Dès le début l’année 2021, la Mairie de Bujumbura s’est donnée l’initiative d’assainir la ville. Malgré cela, dans la zone de Buyenzi spécialisée en mécanique automobile, des épaves et de véhicules déclassés s’y observent toujours sur différentes avenues. Ce qui n’est pas favorable à la salubrité et la libre circulation à l’intérieur des quartiers. Reportage
Il est 13 heures pile. Nous sommes à Bujumbura, la capitale économique du Burundi. Les rayons solaires tapent fort sur les différents quartiers de cette ville. La zone de Buyenzi située dans la commune Mukaza en est un exemple emblématique. Elle est connue de tous grâce à sa spécialité dans la mécanique automobile, mais également dans le commerce et dans bien d’autres formes d’ingéniosité. La circulation est y est intense de la première à la dernière avenue. Les garages à ciel ouvert y sont légion aussi, synonyme de gagne-pain pour des centaines de mécaniciens ainsi que leurs familles qui en profitent. Pourtant, malgré que cela soit un métier informel, certains d’entre eux s’en sortent très bien. Ici et là sont garés des véhicules, neufs comme vieux. La plupart d’entre eux sont des épaves adossées soit à des pierres, à des blocs ciments ou à des pneus crevés et en dessous desquels, les herbes ont poussé surtout sur des avenues non pavées. Ce qui prouve qu’un véhicule n’est plus fonctionnel depuis plusieurs mois. « Quand un véhicule n’est plus en mesure d’être réparé, il est cloué au sol pendant plusieurs semaines voire des mois. On en retire simplement quelques pièces pour réparer d’autres automobiles. Sinon la carcasse y reste pendant longtemps », confirme un jeune mécanicien rencontré sur la 5ème avenue.

Depuis 2018, la Mairie de Bujumbura a ordonné l’enlèvement des épaves qui se trouvent dans les rues de Buyenzi. Mais ce défi persiste toujours.
Même si les épaves entravent la circulation, les sans-abris en profitent
Depuis des années, Buyenzi a toujours été un des quartiers influents et populaires de la ville de Bujumbura. Les maisons d’habitation y sont innombrables malgré que leur qualité soit toujours discutable. Mais tout le monde n’y a pas sa place. Les personnes les plus démunies ne parviennent même pas à payer le loyer. Raison pour laquelle certaines d’entre elles font parfois recours aux épaves pour dormir pendant la nuit. « Il est vrai que les épaves servent parfois de ‘‘semi habitations’’ aux personnes sans domicile fixe. Moi-même j’ai subi le même sort pendant quelques jours avant que je ne trouve un compatriote qui m’a hébergé et qui m’a initié plus tard au métier de mécanicien », confie N.C, un jeune mécanicien originaire de la province de Kayanza.
Même si les sans-abris en profitent pour se coucher, les épaves et les voitures déclassées garées le long des rues entravent la circulation, surtout pendant les heures de pointe. Les conducteurs ont du mal à se céder la priorité parce que les rues deviennent de plus en plus exiguës à cause non seulement des garages à ciel ouvert dispersés presque partout dans les rues, mais également à cause des épaves qui y stationnent en permanence. Ce qui provoque des embouteillages monstres. « Quand la circulation est perturbée, il est difficile de se frayer un chemin. Il ne reste qu’à prendre le risque de se faufiler entre les voitures », se plaint Ezéchiel, un étudiant vivant à Buyenzi.
La salubrité est également remise en question
Les rues ont été transformées en des garages où l’entretien et la réparation des véhicules se font quotidiennement. Les mécaniciens, les soudeurs, les peintres, etc. sont toujours sur place pour répondre aux sollicitations des automobilistes. Pour ce faire, les déchets des véhicules entassés ici et là, notamment les carrosseries et les portières sont devenues légion. Parfois, les huiles de moteurs coulent dans les caniveaux et le lavage des pièces de voitures avec de l’eau ou d’autres substances chimiques se fait sur place sans oublier le démontage des batteries. Charriés par les eaux de pluie, tous ces liquides se déversent dans le lac Tanganyika, avec toute la cohorte de pollution qui s’en suit.
A part les défis liés à la salubrité, la gestion des véhicules en cours de réparation n’est toujours pas chose facile. « Nous sommes sollicités de réparer les voitures dans une seule partie de la rue pour laisser les autres passer aisément mais, malheureusement, les espaces peuvent être saturés », fait savoir Omar, un garagiste à la 1ère avenue. Par ailleurs, en novembre 2018, dans le but d’aérer les rues de Buyenzi, la Mairie de Bujumbura avait accordé à tous les concernés un délai d’un mois pour dégager toutes les épaves. En plus de cela, pour des raisons de sécurité, à partir de 17 heures, la mesure disait que tous les véhicules en réparation doivent être garés à l’intérieur des parcelles. Sinon des sanctions doivent être infligées aux contrevenants. Vu la réalité sur terrain, cette mesure n’est probablement pas appliquée à la lettre. Dans une interview accordée à la radio Isanganiro, Rénovât Sindayihebura, administrateur de la commune Mukaza, fait savoir que ces problèmes sont liés à un manque de places pour les garages dignes de leur nom. Pour y remédier, la Mairie de Bujumbura va construire dans la zone de Bwiza un « Village des métiers » qui rassemblera tous les métiers exercés actuellement dans des places inappropriées, notamment les rues.




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