industriels non seulement en créant les conditions favorables à l’industrialisation, à l’équipement en infrastructures, à la qualification de la main-d’œuvre et à l’amélioration du climat d’investissement, mais aussi en identifiant et en soutenant les industries naissantes.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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